Terre Neuvas 2007 : un moment inoubliable à lire
10éme édition
Pour sa 10éme édition, le festival des Terre Neuvas 2007 a tenu ses promesses. A Bobital, commune des Côtes d’Amor, le rouleau compresseur musical a encensé les foules. Du vendredi 6 au dimanche 7 juillet, sur plus de 60 hectares, la petite commune s’est transformée en un lieu étrange et mystique : 150.000 festivaliers sur trois jours sont venus en découdre avec les sons, l’émotion et la transe. Une belle mise en scène gérée de mains de maîtres par des organisateurs et bénévoles dévoués corps et âmes à la manifestation. Ici, à Bobital, il n’y a pas de recette miracle, juste une mayonnaise bien montée au fil des ans, par des gens qui maintiennent le cap, comme les Terre Neuvas le faisaient en mer, lorsqu’il fallait braver la houle au large pour rentrer. Le festival porte bien son nom. Des tripes donc, de l’énergie, de l’écoute et ce souci permanent d’apporter le meilleur à un public toujours plus attentif. Cette année encore, le festival des Terre Neuvas laissera des souvenirs mémorables.

Marilyn Manson assure le Show en concert. Photographie prise par yann chollet del'artiste Marilyn Manson en concert.
Marylin Manson : Show à l’américaine
Parmi les souvenirs justement, le show et les caprices de Marylin Manson resteront gravés dans tous les esprits. Celles des organisateurs bien sur, qui ont du se couper en deux pour servir « le maître » ; les festivaliers, enchantés par un Live mêlant décadence, jeux de lumière et puissance scénique ; les photographes pour qui ce fut un plaisir de prendre des clichés, à l’arrache, devant éviter le garde du corps de la star, un molosse américain rasé de plus de 120 kilos de muscle. Pas vraiment gentil le monsieur. Placebo, qui bouclait sa tournée, samedi 7 juillet à Bobital a fait aussi le carton plein. Certes, Brian Molko demeurera soft durant la prestation, mais le public aura entendu l’essentiel des morceaux « phare » du groupe. Un groupe qui reste à la hauteur de sa réputation, on a adoré.
Tokio Hotel déchaîne les groupies
Du côté des ados, Tokio Hotel restera comme le moment magique du festival, à en croire les déchaînements observés durant la prestation. Bill et Tom Kaulitz, Georg Moritz Hagen Listing et le batteur Gustax Schafer, garderont le souvenir des groupies en transe devant la scène ; les secouristes du festival, quant à eux, se souviendront d’une arrivée massive de jeunes demoiselles abasourdies, du jamais vue depuis les années Claude François. Pascal Obispo heureux de retrouver la Bretagne, a réalisé un Live sympathique, complet et calé, la tête bien sur les épaules. Effectivement, l’artiste s’est montré comme l’une des stars la plus conviviale en Backstages, ne négligeant pas son public, signant quelques autographes avec gentillesse. N’en déplaise à certains, derrière son style un peu allumé, Pascal Obispo reste accessible.
Ziggy Marley un saut à Bobital Root’s man
Da Silva excellent
L’artiste du coin, Da Silva, était attendu au tournant par le public. Avec ses musiciens, Manu a donné ce que la scène française peut offrir de meilleur. Il n’est plus à démontrer que Da Silva, derrière son air ailleurs, est bien présent. Son groupe connaîtra à coup sur une accensions fulgurante à l’image des Noirs Désirs dans le passé. Les mélodies sont excellentes, les textes découlent d’une plume bien posée, ses musiciens sont des pros. Les festivaliers ne s’y sont pas trompés, la foule reflétant, tel un miroir, toute l’énergie déployée par ce grand artiste. La venue du violoniste Yann Tiersen au côté de Raphaël violoniste attitré de Da Silva, fut un rare instant de pur bonheur.
Da Silva en conférence de presse excellent
Programmation calée
Au regard de la programmation chargée, il est difficile, ici, de revenir sur tant d’émotions. On notera cependant les passages remarqués de Pleymo, détonnant, venu déverser son néo métal pour un live débordant d’énergie. Remarquable aussi, Anis, sortit de « son métro » pour clarifier les choses en textes et en musique, charmeur, lyrics précises, tout simplement épatant. Ziggy Marley, trop rare en France. Groundation, bien dans les têtes. Matmatah, précis. Sinclair, classique. Sniper, léger, Sandi Thom, rayonnante. N’oublions pas également DJ Zebra, maître d’un soir du mélange des genres pour le plaisir d’un public qui en redemandait. La chanson française avait aussi son heure à Bobital avec Renaud, Gilles Servat ou encore Julien Clerc. Ce dernier, coupé en plein dans sa prestation par l’arrivée en force des amplis de Status Quo sur la grande scène, sympas les amerloques ! Les inconditionnels des Terre Neuvas comme Soldat Louis ou Superbus n’ont pas manqué leur prestation. Mais Bobital, c’est aussi des dizaines de groupes qui se lancent sur la petite scène du café du Port ou encore sur la scène trois. Parmi eux, le groupe Odeon by Oversight n’est pas passé inaperçu.
A l’année prochaine
Bien entendu, l’ambiance de Bobital ne se décrit pas, elle se vit. Les concerts se suivent à une allure grand V et il est impossible de tout voir. L’arrivée de la foule, le jour J, enivre les esprits, le soleil de Bretagne réchauffe les âmes (et oui il faisait beau), l’organisation est saine et le terrain en adéquation avec l’ampleur du moment. De l’autre côté de la barrière, l’accueil réservé aux médias est bien calé, les artistes sont relativement accessibles, le service de sécurité exemplaire, si ce n’est quelques récalcitrants. Les secouristes sont performants et la gendarmerie apporte un soutien sans faille. Les intermittents présents. Bref, si le festival des Terres Neuvas est devenu ce qu’il est, ce n’est pas par hasard. D’autres festivals dans le secteur se sont éteints par manque de sérieux. Là, à Bobital, toute l’énergie déployée par les organisateurs, les bénévoles, les habitants depuis 10 ans, montre que c’est possible ; que c’est réalisable d’organiser un événement d’ampleur international chez nous, à l’Ouest de la France. Un événement aux services des artistes comme du public. Didier Guenroc et Pierrick Benoist les principaux chefs d’orchestre, en avaient rêvé un jour ! Le rêve est devenu réalité…Bonne route au festival…
Photos et article Yann Chollet
Photos festival de Bobital 2006
Festivaliers
Arrestation dans le calme
Fosse foule
Status Quo
Odeon by oversight
Musicien de Ziggy Marley en loge
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Photos de Yann Chollet
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