mai 07 2012

Inspirations électorales 7 mai 2012…

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REPRISE D’UN TEXTE DE Léo Ferré

Réajusté à l’occasion des élections présidentielles

6 mai 2012

photo yann chollet 2012

Yann Chollet est photographe professionnel à Saint-Malo et rédacteur. Chef de Publicité.

- Je ne suis qu’un « artiste de Variétés » et ne peux rien dire qui ne puisse être dit “de variétés” car on pourrait me reprocher de parler de choses qui ne me regardent pas.

- Comme si je vous disais qu’un « ancien ministre de l’économie française ou bien premier ministre italien ou bien d’ailleurs pouvait nager dans des affaires de mœurs ».

- Comme si je vous disais qu’un ministre de l’Intérieur d’une République lointaine ou plus présente pouvait être une canaille.

- Comme si je vous disais que les cadences dans certaines entreprises sont exténuantes.

- Comme si je vous disais que les cadences exténuent les ouvriers jamais les Présidents.

- Comme si je vous disais que l’humiliation devrait pourtant s’arrêter devant « ces agriculteurs, qui ont pendant des décennies déversés des pesticides, sans en prendre conscience, dans leurs propres poumons ».

- Comme si je vous disais qu’à « Lejaby » et plus généralement dans le textile en ce moment ça « délocalise » facile.

- « Comme si je vous disais qu’il serait possible de se taire face à l’oppression des peuples pour quelques intérêts nationaux ».

- Comme si je vous disais qu’il pourrait peut-être exister un prisonnier politique qu’on aurait jugé pour la forme.


- Comme si je vous disais que je pourrais suivre dans la rue ce procureur qui regarde avec l’eau dans la bouche le ventre d’une enfant mineure.

- Comme si je vous disais que ce procureur pourrait être celui qui aurait pu requérir contre ce prisonnier politique qu’on aurait jugé pour la forme.

- Comme si je vous disais qu’un intellectuel peut descendre dans la rue et vendre le journal.

- Comme si je vous disais que ce journal est un journal qu’on aurait pu interdire.

- Comme si je vous disais que le pays qui s’en prend à la liberté de la presse est un pays au bord du gouffre.

- Comme si je vous disais que ce journal qui aurait pu être interdit par ce pays au bord du gouffre pourrait peut-être s’appeler la Cause du Peuple.

- Comme si je vous disais que le gouvernement intéressé par ce genre de presse d’opposition pourrait sans doute s’imaginer qu’il n’y a ni cause ni peuple.

- Comme si je vous disais que dans le cas bien improbable où l’on interdirait le journal la Cause du Peuple il faudrait l’acheter et le lire.

- « Comme si je vous disais que le monde a bougé et que les informations se font sur Internet, sous le couvert de désinformation économique ».

- Comme si je vous disais qu’il faudrait alors en parler à vos amis.

- Comme si je vous disais que les amis de vos amis peuvent faire des millions d’amis.

- ” Comme si je vous disais que des millions d’amis qui ne se connaissent pas, ne peuvent être des amis “.

- « Comme si je vous disais qu’une révolution par les mots et de belles phrases n’est peut-être pas une révolution politique ».

- « Comme si je vous disais qu’en politique, les intérêts personnels passent avant celui des autres. Et que défendre ses intérêts personnels plutôt que ceux du peuple, c’est peut-être une variété de la politique ».

- Et je ne vous dis rien qui ne puisse être dit de “variétés” moi qui ne suis qu’un artiste de Variétés…

Léo toujours d’actualité… revisité par batistes 2012. Pensées électorales.

oct 29 2008

Bertrand Cantat sur les bancs des accusés

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Ane ou internaute même combat

« Il devrait crever l’ordure »

 

Des milliers de commentaires sur sa sortie de prison, avec la toile comme seule oraison. Des milliers d’internautes, même plus des hommes, des internautes, se cognant dans les murs de leurs phrases égocentriques. Pas de fondement, aucune connaissance du sujet, pas de raison mais le sentiment d’être fort par les mots, qui s’estompent au fil de ces pages qui périssent dans les archives du Web. Quel biais sordide peut offrir à l’humain, le droit de dire « il devrait crever, l’ordure ». Oui, les messages défilent et la presse tend à suivre le mouvement, fébrile d’avoir déjà trop dit, dit n’importe quoi ou tout simplement boycotté Noir Désir sur les ondes et les écrans, dans le papier. Les radios ont donné le ton pendant un temps, bien pensantes radios libres, taisant les morceaux les plus chouettes d’un rock français alternatif qu’on aime. De toutes façons il fallait punir et rendre « justice musicale ». Comme si la justice n’avait pas fonctionné ou à moitié.

 

Bertrand Cantat sur le banc des accusés « du Web »

 

Aujourd’hui, les internautes remettent leurs plaidoiries, irréelles, passives, inutiles, morbides, obsolètes, cruelles. Quoi la cruauté existe ! Peut-être ! Peut-être vaut-il mieux rédiger des commentaires indigestes, plutôt que de s’ouvrir au monde, aussi. Une petite pièce monsieur, pour manger. Tiens, lui, il est mort de froid ? Pas grave, passe, ferme les yeux et ta gueule. Pas grave, cours vers ton ordinateur rédiger « des justices » à la main levée. Le reste, ce n’est plus rien. Ici, devant l’écran, tu te sentiras plus fort, alors, pour affronter tes misères. Celles que tu portes à chaque fois que tu te tais, alors qu’il aurait fallu agir. Bizarre ces choses qui s’inversent, qui te renversent la tête et qui te font penser, croire, que tu peux tout, jusqu’à parler, écrire lorsque tu devais te taire. Des Gigaoctets, donc, de commentaires insolites, de pseudos journalistes autoproclamés ; disposés à informer le monde entier de la vérité, la leur, celle à laquelle ils croient dur comme fer.

 

L’internaute un grand philosophe !

 

L’ « absurderision » fait rage sur la toile. Le moindre moteur de recherche lance ces parties de jambes en l’air avec les internautes à l’affût. Une question comme unique question hautement philosophique : « Bertrand Cantat est libre, qu’en pensez-vous ? ». « Une bonne balle dans la tête » telle est la réponse d’un internaute philosophe. « Ça aurait été un homme ou un enfant qu’il aurait tué, personne n’aurait rien dit » la réponse d’un « confrère » internaute. « Il devrait au moins s’excuser publiquement, c’est la moindre des choses » ça c’est de Lio, présidente en chef des tribunaux parallèles. Ces phrases pullules ici et là, informant le lecteur avertit, offrant aux véritables philosophes matière à s’interroger sur le genre humain, son avenir et surtout sur la capacité de l’internaute à occulter son intelligence, à tel point qu’en croyant écrire des tirades d’érudits, frisant en réalité le néant, il se croit au-dessus de tout sans avoir conscience qu’en fait, il n’est rien, que sa phrase n’est rien qu’un morceau de peu. Notre nouveau monde serait composé d’une moitié d’internautes philosophes et d’une autre, de philosophes. 

 

Bertrand Cantat est libre

 

Octobre 2007, Bertrand Cantat quitte sa cellule de Muret pour continuer sa vie avec ses blessures, ses doutes, « ses méandres au creux des reins ». Bonne reconstruction. Longue route à Noir Désir.

 

Batistes

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oct 27 2008

Presse je t’accuse

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Presse censure et consors

 

 

Le Mea Culpa d’Alain Rémond, journaliste à Marianne !

 

Dans « Marianne » du 17 au 23 juin 2006, le journaliste Alain Rémond livre une information gardée le plus souvent discrète par sa profession. A travers son papier, il explique tout bonnement, la destinée des ouvrages des inconnus, qui arrivent dans les rédactions ou directement chez les journalistes : « Je l’ai mis de côté. Dans la pile des autres livres mis de côté ». Voilà donc le triste sort réservé aux illustres méconnus, qui de province, envoient leurs écrits dans les rédactions parisiennes, des myriades d’espoir en tête. Rédactions qui regorgent de piles de livres, donc, qui ne seront jamais lus. Plus loin dans l’article, il avoue avoir découvert par hasard, qu’un livre de sa pile, et qui plus est celui qu’il avait renoncé à lire quelques semaines plus tôt, était en fait celui de Daniel Shneidermann, « un confrère ami ». Bouquin, qui était signé sous le pseudonyme David Serge ! Hasard de la vie ou technique commerciale éprouvée, le dit auteur avait finit par dévoilé son identité. Sous la torture, on imagine ! Ce qui semble, si l’on constate le résultat, plus judicieux pour obtenir une page entière dans Marianne sous la plume d’Alain Rémond et dans d’autres supports comme ce fut le cas. Et oui, la vie est cruelle.

 

Presse écrite et télévisée même combat

 

Dans leur petite bulle culturelle, nos journalistes de la presse écrite suivent la vague commerciale. A l’identique de la télévision. Certains pleurent, en ce moment, le départ de leurs confrères Ardisson et Fogiel, prétextant la mort de talk show où tout pouvait se passer ! Il est vrai que parfois, je précise bien parfois, ces émissions présentaient des inconnus. Ne soyons pas dupes tout de même, l’essentiel de leur fond de commerce, c’est l’invitation de personnalités connus, d’amis. Toujours les amis des amis croisés dans les soirées. Il n’est pas rare de retrouver sur le même plateau trois invités, qui sont eux-mêmes animateurs d’émissions, entourés d’éditorialistes ou autres célébrités de la presse. Voilà la diversité culturelle tant adulée par ceux qui crient de voir Ardisson partir ! Il suffit d’observer les plateaux de l’année 2006 de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » de Fogiel, pour comprendre la supercherie. Tu m’invites, je t’invite, on s’invite. Il y a là une similitude avec l’univers des livres. Similitude observée par exemple, à chaque parution d’un livre de Jean François Khan. Effectivement, lors d’une nouvelle sortie de l’auteur, président de Marianne, vous trouverez dans l’hebdo du même nom, plusieurs encarts parlant du livre pendant un mois. Puis vous le verrez comme invité sur la plupart des plateaux télévisés. Et cela même, si le livre ne présente pas un intérêt flagrant. Le copinage fait donc fureur dans les médias, détournant une place de liberté d’expression en place réservée “aux amis”. Peut-être ne faut-il pas s’étonner ensuite, de voir les lecteurs, les auditeurs, chercher ailleurs l’information, la nouveauté !

 

L’illustre inconnu de la pile de livres de Rémond

 

Le malheur dans l’histoire est d’avoir pour seul horizon, si vous êtes l’illustre écrivain inconnu de la pile de Rémond, l’unique espoir d’un papier dans votre hebdo local. Ce qui ne risque pas d’enflammer vos ventes ! Ni de rentabiliser l’affaire. Ne pensez même pas à un passage télé ! Il serait donc inutile, par constat et par expérience personnelle, d’envoyer votre œuvre dans les rédactions nationales ou régionales. Pourquoi ? Parce que si vous envoyez votre livre de septembre à novembre, on vous dira comme me l’a répondu Georges Guitton, responsable des livres pour Ouest-France : « Nous sommes en pleine rentrée littéraire monsieur…donc…». Donc, votre livre ne peut être un livre de la rentrée littéraire ! Pourquoi, je me le demande encore. Oui, c’est certain qu’il ne portait pas la marque Plon ou Albin Michel. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de novembre à Janvier, car cette fois, on vous répondra : « Nous sommes en plein prix littéraire monsieur…donc… ». Donc, votre livre n’en fait pas partie. Normal puisque que vous ne faisiez pas partie, non plus, de la rentrée littéraire. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de février à juin, car cette période de l’année est réservée aux scandales et aux biographies de stars ! Vous n’en êtes pas une ? Et puis, 6 mois après parution, on vous expliquera, comme me le soulignait un journaliste de l’humanité : « Monsieur, je viens de découvrir votre message et votre livre. Je viens rarement à la rédaction car je suis chroniqueur. Il me semble qu’à ce jour, votre livre n’est plus d’actualité.. ». A cet instant, je vous avoue que l’envie est plus forte, un seul mot vient à la bouche « Espèce de gros connard ». En définitif, gardez vos livres chez vous bien au chaud, n’écrivez plus, n’envoyez plus vos manuscrits chez les éditeurs de la place, lisez le « Da Vinci Code » ou le dernier d’Ormesson et « dormez tranquille » dis-je. Ne dépensez ni timbres, ni livres, n’ayez pas d’espoir envers ces journalistes que vous n’intéresserez jamais.

 

Le cercle bien fermé

 

Par ailleurs, dans cette histoire de cercle fermé, il est très énervant de ne jamais recevoir de remerciement de la part de ces journalistes, à qui vous aviez consacré vos plus belles dédicaces, pensant leur faire simplement plaisir. Ils sont décidément ailleurs ! Ils vous rendent, par leur impolitesse, presque invisible. Il reste donc à l’auteur inconnu, la possibilité de plier bagage et de garder ses mots pour plus tard ; espérant qu’un jour, cette bulle fermée culturelle explosera pour de bon à la manière dont les radios libres se sont imposées. Par ailleurs, ne tentez pas d’écrire un papier comme celui que vous lisez, parce qu’ensuite, lorsque vous enverrez votre livre on vous dira : « Monsieur, vous tirez sur nous et vous voulez qu’on vous consacre un papier ? ». Le prochain livre, maintenant c’est sur, je l’écrirais sous le pseudonyme « Daniel Shneidermann » ou « Loana », histoire de mettre quelques chances de mon côté.

 

Batistes. Auteur du livre “En Attendant Camille, Le monde s’écroule” éditions du Vent 2006.

oct 21 2008

Aldéhy peintre contemporain à découvrir

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aldehi à découvrir

 

Un site, des oeuvres, un artiste à connaître

 

Internet offre aux artistes une vitrine universelle. Mais dans les méandres de la toile, la perte de temps devient souvent une cruelle réalité, qui nous ramène à d’autres occupations. Nous parcourons ainsi le monde, d’un site à l’autre, sans parfois nous attarder, gardant comme seul souvenir les publicités inutiles qui nous assaillent. Parfois, la balade virtuelle offre de belles surprises. C’est le cas, avec la découverte du site Internet du peintre « figuratif » Aldéhy. L’artiste, né à Châtellerault en 1956, a effectivement obtenu « une vitrine artistique »  sur AOL, ce qui donna aux internautes l’occasion de découvrir le travail de ce poète, adepte de la peinture rayonnante. Rayonnante disons plutôt explosive, car c’est une véritable rencontre avec divers sujets que propose l’artiste aux yeux des hommes. Le classer du côté des « figuratifs », serait d’ailleurs peu judicieux, tant son art se décline sous différentes formes.

 

 

Une déclinaison des sentiments humains

 

En errant dans sa galerie virtuelle, on découvre au premier virage « les cathédrales de Lumières », véritable déclinaison des sentiments humains à travers le visage d’un seul modèle : celui d’un enfant, son fils Adam. Ce qui ne laisse pas insensible et attise d’ailleurs la curiosité. A travers son pinceau, l’artiste nous dévoile une palette d’expressions qui nous ramène à notre propre existence, à nos propres bambins. On pénètre, par une simple observation, au cœur de l’innocence. C’est comme un voyage initiatique qui nous parlerait de bonté humaine et qui suggérerait peut-être cette question : Quel est ce monde qui transforme avec le temps, le visage insouciant de l’enfance ?

 

 

 

 

Le sens de l’art pictural

 

Plus loin, on entre dans le vif du sujet avec 25 acryliques sur bois, véritables rencontres impossibles entre des personnages historiques comme Moïse, Cléopâtre, Confucius, César, Léonard de Vinci, Adolf Hitler, Charlie Chaplin et des contemporains anonymes. Deux individus par œuvre, ce qui suggère inévitablement une réflexion sur l’existence et le temps qui passe, l’histoire. Oui, Aldéhy ne se contente pas, apparemment, de poser sur la toile des couleurs. Il va au-delà, tentant peut-être de nous parler, du moins de faire naître en nous des émotions, des interrogations. N’est-ce pas cela le sens de l’art pictural ! Et ça marche puisque nul ne peut rester insensible à ses peintures. D’ailleurs, une rapide visite sur la biographie de l’artiste permettra aux visiteurs de comprendre le cheminement de son œuvre, la philosophie de cet homme.  

 

 

Du réalisme à l’abstrait

 

Pour celui qui ne s’arrête pas en chemin, les surprises défilent. Plus loin dans sa galerie, l’artiste nous transporte vers « le Symbolisme », avec des nuances subtiles de couleurs et des thèmes qui laisseront le visiteur touché au fond de ses neurones. Comme cette représentation de Mona Lisa, sur fond de guerre et déchéance humaine, nommée « Allez-y, cassez tout, moi je serai toujours là ». De quoi marquer notre conscience ! Non ? On passe ensuite « au réalisme », véritables photos sur toiles ; puis on plonge dans l’abstrait, en ce lieu inexplicable où chacun peut trouver sa place, son monde. Quelques clics plus loin, nous retournons vers le « Réalisme », avec une série de portraits d’hommes de couleur, dont les regards expressifs interpellent. Pas de mots, pas de long discours, uniquement l’art dans toute sa splendeur. Cet art qui suggère, qui laisse libre l’observateur de se construire une pensée, qui fait parler les sujets fixés sur le tableau. Aldéhy n’influence pas, il montre, il offre, il propose. Après, on prend ou l’on passe, la liberté de chacun est indemne.

 

 

Direction son site

 

Puisque les mots ne parleront jamais autant que les yeux, partez donc à la découverte de cet univers autant mystique que surprenant. Celui de ce poète du pinceau. Grave parfois, ironique, dérangeant, drôle, incontestablement doué, Aldéhy marque par son art les consciences. Après, c’est juste question de sensibilité mais la balade vaut le détour. Si l’envie vous prenait de passer du virtuel au réel, le contact reste possible par simple Email. N’attendez plus, bon voyage sur http://www.artabus.com/aldehy

 

Batistes.

oct 21 2008

Une convention de transfèrement pour Michael Blanc (décembre 2005)

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Exemple de démocratie en Indonésie

 

On ne le présente plus, pourtant…Michael Blanc, c’est ce jeune français qui a ou n’a pas trimballé, trois malheureux kilos de cannabis dans une bouteille de plongée, en 1999. Pour faire un pont facile, il est clair qu’en France, cette infraction est réalisée en toute impunité chaque jour. Mais là, c’était du côté du plus grand Archipel du monde, l’Indonésie. L’erreur, le cauchemar. Prison à perpétuité. Sur place, on ne lésine pas sur les peines. L’histoire de Michael Blanc est devenue un exemple de « la répression efficace » en Indonésie, aux yeux de ses bourreaux. Bourreaux qui apportent, par cette référence, une image réaliste de la démocratie indonésienne. On se souvient tous de « Midnight express », autre pays, même genre de contexte, irréalisme identique. Voilà donc plus de 5 ans que ce citoyen français, survit dans un endroit qui ressemble plus à une ville du 4ème millénaire qu’à une prison.

 

L’Etat français se ridiculise

 

Les conséquence de cette situation est simple : une femme qui se bat pour faire libérer ou transférer son fils (sa mère habite aujourd’hui sur place), un être-détenu brisé, un état français qui se ridiculise en fermant les yeux et en laissant pourrir la situation, l’Indonésie qui montre un bien sombre visage de ses institutions, des humanistes qui se révoltent contre ce fait. Même Charles Villeneuve, qui a plutôt tendance à jouer dans le voyeurisme, course à l’audimat oblige, s’est arrêté sur le cas Michael Blanc dans Droit de Savoir du 27 novembre 2005. En cette heure où chacun fume autant qu’il boit, le sujet fait tâche ; la négociation diplomatique entre nos pays respectifs pourrait, d’un coup, régler le problème. Sommes-nous devenus avec la mondialisation, des humains de la planète plus que des français, aux yeux de nos dirigeants politiques ? Cette réflexion doit nous interpeller.

 

Ne pas se taire mais réagir

 

Certes, en terme de démocratie, d’humanité, de soutien, de nombreuses actions sont à faire à travers le monde, l’Europe, la France, à côté de chez nous. Nous les ferons, j’espère, pour obtenir une société meilleure et plus juste ; pour que nos enfants puissent vivre encore quelques belles heures ! 2005 va laisser place à 2006. Nous ne devons plus nous taire, nos silences ont trop longtemps gangrené nos propres espoirs. Aujourd’hui comme demain, s’il faut marcher ensemble pour que nos volontés soient entendues, faisons-le. Ne restons plus dans nos bulles respectives. Pour le cas de Michael Blanc, réveillons-nous un instant. Ecrivons tous à notre cher ministre des affaires étrangères, pour lui faire comprendre ce que nous attendons de lui et vite dans cette affaire. S’il n’entend pas nos mots, alors nous serons au moins fixés sur notre sort, sur l’utilité de telles institutions.

 

Si Michael Blanc était notre enfant ?

 

Pensons-nous que Michael Blanc est coupable, qu’il ne l’est pas ? Croyons-nous qu’il puisse être un trafiquant, qu’il ne l’est pas ? Nous sentons-nous éloignés de cette histoire, y sommes-nous sensibles ?Il faut simplement savoir que sa peine est purgée. Six ans dans l’enfer. C’est bon, il a largement payé ! Imaginez-vous un instant que ce soit votre enfant. Que feriez-vous ? Rien ou tout ? Oui, vous feriez tout. Alors faisons-le pour lui, pour sa famille, pour montrer que nous avons encore dans nos âmes, une parcelle d’humanité et de compréhension.

 

Ecrivons tous au ministre des affaires étrangères dès aujourd’hui !

 

Je vous encourage, visiteurs-lecteurs de mon blog, à rejoindre le site de l’association de soutien à Michael Blanc http://www.michael-blanc.com. Puis, d’écrire à notre ministre des Affaires étrangères ceci (copier coller ce message) : « Monsieur le ministre, en tant que citoyen français et vivant dans ce pays démocratique qu’est la France, je veux croire en l’utilité de votre ministère et en la force de nos institutions. Vous êtes mon représentant au sein de l’état et je vous demande, en mon titre d’électeur, de régler l’affaire Michael Blanc dans les plus brefs délais. Je ne soutiens pas le trafic de stupéfiants mais soutiens l’idée qu’une peine soit donnée à la hauteur du délit. Ce que ne reflète pas celle donnée à Michael Blanc par le tribunal de Denpasar en Indonésie. Je ne peux croire que si j’étais dans la situation de Michael Blanc et ayant connaissance du dossier, vous puissiez me laisser moisir à l’étranger comme un inconnu. Vous devez donc réagir et faire de telle sorte que Michael Blanc, puisse obtenir une convention de transfèrement entre la France et l’Indonésie, ce qui permettrait son emprisonnement dans son pays d’origine. Je ne suis pas le seul à penser cela et vous le savez. Vous avez mission de répondre aux demandes des français. Vous aurez votre part de responsabilité dans ce qui pourrait arriver à Michael Blanc. Vous ne pourrez dire : « Je ne savais pas ». Cordialement ».

 

Envoyez vite votre lettre à cette adresse

 

Votre lettre est à envoyer, rapidement, sous enveloppe timbrée à : Ministère des affaires étrangères, cabinet du ministre, MonsieurPhilippe Douste-Blazy, 37 Quai d’Orsay, 75351 Paris. Cela vous coûtera le prix d’un timbre.

 

 

(Si vous n’avez pas le temps, inscrivez votre nom, prénom et adresse en commentaire sur ce blog, je m’occupe de transmettre).

 

Batistes

oct 21 2008

L’Asie en question ! Tsunami (archive janvier 2005)

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Vague de générosité humaine

 

Ne tentons pas de narguer la solidarité ambiante envers l’Asie. Même si l’on peut s’interroger sur ce phénomène d’union fraternelle, éphémère, qui est passé dans nos têtes ? On ne pourra pas reprocher aux êtres humains d’avoir participé à la reconstruction d’un pays ravagé. Ce que nos grands éditorialistes ont rédigé ces derniers temps est là pour encenser cet élan, égal au moins, à la démesure de la catastrophe. Ici « Humanisme le retour », là « Solidarité sans précédent », ailleurs « Vague de générosité humaine » et encore on pourrait presque penser que les hommes sont devenus enfin hommes. Humain avec un cerveau qui pense, qui se réveille, qui décide. Et se décider d’aider son prochain, pour l’humain d’hier, ce n’était pas simple ; notamment pour secourir son « lointain » prochain. C’est un pas pour l’humanité clameront certains. En tout cas, c’est un magnifique exemple à expliquer à nos enfants, rapidement, tant que c’est chaud. Peut-être, eux, comprendront-ils que, c’est dans ces actes répétés, que se joue l’avenir dont celui de la planète.

 

Editorialistes en action

 

Par ailleurs, le sujet était également libre, pour une fois, et nos éditorialistes en ont profité pour s’exprimer enfin avec leurs tripes, toutes leurs tripes. De cela découle quelques belles phrases retrouvées dans les mots, par exemple, de François Régis Hutin (Ouest-France) : « Il nous est donc urgent de penser, ensemble, aux objectifs que nous devrons poursuivre, aux défis que nous ne pourrons relever que tous ensemble si nous voulons servir au mieux le bien commun de l’humanité d’aujourd’hui et de l’humanité de demain ». Oui, il y a urgence, parce qu’ailleurs, à chaque minute, des enfants tombent pour trop de raisons futiles. Oui, il y a urgence, parce que l’Afrique crève du SIDA. Oui, il y a urgence, parce qu’il y a des gros trous dans la couche d’ozone. Oui, il y a urgence, parce qu’il n’y a pas que les dons qui comptent, mais le sourire, la main tendue, à chacun de nos coins de rues. D’où vient cette situation d’urgence qui semble mondiale, si ce n’est de l’endormissement des humains qui peuvent pourtant, et ils le prouvent ces derniers jours, être présents pour autrui. Et lorsque « Autrui » compte, c’est un peu « je pense donc j’aide autrui donc je …. » Descartes serait content.

 

Homme machine Homme utile

 

Le tout, c’est de ne pas s’endormir et d’être à la hauteur. Pas forcément à chaque instant, nià chaque catastrophe, mais de manière régulière. A la hauteur signifiant simplement, se comprendre en tant qu’ « homme utile » et non pas en tant qu’« homme machine ». Vous saurez sans doute la différence si je vous dis, que « l’homme machine » est ce lui qui n’a ni le temps de penser, ni la force de le faire ; est celui qui se regarde dans la glace sans se reconnaître vraiment ; est celui qui passe le clair de son temps devant la télévision, celui qui se vautre devant Drucker le dimanche. Bien oui, quand on regarde Drucker, il n’y a pas besoin de penser, il pense pour vous. « L’homme utile » ou « homme intelligent » (au sens capable de penser), lui, prendra du recul, réfléchira avant d’agir, tentera de faire un bon choix. C’est pourquoi, il faut réaliser dans cet acte de solidarité pour l’Asie, que nous avons tous en nous, cet « homme utile » qui ne demande qu’à exister, ne serait-ce qu’à travers ses actes.  Enfin si ses actions vont dans le sens positif pour l’humanité entière, pour l’Asie dans cet exemple, on peut effectivement garder un peu d’optimisme.

 

Le meilleur comme le pire

 

En ce début 2005, on sait que les hommes sont capables du meilleur. On sait aussi, nous ne sommes pas dupes, qu’ils sont capables du pire. Les exemples ne manquentpas. Tentons alors de faire pencher la balance du bon côté. Nous aurons ainsi l’espoir de recoller les morceaux de ce paradis terrestre qu’est encore notre belle planète bleue.

 

« Dans nos cœurs, il y a le battement de celui d’une famille décimée sous la vague. Dans nos yeux, il y a la vision d’un enfant triste, seul, tombé comme l’oiseau du nid. Dans notre âme se trimballe une de ces misères qui vient d’ailleurs. Les murs, s’ils sont effondrés c’est foutu. La terre, elle a tremblé, ça fait mal. La mer, elle a craché, trop fort.  Elle se balade au grès de nos espoirs et de nos doutes, cette misère qui vient de là-bas. Elle frôle les mondes et se fracasse au hasard. Cette fois lointaine parfois si proche. La misère est là, il suffit de la voir. Elle est loin, nous pouvons l’entendre. Ah, si la misère n’était plus qu’un vieux souvenir ! »

 

Batistes

oct 21 2008

La Balade d’un provincial à Paris (archive 2005)

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Photo Crs manifestation paris : trop top

En visite à Paris pour signer « le contrat de ma vie », qui me classait définitivement dans le clan des bouches cousues, des illustres écrivains qui cèdent leurs droits d’auteur pour bouffer, je profitais de l’occasion pour faire un petit tour au cœur de la capitale. Ah Paname ! La grande et belle ville architecturale avec sa pollution à outrance et son flot de regards vides. Ah Paris ! Ses vitrines démesurées à l’image de l’endettement des Français. Ah Capitale ! Comme tu inspires tant de contradictions à la fois ! Tu restes, sans aucun doute, une source incommensurable pour mon esprit décousu en quête de ressentiments humains. Tu sais rendre triste ceux qui ouvrent les yeux et qui marchent dans tes rues dans l’espoir de ne pas s’y perdre. Tu peux également rendre heureux par la beauté que tu reflètes à chaque coin de tes artères ; par l’immensité de ta tolérance envers les peuples venus d’ailleurs. Il te suffirait  d’un peu d’humanité enivrante, pour ressembler à une place idéale. Mais voilà, il te manque encore l’essentiel. Pas à toi bien sur, mais à ceux qui foulent tes pavés.

 

Photo Crs manifestation paris : dérive

 

D’abord, j’ai attrapé un métro pour me plonger au cœur du système. Le métro amuse toujours le provincial. L’odeur y était coutumière, à l’identique de ma dernière visite, lorsque j’avais suffoqué par manque d’oxygène. Ici, le regard de ceux qui ne te regardent jamais, sauf en cachette, est vide de tout. C’est peut-être pour éviter d’accrocher un reproche ou une brimade, une main tendue…Je ne sais pas, mais l’impression d’être de trop s’impose à l’esprit. Dans le métro, les gens ne savent plus sourire, les rencontres sont improbables et le temps manque de toute façon. Un sourire pourtant, un regard, ça coûte quoi ? Alors comme les autres, ici, on met les voiles, on passe son chemin sans rien attendre. Le jour, c’est cela le métro. La nuit, c’est une surprise qui déchire l’imagination. Des centaines d’êtres à la dérive dorment sous les lumières synthétiques. Ce n’est pas de la pitié qui vient à l’esprit, mais l’injustice et l’envie de ne plus croire au mot démocratie. La misère se trimballe par ici et là. Les autres, ils accélèrent le pas, la nuit ne rassure pas. Bêtement, j’allume la cigarette d’un pauvre type au visage déchiré, je discute quelques instants. A chaque minute qui passe, une ride de plus sur sa peau meurtrie. En venant là, à la rencontre de la misère, j’ai l’impression de venir d’ailleurs, d’un monde à part où la déchirure est inexistante. N’est-ce pas « le pire » d’être à la rue, ainsi, une bête, n’être même plus un coût pour la société ? ” Cela doit-il être, cela est ! “

 

Les CRS attaquent

 

photos exclusives CRS par Yann Chollet : journaliste pigiste disponible pour missions

 

Les questions qui fourmillent dans ma tête avant de m’endormir, m’empêchent de sourire et d’être heureux. Alors, suis-je ridicule et dois-je me contenter de fermer les yeux, moi aussi, de me transformer en parisien, pour mieux profiter de demain. Je crois que je suis au bord de la mélancolie. Demain se lève et Paris grouille déjà de gens. La place d’Italie présente bien, cosmopolite, majestueuse. Je reprends le métro mais ne me résous pas à baisser la tête, l’envie de croiser un regard est trop forte. J’entends trois jeunes noirs, environ la quinzaine, discuter à mescôtés. J’écoute, je souris, ils me questionnent, nous discutons, c’est riche et drôle…Les autres gens me dévisagent !  Qu’ais-je fait ? Je m’en fiche. Je sors admirer la place Denfert Rochereau. Je bulle, je profite du moment. J’aperçois des dizaines de camions de CRS, je fais le tour de la place, ils sont des milliers à attendre quelque chose. Mon âme de journaliste reprend le dessus. Je devais repartir à 14 heures vers Saint-Malo, tant pis, j’attends finalement que ça bouge. Au moins une cinquantaine de policiers en civil tourne alentour, les RG sont là, la B.A.C aussi. Enfin, vers 14h30, les lycéens arrivent par centaines. Ils sont rapidement 2.000 à se regrouper. Le cortège commence sa marche, quelques cris incohérents parviennent à mes oreilles. La revendication n’est pas claire

 

 

 

Ce mercredi 13 avril, La mobilisation policière est totalement démesurée par rapport à l’ampleur minime de la manifestation. Toutes les artères où passe le cortège sont bloquées par des CRS. Cependant, erreur grossière, une rue est ouverte et une centaine de jeunes s’y engouffre en courant. La course est ouverte mais un peloton arrive à rattraper les insouciants. Ça tape à la matraque, ça gaz sérieux et c’est là que naît ma première photo (voir ci-contre). Preuve que les CRS frappent pour peu, ce jeune n’avait rien fait, j’en suis témoin, carte de presse en poche. Les autres se font remettre en place, la bataille est inégale. Tout rentre dans l’ordre, les jeunes sont de bons moutons, la police bergère. Avec 3.500 manifestants, la manif prend de l’ampleur à l’arrivée « place de la Bastille ». Voulant s’engouffrer dans une venelle, les jeunes sont refoulés par un peloton de Gendarmerie, cette fois, plus dur et moins patient. Les tirs de Gaz volent dans l’espace (voir photo) et maintenant les passants comme les lycéens, comme les gendarmes et moi, nous sommes en larmes. Et oui, avant de tirer messieurs, il serait bon d’observer le sens du vent. Logique non ! Les policiers en civil font le ménage en écartant, avec ardeur, les plus récalcitrants. Avec une violence parfois qui laisse perplexe

 

Vers 19h, l’affaire est réglée. Les lycéens ne se sont pas fait entendre, les policiers ont démontré leur force. La démesure du déploiement coûtera quelques milliers d’euros au peuple perplexe. Mince, j’ai 5 heures de retard. La nuit va tomber sur Paris et le provincial repart avec ses rêves, ses regrets, son amertume, une bribe de dégoût en guise de réconfort. Il n’y aura pas de révolution ce soir, il n’y aura de résolution à la misère, les parisiens continueront de se parler à eux-mêmes. La vie attend ailleurs. Le temps passe et l’humanité stagne.

 

Batistes

oct 21 2008

Le Destin Gore du Petit Porc des Côtes D’Armor (archives)

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Inédit

 

Retour en juin 2001 sur ma première enquête pour ” Le Vrai Papier Journal ” de Karl Zéro. Un dossier sur la filière porcine en version intégrale. (Texte et photos interdits à la reproduction sans accord).

 

 

 

La vache et le mouton n’ont plus la côte ? Il reste le goret. J’ai suivi la filière et découvert les dessous crades de la filière porcine en Bretagne.

 

Le petit cochon et la truie. Image de Yann Chollet, Photographe en Bretagne à Plancoët.

      

                                                           

On croit la connaître mais il y a toujours à découvrir. Sa mer est belle, d’émeraude dit-on ! Ses paysages paradisiaques, la verdure partout. A force de se balader sur les plages en Bretagne, on oublierait presque de s’égarer dans les terres. Pourtant, à une dizaine de kilomètres, ça renifle déjà. Une odeur peu commune pour le citadin distrait. Intrigué, j’ai suivi l’effluve et compris le pourquoi. Oui, c’est vrai, je l’avais oublié, l’industrie porcine est une réalité par ici. Le parfum vient des champs, des épandages du lisier. Autrement dit de la merde de cochon fermentée. Les mouches adorent. Certes, vingt-quatre mille personnes vivent directement de la filière chez nous. Des abattoirs gigantesques, sept mille exploitations (cinq fois moins qu’en 98), des fabricants d’aliments. Les grosses centrales d’achat viennent faire leur marché ici, à prix Tati (elles sont maîtres du territoire, distribuant 80% des produits frais ou jambon, un vrai monopole !). Affirmatif : la Bretagne est un pilier en matière de production…de nitrates. Avec un département très représentatif, plus que les autres, les Côtes de Porc…Euh d’Armor. C’est le fief, plus de 4,5 millions de bêtes, 20% de la part de production porcine française. Les trois autres départements sont pas mal non plus, totalisant 40%. Après deux ans de crise, les porchers, comme on les appelle, n’ont jamais plié. Défendant pour certains un label nommé Cochon de Bretagne, précise un éleveur du cru : « Il fallait redorer l’image de la profession. Mettre en place une traçabilité d’un bout à l’autre de la vie de la filière. Ainsi, le consommateur peut remonter jusqu’à nous s’il le souhaite. Nos bêtes sont marquées dès le premier jour et tout le long de leur vie. » Sonmétier n’est pas facile. Heureusement, les cours sont à la hausse. Sous la barre des 5 francs le kilo pendant la crise de 1998-1999, 8 francs début 2000, 10 francs aujourd’hui.

 

Image de Petit cochon qui nait. Image de Yann Chollet, photographe.

              

                  

Mais être éleveur, c’est d’abord savoir faire face aux critiques. Les algues vertes envahissent la côte et ils sont montrés du doigt. Les nitrates dans les rivières sont partout, on les accuse encore. Ces trente dernières années, l’élevage intensif a fait rage. Normal puisqu’il a fallu servir l’Hexagone, trente-six kilos par habitant et par an. En pôle position, en ces temps de vaches maigres, devant la viande de bœuf, vingt-six kilos par habitant et par an. Cette puissance économique a les reins solides. A part le jambon dans l’assiette, le filet ou la côte, que sait-on vraiment de la bête ? De cet « or rose » ? Moi, en citadin ignare, je suis parti voir d’où venait l’odeur et si les petits cochons s’amusaient toujours avec le grand méchant loup à travers champs. Jamais je n’aurais pensé que l’animal à quatre pattes vivait une vrai vie de cochon industriel. Sans voir le soleil, en cent quatre-vingt jours, il passera de un à cent kilos. A respirer continuellement ses déjections parfumées à l’ammoniac. Né de l’insémination artificielle comme 80%de ses congénères, l’histoire de Cochonnet m’interpelle. De la naissance à la barquette, c’est la chronique d’une mort annoncée. Une réalité crue, un voyage où les sentiments sont à mettre de côté. Ames sensible s’abstenir.

 

 

 

 

Bonjour la porcherie

 

D’abord des départementales, puis des petites routes menant vers deslieux-dits. Je m’égare en rase campagne, au hasard, en quête de découverte. Rapidement, j’en aperçois une, deux, dix. Les exploitations ont poussé comme des champignons. On ne peut pas dire que les porcheries inspirent la poésie : des parpaings superposés, des plafonds bas chapeautés de sortes de tôles ondulées. Quelques arbres maladifs autour, de minuscules fenêtres, une petite porte pour entrer. Pourvu qu’on la trouve. Celle-ci est de taille moyenne pour le département, deux cent truies y vivent, mille quatre cents places sont disponibles. C’est donc là que vit l’animal. Moi qui pensais qu’il gambadait en liberté. Non, sa maison n’est ni de paille, ni de bois, mais de béton. Une espèce de camps de la mort qui ternit le paysage. Pourtant, le coin est joli, à une quinzaine de kilomètre de Dinan, à huit kilomètres de la mer. Pour le commun des mortels, le citadin qui garde l’image des fermes d’antan, entrer dans une porcherie n’est pas chose évidente. L’odeur y est forte, insupportable. Passé ses freins olfactifs, ses préjugés, avant de pénétrer au cœur du cauchemar, mieux vaut se documenter pour saisir les différences. Une truie qui n’a pas encore fait de petits, c’est une « cochette » d’environ cent cinquante kilos. Le mâle (cent de plus) se nomme verrat, nous explique notre hôte : « Rien que de voir passer le verrat, les truies sont excitées. On leur enfile à cet instant, une sonde dans la vulve et on raccorde la dose de sperme réchauffé à 35°. Ça va vite. » Dans les exploitations bien outillées, on peut farcir jusqu’à trente bêtes à l’heure. Dans sa vie, la truie fera sept portées et sera abattue vers 4 ans. Allez, entrons. Après cent huit jours de gestation, maman truie est mise dans la case maternité, fraîchement nettoyé. Dans six jours, on lui fera sa piqûre d’hormones pour que les accouchements se fassent en chœur. Espérons que la naissance de Cochonnet, que je suis venu voir, illuminera ce lieu lugubre.

 

Image de Truie dans son élevage. Photographie par Yann Chollet, photographe à Saint Malo.

 

Voilà la salle des mises bas. Sombre. Juste une faible lumière ouatée qui éclaire les bêtes. C’est l’heure du « travail ». Il est né, il est rose, parfois tacheté, il pèse un kilo le petit Cochonnet. Il est encore plein de sang, l’odeur est forte. La poche sanguinolente qu’il a percée glisse sous lui. Je me prends d’affection. Pourtant, on m’avait prévenu : « Une bête est une bête. N’oublie pas qu’elles n’ont pas la notion de la souffrance. Ne fais pas de sentiments, ce ne sont pas des humains. » Pour se voiler la face, pour éviter d’avoir à investir dans le bien-être animal, les Bretons ont trouvé les mots justes. Evitant ainsi la réflexion sur un sujet corné. Ah, te voici ! A peine fait-il ses premiers pas qu’il se dirige vers les mamelles de sa mère. Une dizaine de frères et sœurs l’entourent. Premier objectif, éviter la truie maladroite. Celle-ci est maintenu entre de gros barreaux. Se lève puis se laisse tomber inlassablement. Ainsi coincé, elle ne voit pas (oh triste sort !) qu’elle écrase, ici et là, sa progéniture. En attendant, elle grignote les barres d’acier, son seul horizon. On compte les morts-nés et les bêtes chétives, 10% des arrivants ne passeront pas les 48 heures. L’employé veille, évacue les malheureux. L’image générale pourrait être supportable, la vie c’est beau. Seulement ici, l’odeur se faufile et s’imprègne en moi, jusqu’à l’âme. Les grognements indescriptibles résonnent sans s’arrêter, les bêtes sont alignées. A droite, celle-ci hurle en continu, ça fait peur. Essayant d’esquiver, plus loin, une autre me regarde. Comme si j’étais son bourreau ! Comme si elle comprenait les cris des autres ! Pas question de s’attendrir, on m’avait prévenu. Dans deux jours, les queues seront coupées. Dans trois, les petits mâles seront castrés (évitons les cochonneries) « à la pince ou au bistouri », dit sans vergogne l’éleveur. Sous anesthésie ? « Non. » Pas de sentimentalité, c’est certainement l’une des clés pour travailler ici.

 

Le Verrat, cochon reproducteur en Bretagne.

 

Les 180 jours de Cochonnet

 

Il est sevré. Après vint-sept jours, Cochonnet quitte sa mère. Il entre en post-sevrage. Mon petit mignon se retrouve avec une vingtaine de porcelets entre quatre murs. Dans le bâtiment, huit parcs similaires, environ cent quatre-vingt bêtes sont logées à la même enseigne. Il lui faudra quarante-deux jours pour atteindre les trente-cinq kilos. Pour l’instant, il en pèse huit. A coups de granulés aux céréales, le temps qui passera le rapprochera chaque jour un peu plus de la mort. Le compte à rebours est enclenché. L’air est relativement respirable. Cochonnet est maintenant conduit à l’engraissement. Il n’a toujours pas pris son bain de soleil, mais il s’est fait des copains. Ils ne sont plus que douze par boxe dans ce nouveau pensionnat. D’un bâtiment à l’autre, les couloirs se rejoignent. Fini la rigolade, il faut que tu grossisses mon ami. A table, voilà ta soupe. Une mixture faite maison. Un mets de choix qui déclenche un appétit quasi permanent. L’animal est dupe, se goinfre sans réfléchir. Le mélange est bon, paraît-il, moi je suis perplexe, vu sa texture : céréales, petits pois, maïs, blé, minéraux, tubercules, sucre. Et 10% de soja. OGM ou pas ? Cet éleveur nous éclaire : « Les fabricants n’ont pas l’intention de jouer la transparence. Rien ne nous garantit que le soja ne pas transgénique. » Un flou qui inspire le doute. De toute façon, les fabricants de l’agro-alimentaire sont-ils encore crédible ? Les événements récents démontrent l’inverse. Une certitudes cependant : « Les facteurs de croissance, les farines animales, ont été radiés. Le cahier des charges est strict », assure l’éleveur.

 

 

Cochonnet, où es-tu ? M’entends-tu dans ce chaos ? Ce couloir est cauchemardesque, une prison, ma conscience prend le dessus. Seuls les grognements sourds me dirigent. Je pousse une des portes. Dans les caillebotis, nom des boxes, je l’aperçois, il a bien changé…L’émanation est intenable. Normal puisque sous lui, ses déjections se sont transformées par fermentation en lisier. Fleur de lisier, parfum à l’ammoniac volatile. Douce odeur de Bretagne, terre de l’épandage. Rester plus de cinq minutes, c’est se condamner à la douche. Cheveux, vêtements, peau, la puanteur est telle qu’elle s’imprègne partout. Pas étonnant que les pneumonies soient fréquentes chez l’animal à ce stade.  Soignées aux antibiotiques. Quant aux diarrhées, un bon plâtre gastrique fait l’affaire. Pour la grippe, comme nous, un coup d’aspirine. A la sortie du post-sevrage, Cochonnet s’est offert une vaccination contre l’Aujeszky, maladie grave du porc. Depuis 1999, un arrêté ministériel est entré en vigueur pour éradiquer l’épidémie. Il a complété le dispositif déjà mis en œuvre dans la passé. Après cent jours de régime plein gaz, je ne reconnais plus l’animal fétiche des premières heures. Cochonnet est un mastodonte de cent dix kilos. Un vrai dur qui tourne comme un dingue dans ses 15m2. A environ cent dans la pièce au plafond bas, les porcs n’en finissent pas de grogner. Si fort qu’on ne s’entend pas plus parler. L’atmosphère ambiante, sordide, aurait-elle rendu folle la bête ? Où est-il, mon ami ? Son air agressif est inquiétant, ses pattes ont gonflé. Environ 3% sont morts pendant la période. Si je m’évanouissais là, me mangerait-il sans me reconnaître, poussé par la meute ? Moi, il me faut de l’air, du soleil, vite j’étouffe. Après cent quatre-vingt jours, le gros pépère va partir, il vient d’être négocié par un groupement. Au marché au cadran de Plérin, les acheteurs tiennent les rênes. Là-bas, la confrontation de l’offre et de la demande détermine deux fois par semaine le prix aux kilo. Une référence en France, l’un des principaux indicateurs européens. Pour l’instant, il attendra de 24 à 48 heures avant que l’abattoir vienne le chercher : « Nous somme prévenus par téléphone du jour de l’enlèvement, car les bêtes doivent être à jeun douze heures avant le départ. Cela permet de maîtriser les contaminations à l’abattoir », certifie le porcher. Tu ne déféqueras point. Serrés sabots contre sabots, dans un camion équipé d’un point hydraulique, je perds Cochonnet de vue. Il part pour un voyage sans retour. Profite du soleil une première et dernière fois, à l’arrivée, la mort t’attends. D’ailleurs, certains, trop stressés, auront une attaque cardiaque lors du transport. Après une telle existence, l’air sain l’a surpris, la lumière trop forte lui a peut-être brûlé les yeux ! Ceci n’intéresse pas grand monde de toute façon. Le profit oui.

 

Image de Yann Chollet. Enquête sur l'univers du cochon de la naissance à l'assiette.

 

On se croirait à Tchernobyl !

 

Sur la route, toujours cette même odeur dans les champs. Une autre exploitation m’attire. Un véhicule blanc est stationné devant, la porte est ouverte, j’entre. Les hommes du centre de production animal et agroalimentaire de Ploufragan sont à pied d’œuvre : « Nous travaillons en collaboration avec les laboratoires et les éleveurs pour essayer les nouveaux médicaments », me disent-ils. Combinaisons bleues, masques protecteurs, gants, chapeau, l’habit fait le moine. Sommes-nous à Tchernobyl ! Le vétérinaire et le technicien sont en pleine expérimentation : « Dans les semaines passées, nous avons injecté aux porcs différents antibiotiques, vaccins, anti-inflammatoires. Aujourd’hui,nous effectuons les prélèvements pour les étudier. » En attendant, dans le couloir, le cochon en train de pourrir que j’ai vu, m’a laissé perplexe : je suis étonné par son état de putréfaction. C’est sur, il est là au moins depuis10 jours. Est-ce cela l’hygiène dont on m’a parlé ! J’ai vu ce que je ne devais voir. « Celui-ci n’a pas résisté aux produits testés. On l’a retrouvé mort dans le caillebotis, les autres l’ont grignoté. » De quoi tranquilliser le consommateur que je suis. Pas rassurante l’ambiance. Entouré par la meute de cochons apeurés et hurlants, le vétérinaire agit. Il repère un animal témoin, l’attrape avec une sorte de serre-groin qui le calme. L’horreur prend toute sa dimension. S’il on comprend l’utilité de l’outil, on s’indigne devant cette méthode sortie tout droit du Moyen Age. Elle fait grogner le porc, son regard se fige comme s’il était saisi de douleur. Imaginez-vous une grosse pince étau sur le bout de votre truffe. C’est vrai, on n’est pas des bêtes ! L’autre, pendant ce temps, le pique pour extraire le sang, évitant par de forts coups de pied les pauvres qui s’effrayent autour. Les deux hommes ont bien travaillé, sans sentiment. Si j’ai gardé un grand respect pour les éleveurs rencontrés, ces deux-là n’ont pas ma compassion. De véritables tortionnaires…….

 

La suite de cette enquête et photos en cliquant sur ce lien :

http://pageperso.aol.fr/batistes/cochonsbretagne.html

 

Textes et photos Batistes ( pour une enquête sur un sujet, contactez-moi à batistes@aol.com )