
photo exclusive yann chollet : Saint-Malo
Toute une vie on se balade entre espoirs et mépris
L’hiver approche certains resteront sur le parvis
D’autres dormiront sous la couette, enfoncés jusqu’au cou
Chaque instant creuse un sillon de plus sur nos joues

photo exclusive yann chollet : Saint-Malo
Le temps qui défile estompe nos meilleurs souvenirs,
Tandis que d’autres perdent toute chance d’un meilleur avenir
Nous songions déjà, à de futurs bonheurs fleurissant.
A un été clément, où sous le soleil nous irions de ci de là rêvant.
Nul n’aura peut-être croisé le destin, de l’homme qui se traîne pour tenir,
Nous le regarderons vagabonder ventre creux, genoux à terre, œil éteint, visage sans sourire.
Nos routes s’entrelacent, nos regards avec et le silence écarte toutes possibilités d’un sursis.
Nous passerons à côté sans même oser dire : salut comment vas-tu l’ami.

Photo exclusive de Saint Malo vue de la grande grue : interdit à la reproduction
Non pas que nous soyons des vilains ou de pauvres gens sans cœur,
Mais cet homme à terre, seul, nous inspire la terreur.
Nous croyons que nous avions tous, au départ, la même chance,
Qu’il aurait pu réagir plus vite pour éviter l’état d’urgence.
L’urgence est là, au pied de nos espoirs et nos mépris,
L’urgence est là qui résonne en une seule symphonie.
Dans nos petites cités de caractères ou au cœur d’un paris qui s’éveille.
Nous éteignons nos neurones, qui lentement retrouvent le sommeil.

photo du journaliste pigiste en Bretagne : yann chollet
Après ça, qu’avons-nous fait de nos vies ?
Le passé est derrière, le présent s’enfuit.
On a gardé précieusement un bonheur auquel nous avons cru
Et l’autre, celui du parvis, est mort la gueule ouverte, comme un chien dans la rue.
Nul ne sera responsable de sa mort et de son errance
Pas nous c’est certain, nous vivons dans nos bulles par évidence
Qui pourrait se sentir coupable de la disparition d’un chien ?
Et après tout, c’est homme qui se traînait, là, seul, n’était rien.

Photo exclusive : yann chollet
Tout ceci est faux c’est une certitude, car ce chien était humain !
Il attendait peut-être un peu de quiétude, du respect, la caresse d’une main.
Remarques, ceux qui vivent sous le pont ne demande plus rien
Ceux qui habitent là-bas n’espèrent pas grand-chose de la vie.
Ils ont depuis longtemps compris, qu’il ne reste plus d’espoirs, que du mépris…
Batistes, auteur du Livre “En Attendant Camille le Monde S’Ecroule” disponible sur commande aux éditions du Vent.