oct 29 2008

Bertrand Cantat sur les bancs des accusés

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Ane ou internaute même combat

« Il devrait crever l’ordure »

 

Des milliers de commentaires sur sa sortie de prison, avec la toile comme seule oraison. Des milliers d’internautes, même plus des hommes, des internautes, se cognant dans les murs de leurs phrases égocentriques. Pas de fondement, aucune connaissance du sujet, pas de raison mais le sentiment d’être fort par les mots, qui s’estompent au fil de ces pages qui périssent dans les archives du Web. Quel biais sordide peut offrir à l’humain, le droit de dire « il devrait crever, l’ordure ». Oui, les messages défilent et la presse tend à suivre le mouvement, fébrile d’avoir déjà trop dit, dit n’importe quoi ou tout simplement boycotté Noir Désir sur les ondes et les écrans, dans le papier. Les radios ont donné le ton pendant un temps, bien pensantes radios libres, taisant les morceaux les plus chouettes d’un rock français alternatif qu’on aime. De toutes façons il fallait punir et rendre « justice musicale ». Comme si la justice n’avait pas fonctionné ou à moitié.

 

Bertrand Cantat sur le banc des accusés « du Web »

 

Aujourd’hui, les internautes remettent leurs plaidoiries, irréelles, passives, inutiles, morbides, obsolètes, cruelles. Quoi la cruauté existe ! Peut-être ! Peut-être vaut-il mieux rédiger des commentaires indigestes, plutôt que de s’ouvrir au monde, aussi. Une petite pièce monsieur, pour manger. Tiens, lui, il est mort de froid ? Pas grave, passe, ferme les yeux et ta gueule. Pas grave, cours vers ton ordinateur rédiger « des justices » à la main levée. Le reste, ce n’est plus rien. Ici, devant l’écran, tu te sentiras plus fort, alors, pour affronter tes misères. Celles que tu portes à chaque fois que tu te tais, alors qu’il aurait fallu agir. Bizarre ces choses qui s’inversent, qui te renversent la tête et qui te font penser, croire, que tu peux tout, jusqu’à parler, écrire lorsque tu devais te taire. Des Gigaoctets, donc, de commentaires insolites, de pseudos journalistes autoproclamés ; disposés à informer le monde entier de la vérité, la leur, celle à laquelle ils croient dur comme fer.

 

L’internaute un grand philosophe !

 

L’ « absurderision » fait rage sur la toile. Le moindre moteur de recherche lance ces parties de jambes en l’air avec les internautes à l’affût. Une question comme unique question hautement philosophique : « Bertrand Cantat est libre, qu’en pensez-vous ? ». « Une bonne balle dans la tête » telle est la réponse d’un internaute philosophe. « Ça aurait été un homme ou un enfant qu’il aurait tué, personne n’aurait rien dit » la réponse d’un « confrère » internaute. « Il devrait au moins s’excuser publiquement, c’est la moindre des choses » ça c’est de Lio, présidente en chef des tribunaux parallèles. Ces phrases pullules ici et là, informant le lecteur avertit, offrant aux véritables philosophes matière à s’interroger sur le genre humain, son avenir et surtout sur la capacité de l’internaute à occulter son intelligence, à tel point qu’en croyant écrire des tirades d’érudits, frisant en réalité le néant, il se croit au-dessus de tout sans avoir conscience qu’en fait, il n’est rien, que sa phrase n’est rien qu’un morceau de peu. Notre nouveau monde serait composé d’une moitié d’internautes philosophes et d’une autre, de philosophes. 

 

Bertrand Cantat est libre

 

Octobre 2007, Bertrand Cantat quitte sa cellule de Muret pour continuer sa vie avec ses blessures, ses doutes, « ses méandres au creux des reins ». Bonne reconstruction. Longue route à Noir Désir.

 

Batistes

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oct 21 2008

Aldéhy peintre contemporain à découvrir

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aldehi à découvrir

 

Un site, des oeuvres, un artiste à connaître

 

Internet offre aux artistes une vitrine universelle. Mais dans les méandres de la toile, la perte de temps devient souvent une cruelle réalité, qui nous ramène à d’autres occupations. Nous parcourons ainsi le monde, d’un site à l’autre, sans parfois nous attarder, gardant comme seul souvenir les publicités inutiles qui nous assaillent. Parfois, la balade virtuelle offre de belles surprises. C’est le cas, avec la découverte du site Internet du peintre « figuratif » Aldéhy. L’artiste, né à Châtellerault en 1956, a effectivement obtenu « une vitrine artistique »  sur AOL, ce qui donna aux internautes l’occasion de découvrir le travail de ce poète, adepte de la peinture rayonnante. Rayonnante disons plutôt explosive, car c’est une véritable rencontre avec divers sujets que propose l’artiste aux yeux des hommes. Le classer du côté des « figuratifs », serait d’ailleurs peu judicieux, tant son art se décline sous différentes formes.

 

 

Une déclinaison des sentiments humains

 

En errant dans sa galerie virtuelle, on découvre au premier virage « les cathédrales de Lumières », véritable déclinaison des sentiments humains à travers le visage d’un seul modèle : celui d’un enfant, son fils Adam. Ce qui ne laisse pas insensible et attise d’ailleurs la curiosité. A travers son pinceau, l’artiste nous dévoile une palette d’expressions qui nous ramène à notre propre existence, à nos propres bambins. On pénètre, par une simple observation, au cœur de l’innocence. C’est comme un voyage initiatique qui nous parlerait de bonté humaine et qui suggérerait peut-être cette question : Quel est ce monde qui transforme avec le temps, le visage insouciant de l’enfance ?

 

 

 

 

Le sens de l’art pictural

 

Plus loin, on entre dans le vif du sujet avec 25 acryliques sur bois, véritables rencontres impossibles entre des personnages historiques comme Moïse, Cléopâtre, Confucius, César, Léonard de Vinci, Adolf Hitler, Charlie Chaplin et des contemporains anonymes. Deux individus par œuvre, ce qui suggère inévitablement une réflexion sur l’existence et le temps qui passe, l’histoire. Oui, Aldéhy ne se contente pas, apparemment, de poser sur la toile des couleurs. Il va au-delà, tentant peut-être de nous parler, du moins de faire naître en nous des émotions, des interrogations. N’est-ce pas cela le sens de l’art pictural ! Et ça marche puisque nul ne peut rester insensible à ses peintures. D’ailleurs, une rapide visite sur la biographie de l’artiste permettra aux visiteurs de comprendre le cheminement de son œuvre, la philosophie de cet homme.  

 

 

Du réalisme à l’abstrait

 

Pour celui qui ne s’arrête pas en chemin, les surprises défilent. Plus loin dans sa galerie, l’artiste nous transporte vers « le Symbolisme », avec des nuances subtiles de couleurs et des thèmes qui laisseront le visiteur touché au fond de ses neurones. Comme cette représentation de Mona Lisa, sur fond de guerre et déchéance humaine, nommée « Allez-y, cassez tout, moi je serai toujours là ». De quoi marquer notre conscience ! Non ? On passe ensuite « au réalisme », véritables photos sur toiles ; puis on plonge dans l’abstrait, en ce lieu inexplicable où chacun peut trouver sa place, son monde. Quelques clics plus loin, nous retournons vers le « Réalisme », avec une série de portraits d’hommes de couleur, dont les regards expressifs interpellent. Pas de mots, pas de long discours, uniquement l’art dans toute sa splendeur. Cet art qui suggère, qui laisse libre l’observateur de se construire une pensée, qui fait parler les sujets fixés sur le tableau. Aldéhy n’influence pas, il montre, il offre, il propose. Après, on prend ou l’on passe, la liberté de chacun est indemne.

 

 

Direction son site

 

Puisque les mots ne parleront jamais autant que les yeux, partez donc à la découverte de cet univers autant mystique que surprenant. Celui de ce poète du pinceau. Grave parfois, ironique, dérangeant, drôle, incontestablement doué, Aldéhy marque par son art les consciences. Après, c’est juste question de sensibilité mais la balade vaut le détour. Si l’envie vous prenait de passer du virtuel au réel, le contact reste possible par simple Email. N’attendez plus, bon voyage sur http://www.artabus.com/aldehy

 

Batistes.

oct 21 2008

Les 12 caricatures de Mahomet (Réponse à un email)

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Image des Caricatures de Mahomet relancent la polémique.

Ma réponse à Mussën (Suite à son Email concernant le premier article sur le thème)

 

Un débordement artistique et alors…

 

Je suis toujours heureux de débattre, d’entendre et de tenter de comprendre. Concernant votre première question : « Est-ce que vous avez bien compris la source de la colère des musulmans ? ». A vrai dire ce n’est pas ma quête. Par mon article, je regrette simplement que la colère dégénère et enflamme des pays, fasse naître des sentiments exacerbés, se transforme en « boucherie », attise les médias. Comme je le précise dans mon premier papier, nous « les humains », nous trouvons déjà tant de raisons de nous haïr, alors pourquoi se focaliser sur un léger débordement artistique. Est-il possible, en ce 3ème millénaire de discuter sans colère ? Oui. Le tout est de s’en donner les moyens. J’ai l’impression que « les caricatures » ne sont qu’une étincelle, qu’un mauvais prétexte pour exprimer une douleur préexistante, plus profonde. D’ailleurs, mon billet ne s’attarde pas à dénoncer ces débordements. J’ai entendu depuis quelques semaines, dans la presse, trop de « biens pensants » monter au créneau pour exposer leur science, au nom d’un savoir qui n’est de valeur qu’aux yeux de ceux qui se pensent intelligents. A vrai dire, ces gens, ils me fatiguent, ils n’apportent jamais de solutions, ils s’écoutent parler et nous, on écoute en remuant la tête. Personnellement, je m’endors.

 

” Le savant ne voit pas le même arbre qu’un fou “

 

Votre deuxième question « Est-ce que vous avez déjà eu une idée concrète et objective de l’Islam ? ». Pour être sincère non. Je n’appartiens pas à la catégorie citée ci-dessus « les biens pensants ». Je reste incapable de dialoguer une heure sur un même thème, en tentant de faire penser à mon interlocuteur, à la justesse de mes dires. L’ouverture, l’observation, la réflexion, le débat, voilà plutôt mon chemin. Chacun doit vivre son Islam, je n’ai pas de conseils à donner. « Le savant ne vois pas le même arbre qu’un fou » dit-on. Je constate simplement qu’en nous focalisant sur des sujets religieux et les heurts qu’ils engendrent,nous perdons notre énergie. Nous sommes dans une spirale, où l’information essentielle est omise, où le monde se fracture. A mon goût, l’histoire « des caricatures de Mahomet » est un sujet de second plan. La religion est peut-être « une raison d’être », comme vous le précisez, mais ce n’est certainement pas une raison de se faire la guerre, ni de prouver le fondement de celle-ci aux autres, par des actes quelconques. J’aime croire que celui qui vit sa religion pleinement ressemblerait à « un moine », un ermite tranquille. Je n’ai pas de croyances particulières, je le précise. Par contre, je pense que la foi doit se vivre de l’intérieur, c’est quelque chose de personnel, qui peut permettre un épanouissement de l’esprit. La croyance n’est en aucun cas une raison de déviances, d’actes barbares, de combats ou règlements de comptes. Il m’est arrivé de rencontrer « Emile Shoufani », le curé de Nazareth, lors d’une interview ; c’est le genre de religieux qui m’interpelle. Il ne parle que de paix, d’amour, d’écoute de l’autre. Là ok, j’écoute.

 

Non à la pensée unique

 

Quant à respecter « les principes de vie d’autrui » c’est aussi ma philosophie, je pense que vous le comprenez. Dans ce cas présent, il faut donc respecter le regard de « l’artiste » sur Mahomet. Ensuite, il est toujours possible de dire « je n’aime pas », « c’est injurieux ». En aucun, nous ne devons choisir des solutions de conflits ou de menaces. C’est mon point de vue. Regardez les humains, des milliers d’années de vie commune et pas une année sans guerre. Nous savons nous servir de l’histoire lorsque ça nous arrange, pour expliquer des situations, disserter ; servons-nous plutôt de celle-ci pour éviter des situations. La nuance est là.

 

Pour revenir à mon premier article sur le sujet, je parle surtout du patron de France-Soir, qui a dû plier bagages depuis la parution des caricatures. C’est d’un ridicule, une injure à la profession. Pourtant, suis-je animé d’une quelconque colère ? Non, je tente d’ouvrir le débat, de parler du sujet plutôt que de traiter d’un autre. Ayant vécu moi-même la censure avec mon premier livre, je lève ma plume chaque fois qu’elle pointe son nez. Sachez que l’art, « les caricatures de Mahomet » en l’occurrence, est subjectif et qu’il aurait été bien difficile de réaliser des dessins qui plaisent à tout le monde. Si l’on devait toujours travailler sur des schémas types « consensuels », cela irait dans le sens de la pensée unique. Je suis contre, désolé…

 

Batistes

oct 21 2008

La Balade d’un provincial à Paris (archive 2005)

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Photo Crs manifestation paris : trop top

En visite à Paris pour signer « le contrat de ma vie », qui me classait définitivement dans le clan des bouches cousues, des illustres écrivains qui cèdent leurs droits d’auteur pour bouffer, je profitais de l’occasion pour faire un petit tour au cœur de la capitale. Ah Paname ! La grande et belle ville architecturale avec sa pollution à outrance et son flot de regards vides. Ah Paris ! Ses vitrines démesurées à l’image de l’endettement des Français. Ah Capitale ! Comme tu inspires tant de contradictions à la fois ! Tu restes, sans aucun doute, une source incommensurable pour mon esprit décousu en quête de ressentiments humains. Tu sais rendre triste ceux qui ouvrent les yeux et qui marchent dans tes rues dans l’espoir de ne pas s’y perdre. Tu peux également rendre heureux par la beauté que tu reflètes à chaque coin de tes artères ; par l’immensité de ta tolérance envers les peuples venus d’ailleurs. Il te suffirait  d’un peu d’humanité enivrante, pour ressembler à une place idéale. Mais voilà, il te manque encore l’essentiel. Pas à toi bien sur, mais à ceux qui foulent tes pavés.

 

Photo Crs manifestation paris : dérive

 

D’abord, j’ai attrapé un métro pour me plonger au cœur du système. Le métro amuse toujours le provincial. L’odeur y était coutumière, à l’identique de ma dernière visite, lorsque j’avais suffoqué par manque d’oxygène. Ici, le regard de ceux qui ne te regardent jamais, sauf en cachette, est vide de tout. C’est peut-être pour éviter d’accrocher un reproche ou une brimade, une main tendue…Je ne sais pas, mais l’impression d’être de trop s’impose à l’esprit. Dans le métro, les gens ne savent plus sourire, les rencontres sont improbables et le temps manque de toute façon. Un sourire pourtant, un regard, ça coûte quoi ? Alors comme les autres, ici, on met les voiles, on passe son chemin sans rien attendre. Le jour, c’est cela le métro. La nuit, c’est une surprise qui déchire l’imagination. Des centaines d’êtres à la dérive dorment sous les lumières synthétiques. Ce n’est pas de la pitié qui vient à l’esprit, mais l’injustice et l’envie de ne plus croire au mot démocratie. La misère se trimballe par ici et là. Les autres, ils accélèrent le pas, la nuit ne rassure pas. Bêtement, j’allume la cigarette d’un pauvre type au visage déchiré, je discute quelques instants. A chaque minute qui passe, une ride de plus sur sa peau meurtrie. En venant là, à la rencontre de la misère, j’ai l’impression de venir d’ailleurs, d’un monde à part où la déchirure est inexistante. N’est-ce pas « le pire » d’être à la rue, ainsi, une bête, n’être même plus un coût pour la société ? ” Cela doit-il être, cela est ! “

 

Les CRS attaquent

 

photos exclusives CRS par Yann Chollet : journaliste pigiste disponible pour missions

 

Les questions qui fourmillent dans ma tête avant de m’endormir, m’empêchent de sourire et d’être heureux. Alors, suis-je ridicule et dois-je me contenter de fermer les yeux, moi aussi, de me transformer en parisien, pour mieux profiter de demain. Je crois que je suis au bord de la mélancolie. Demain se lève et Paris grouille déjà de gens. La place d’Italie présente bien, cosmopolite, majestueuse. Je reprends le métro mais ne me résous pas à baisser la tête, l’envie de croiser un regard est trop forte. J’entends trois jeunes noirs, environ la quinzaine, discuter à mescôtés. J’écoute, je souris, ils me questionnent, nous discutons, c’est riche et drôle…Les autres gens me dévisagent !  Qu’ais-je fait ? Je m’en fiche. Je sors admirer la place Denfert Rochereau. Je bulle, je profite du moment. J’aperçois des dizaines de camions de CRS, je fais le tour de la place, ils sont des milliers à attendre quelque chose. Mon âme de journaliste reprend le dessus. Je devais repartir à 14 heures vers Saint-Malo, tant pis, j’attends finalement que ça bouge. Au moins une cinquantaine de policiers en civil tourne alentour, les RG sont là, la B.A.C aussi. Enfin, vers 14h30, les lycéens arrivent par centaines. Ils sont rapidement 2.000 à se regrouper. Le cortège commence sa marche, quelques cris incohérents parviennent à mes oreilles. La revendication n’est pas claire

 

 

 

Ce mercredi 13 avril, La mobilisation policière est totalement démesurée par rapport à l’ampleur minime de la manifestation. Toutes les artères où passe le cortège sont bloquées par des CRS. Cependant, erreur grossière, une rue est ouverte et une centaine de jeunes s’y engouffre en courant. La course est ouverte mais un peloton arrive à rattraper les insouciants. Ça tape à la matraque, ça gaz sérieux et c’est là que naît ma première photo (voir ci-contre). Preuve que les CRS frappent pour peu, ce jeune n’avait rien fait, j’en suis témoin, carte de presse en poche. Les autres se font remettre en place, la bataille est inégale. Tout rentre dans l’ordre, les jeunes sont de bons moutons, la police bergère. Avec 3.500 manifestants, la manif prend de l’ampleur à l’arrivée « place de la Bastille ». Voulant s’engouffrer dans une venelle, les jeunes sont refoulés par un peloton de Gendarmerie, cette fois, plus dur et moins patient. Les tirs de Gaz volent dans l’espace (voir photo) et maintenant les passants comme les lycéens, comme les gendarmes et moi, nous sommes en larmes. Et oui, avant de tirer messieurs, il serait bon d’observer le sens du vent. Logique non ! Les policiers en civil font le ménage en écartant, avec ardeur, les plus récalcitrants. Avec une violence parfois qui laisse perplexe

 

Vers 19h, l’affaire est réglée. Les lycéens ne se sont pas fait entendre, les policiers ont démontré leur force. La démesure du déploiement coûtera quelques milliers d’euros au peuple perplexe. Mince, j’ai 5 heures de retard. La nuit va tomber sur Paris et le provincial repart avec ses rêves, ses regrets, son amertume, une bribe de dégoût en guise de réconfort. Il n’y aura pas de révolution ce soir, il n’y aura de résolution à la misère, les parisiens continueront de se parler à eux-mêmes. La vie attend ailleurs. Le temps passe et l’humanité stagne.

 

Batistes