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Saint-Malo futuriste !

Samedi 22 octobre2011

Saint-Malo comme vous ne l’avez jamais vu !

On connait la ville de Saint-Malo en Bretagne, formant un Dogme avec ses remparts dressés, ses bateaux, ses mouettes, ses marées, la couleur de sa mer Emeraude. Saint-Malo, la cité corsaire, intemporelle, splendide avec son image statiquede ville fortifiée.

Le sable de la plage du mole, de bonsecours, de celle du sillon… Saint-Malo, île devenue accessible mais gardant son empreinte d’hier. Le Grand bé, Cézembre, ses forts posés sur l’eau. Ses bateaux de pêche, ses boutiques et commerces, ses grandes entreprises. Tout cela forme un Saint-Malo incontournable. C’est pourquoi, fort d’une envie de projection dans un futur où la consommation tient sa place, voici en une et une seule image, une photo retouchée, la vision d’un Saint-Malo futuriste qui prendrait des allures d’un monde contemporain. Saint-Malo deviendrait alors à l’image du monde et des mégacités, des grandes villes et de ses artères improbables… Un monde où le passé s’enfuit tandis que l’avenir se dessine à l’horizon.

Certes l’image tend à défigurer ce que nous connaissons mais parfois il est si bon de déformer l’existant pour laisser paraître ce que l’epsrit humain peut faire naître !

Bref : Voici Saint-Malo dans un futur proche, futuriste !

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Mercredi 21 septembre2011

 

Fleurs des montagnes à 2500 mètres. Photo yann chollet 2011

Vous êtes gracieux et forts, à tel point que vous arrivez à vous voir tel que vous n’êtes pas ! Votre imaginaire dépasse de 100 fois, la réalité qui vous entoure, si bien que la fusion de votre esprit est capable d’engendrer des cataclysmes spirituels au plus profond de vos propres cerveaux.

N’y a-t-il point de formules mathématiques pour élaborer un projet, qui permettrait d’entrevoir l’an 2500 survivre à tant d’idolâtries intérieures ? Mettez des yeux à l’arrière de vos visages plutôt que de les fermer !

Regardez bien en dedans de vous, pour comprendre ce qui s’y passe vraiment ! Car ailleurs, du côté des sentiments profonds, les vrais, ceux qui font d’un humain un être, il n’y a pas d’amis qui vous attendent, ou si peu que vous pourriez ne rien comprendre à cette solitude inattendue lorsqu’elle viendra s’immiscer pour de bon.

En cet instant seulement, votre esprit se réveillera, trop tard, pour laisser entrevoir un phare, une bouée à laquelle vous accrocher, en espérant qu’elle tienne ; alors qu’au loin, vous verrez « les bateaux » s’éloigner et avec eux, tout l’égocentrisme qu’ils avaient à leur bord, à vous parler de vous comme un ami alors qu’ils parlaient d’eux.

C’est ce qu’il restera en 2500, quelques bouées et quelques phares dans la brume de nos incontestables absences !

Sur l’océan d’un monde accaparant nos pensées, de jours en nuits, en fond de toile l’horreur écologique et l’inhumanité, il subsistera de nos perditions dans le virtuel qu’un vague souvenir d’un instant qu’on croyait beau et qui en fait ne l’était pas…

Mélancolie : Poésie passagère !

Jeudi 7 avril2011

Au loin de Saint-Malo on voit Chausey

Au loin de Saint-Malo on voit Chausey

 

(Une photo rare, Chausey de Saint-Malo par temps couvert. On a l’impression d’y être) 

Mélancolie, 

Quand il y a tant de monde autour de nous,

Et que le vide se fait en vous.

L’air de musique vous emporte loin,

La valse des gens et les sons parviennent,

On se sent presque à terre moins que rien,

On se dit que le monde s’échappe, vient !

Mélancolie,

Des réalités à la futilité,

On s’accroche à quelques envies immaculées,

Des souvenirs, déjà à l’horizon déchiré,

L’ombre avance de plus en plus prononcée.

Mélancolie,

Quelques accords font monter la pression,

Les mains tapent, les mots sans chaînes,

Vivre, paraître, survivre aux mauvaises résolutions,

Vivre, écrire, en pensant aux matins blêmes…

…Ces matins où la mélancolie

 S’effrite sur le bord de notre monde !

 

Selection de photos 2010 par Yann Chollet

Jeudi 7 octobre2010
Journaliste photographe chef de pub professionnel en Bretagne sur la région de Saint-Malo, j’effectue divers travaux pour les entreprises, bars, hôtels, restaurants, magazines, entreprises, communes. Qu’il s’agisse de travaux publictaires, travaux presse, travaux particuliers, sites internet, n’hésitez pas à me contacter. Vous trouverez sur site-blog plutôt quelques exclusivités ! Surfer sur d’autres de mes sites ou mes CV en ligne pour en savoir plus. Dans cet article, quelques photos coup de coeur de l’année 2010 ! Photos de Saint-Malo, de paysages, du sillon, de Dinard, de Dinan, de Saint-Cast en Bretagne. Photos aussi de Servane Escoffier représentant Saint-Malo 2015 pour la Route du Rhum 2010. Sur son voilier ici, à Saint-Malo pendant les préparatifs avant le départ du dimanche 31 octobre 2010.  Si vous aimez mes textes, c’est ici, ci-dessous ou dans les archives sur la droite. Avec des photos d’artistes et diverses réalisations photographiques. Autrement vous pouvez aussi passer sur www.journaliste-photographe-bretagne.com pour des photos pack-shot et autres vues diverses réalisées sur saint-malo, dinard, dinan, rennes, lorient et la Bretagne… à bientôt pour de nouveaux textes et nouvelles photos de la région.

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Servane Escoffier 2010 sur son voilier saint malo 2015

Servane Escoffier 2010 sur son voilier saint malo 2015

 Servane Escoffier sur son voilier à Saint-Malo

Le Grand Bé à Saint Malo Yann Chollet.

 

Le Grand Bé à Saint Malo lors des Grandes Marées 2010

Cheval dans la brume en montagne photo yann chollet 2010

La Conchée à Saint Malo par Yann Chollet

Photo yann chollet, la conchée 2010. Cliquez sur la photo pour aggrandir

Le sable à SAint-Malo sur les plages de la Bretagne

Le Sable plage du sillon à Saint-Malo par Yann Chollet.

Le Sable à Sain-Malo, simple mais joli. Photo Yann Chollet, journaliste en Bretagne

Exemple de portrait réalisé par Yann Chollet, photographe.

La mer grande plage de Saint Cast en Bretagne.

La mer grande plage de Saint Cast en Bretagne.

Anse de Saint-Cast en Bretagne été 2010 par Yann Chollet 

Mouette saint malo par yann chollet

Vol de la mouette malouine par yann chollet

Tigre en gros plan

Tigre en gros plan

Le tigre rien à dire. Photo Yann Chollet. Cliquez pour aggrandir.

Solidor quartier de Saint-Malo

Solidor quartier de Saint-Malo

La quartier de Solidor à Saint-Malo en Bretagne. Yann Chollet photo
Saint-Jacit de la mer en Bretagne. Photo yann chollet.

Saint-Jacut de la mer en Bretagne. Photo yann chollet.

Les chevaux dans la baie de Saint-Jacut. Tourisme

Photo du quartier de Solidor à Saint-Malo vue par Yann Chollet photograhe.

Solidor vu de Dinard lors des grandes marées. Photographie Yann Chollet.

Le mole à Saint Malo. Photographie de Yann chollet

Le mole à Saint Malo. Photographie de Yann chollet

Le mole de Saint Malo pris par Yann Chollet en photo
Plage de Saint Cast en été

Plage de Saint Cast en été

Photo de Yann Chollet, journaliste photographe en Bretagne

yann chollet photo
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Batistes 2010

LES PETITS-PETITS

Mercredi 23 juin2010

Au nom des indigènes de la terre entière !

 

 

 

” Sur cette photo, “les petits-petits” voyaient une belle pomme à manger, tandis que “les autres” voyaient toute la splendeur d’une nature naissante “

Ils sont si « petits-petits » qu’ils sont devenus invisibles. En quête d’Ego les humains redeviennent humains. Primates au sens large du terme ! Disposés à faire la guerre contre « les autres », ceux qui font un peu d’ombre à leur lumière. Les petits-petits se pensent grands, c’est cela le plus étrange. Grands quant à leur imaginaire primaire, qui commence au pied de chez eux pour se terminer au coin de chez eux. Remember : « le Mythe de la Caverne ». Dans ce cadre infime, leur grandeur est immense, incommensurable à leurs yeux, Dieu, s’il existe, n’est rien à côté d’eux. D’ailleurs, ils pensent que rien n’existent les « petits-petits ». Ils ont forcément raison les « petits-petits », toujours un pas en arrière plutôt que deux en avant, c’est plus simple non ?

Sur leur passage, « les autres » : les Indigènes, les pseudos artistes, les différents, les « d’ailleurs », bref ceux que les ”petits-petits” considèrent, de leur point de vue, comme « petits-petits » ; sont regardés comme des bêtes furieuses, forcément ridicules, forcément à la ramasse, forcément mauvaises.. Puisqu’ils ne leur ressemblent pas. De l’ombre à la lumière, de la lumière à l’ombre. De la caverne à l’ouverture au monde. Des « petits-petits » jusqu’aux “autres”, il n’y a pas un Pas mais un univers. A la croisée des chemins, les « petits-petits » continuent de rester « petits-petits », dommage, « les autres » tentent de rester « les autres » et de faire avancer le monde, et heureusement car on ne fait pas un monde grand, ouvert et plaisant en pensant « petits-petits ». Jamais !

Bien au contraire, c’est la richesse de l’extérieur qui nous apporte notre richesse intérieur. Ce sont bien « les autres » qui nous offrent leurs expériences pourvus qu’on sache s’en imbiber. De leur côté, les « petits-petits » sans les autres s’effacent lentement, deviennent même si petits qu’ils deviennent invisibles ! Mais où êtes-vous ? « Ah vous étiez là, pardon, je ne vous avais pas vus ! ».

batistes 2010/juin

Elle avance autour de nous…

Mardi 26 janvier2010

L'enfant roi

L'enfant roi

 

 

 

Lente, invisible, elle s’immisce dans nos vies à petits pas

Dans les moindres artères, même où le silence est roi.

N’ais-je pas su la reconnaitre, l’autre jour, l’autre fois ?

Lorsqu’elle passait, indiscrète, sous mes yeux, devant toi !

 

Subtile parmi les futilités enfantées par nos tyrannies

Vapeur inquiétante née des neurones, au fond de l’esprit.

Si tu savais trop la reconnaître, elle t’invoquerait quelques mépris

Ferme parfois ta fenêtre, assieds-toi et réfléchis.

 

Fleurissante, elle est douce à entendre à l’oreille avisée

Qui ne sait l’éviter se retrouve un jour à ses pieds.

Fatale, elle souffle fort en nos têtes dévissées

Est-elle endormie, je l’entends, murmure encore sur le pavé.

 

Galope, file, revient, part, passe, te revoilà ?

Tu aimes tant les hommes, qu’eux, t’aiment-toi.

La vie s’étire, le temps s’écoule, tu reste là.

Guettant dans la pénombre un seul de leur faux pas.

 

Je sais bien, oui, que tu résonne à travers le monde !

Dans ton sillage, les mots vont à la tombe,

Les phrases s’écourtent, les bruits se fondent,

Tu pars très haut, t’envoles et retombes.

 

Au seuil de chacune de nos portes, tu appelles,

Mais je n’ouvre pas, malgré l’enrobé de dentelles.

Les autres peuvent t’utiliser, te trouver belle,

J’étends sur le sable un morceau de flanelle.

 

Mais qui ce soir frappait encore à ma porte ?

« La connerie humaine » monsieur,

Eh oui, elle n’est pas morte !

(Cet enfant qui marchait sur la plage ne savait rien d’elle…)

batistes 2010

Les culs terreux d’ici et d’ailleurs…

Mercredi 29 octobre2008
plage du sillon saint malo

Marcheur sur la plage du sillon à saint malo en bretagne. Yann Chollet

 

 

 

Avis

 

Les culs terreux ne comprendront pas, je veux parler des vrais, ceux qui n’ont pas imaginé qu’ailleurs existait une terre insolente où le rêve avait sa place. Puisque tu viens d’ailleurs, toi la parvenue, ils te diront, te regarderont, feront semblant de te laisser croire ! Le cul terreux est, par principe même, l’anti-extérieur. A savoir, ce qui n’est pas connu est dangereux, ce qui n’est pas connu ne mérite pas, ce qui n’est pas connu dérange. Donc toi, tu déranges puisque tu viens d’ailleurs. Effectivement, tu viens d’une vingtaine de kilomètres, mais pour eux c’est si loin !

 

Les culs terreux ne sauront pas te conseiller mais te souriront inlassablement, ils t’écouteront pourvus que tu parles d’eux mais ne t’entendront pas si tu veux te présenter, marcher à leur côté. Si tu leur rends service, ils t’aduleront presque, du moins en faux puisqu’ils ne connaissent pas la sincérité. Ils te diront merci en public et le soir te pourriront en privé. Et avec le temps ne se souviendront de rien, puisque tu n’es rien, pour eux.

 

plage sillon

la plage du sillon à saint malo. En bretagne les nuages passent, le temps file. Photo yann chollet

 

Devant la foule, ils te serreront les mains à la manière d’un député en mal d’électeurs, mais plus tard, ils se laveront les doigts pour ôter discrètement la salissure de toi, qui vient d’ailleurs, qui impose l’interrogation, cette salissure qui inspire plus le danger que la sérénité. Oui, tu es d’ailleurs et sans doute que ton intelligence, ta différence, leur fait si peur. Ils ne comprennent rien.

 

Et pourtant, s’ils te connaissaient mieux, s’ils avaient apprit à te comprendre, à t’apprivoiser, peut-être serais-tu devenue leur amie, partiellement. Malheureusement, ils ne savent n’y écouter, n’y observer, ni comprendre, ni prendre des décisions, ni aimer ceux qui viennent de plus loin.

 

Ils savent sourire certes, ils savent saluer certes, ils savent rire certes, ils savent peu de choses en fait certes. Pourquoi ! Parce qu’au-delà de leur univers, qui se résume à une distance de 20 kilomètres autour de chez eux, ils ne connaissent le monde que par le journal de 20h ou celui de 13h, un voyage. Merci Patrick Poivre d’Arvor, tu es la littérature des Culs terreux. Imagine ! Peut-être feront-il un saut sur Internet de temps à autre pour s’abreuver de désinformation, quoique ! Tu vois, toi l’exclu, la différente, toi l’affreuse, la maudite, ta place n’est pas ici. Pas chez eux. Chez eux, ils sont chez eux. Et toi tu es chez eux ! Moi, chez eux maintenant c’est chez moi, donc…n’approchez plus, vous puez !

 

S’ils ont un poste vacant qui te conviendrait, ils t’oublieront, ils oublieront ce que tu as su donner par respect, par passion, par amour, parce que toi, tu n’avais pas compté pour offrir à leur enfant le meilleur, à leur famille un sourire, toi tu es ce qu’ils ne seront jamais, la générosité. Tu avais tout donné, sans exigence, tout simplement par plaisir, par ouverture d’esprit ! C’est l’une des choses quite différencie d’eux, rassures-toi, de ces putains de culs terreux. Ces culs terreux qui peuvent être maire, qui peuvent être conseiller communautaire, qui peuvent être prof, qui peuvent être un peu ici et là. Au bout du compte, ils me gavent ces nazillons de pacotilles ! Au bout d’un moment, ça énerve et je lâche le morceau, je parle un peu, plus. Ça fait trop longtemps, le silence, fait chier. Trop longtemps, je leur ai offert leur chance, trop longtemps j’ai écouté leur discours et rien. Allo, toujours rien. Trop longtemps j’ai épaulé leur pensé, rien, trop longtemps je me suis tu et toi, tu t’es tue aussi, alors.

 

Bon bref, une chose est sur, les culs terreux sauront une chose, se reconnaître dans ce texte et entendre mon message. Qu’ils le lisent et relisent le soir et surtout qu’ils ne pensent pas que je parle d’un autre, oh non : « Je vous emmerde bande de culs terreux de merde ».

Pendant ce temps, j’invente la poèsie et me soule du monde qui m’entoure et me surprant, je continue ma course, mon chemin ne s’arrête pas à vos petites vies restreintes.

batistes

Précision : ” Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ces lignes imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui sont là ; quelque-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger, qu’est l’écriture.

Par conséquent, âmes timides, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexploirées, dirigez vos talons en arrière et non en avant. Ecoutez bien ce que je dis : dirigez vos talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup par un vent étrange et fort, précurseur de la tempête…”

Préambule des Chants de Maldoror. Lautréamont….

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Saint-Malo

Mercredi 29 octobre2008

 

livre de yann chollet

C’est à même le sable que je découvre ton visage, que je réalise ta quiétude et ta sagesse.

C’est à même le sable qu’au loin j’aperçois le bonheur, le chant d’un oiseau crieur, un bateau qui vogue.

C’est à même le sable que je te découvre, immensité parmi les mystères, vol silencieux d’un poète.

C’est à même le sable que ton horizon se décrit, ton ciel incolore, tes parfums inodores et toi.

C’est à même le sable que je t’admire pour ce que tu es, la nuit vient de tomber…sur Saint-Malo.

Yann Chollet 1986

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Petite poèsie du soir

Mercredi 29 octobre2008

 

(entrée du zoo de la bourbansais automne)

 

 

Légers comme l’air, les mots suivent ma pensée. Glissent lentement le long du ruisseau pour parvenir jusqu’à chez toi.

 

Que restera-t-il de mes sentiments une fois que tu les sauras ?

Si peu, peut-être, mais d’autres viendront encore t’endormir, d’autres partiront, volatiles, couler le long de l’eau.

 

Avec le temps, l’envie, je partirai c’est sûr porter ces mots.

 

Parce qu’il est des choses que l’on ne peut laisser s’enfuir le long des flots.

 

Le long de la longue digue qui nous sépare, bientôt, j’arrive, attend moi je pars…

Petite pensée nocturne (archive)

Mercredi 29 octobre2008

 

Le mole de saint malo par yann chollet

Le mole de saint malo par yann chollet

 

 

Petit texte du soir…

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, j’ai rêvé du bonheur. En me levant, j’ai vidé ma tête pour mieux entrer dans ce moule, façonné à coup de marteau par les autres. J’avais c’est sur fait des songes d’une vie normal, d’un monde dont le souvenir me ramène à ma naissance, mais la donne a changé entre temps, me portant vers un idéal tronqué par l’absurdité extérieure. Je ne recevais que des fausses notes, je n’entendais que rires éclairés à la lumière des péchés. Les hommes n’étaient pas sérieux, même pires, ils se soûlaient de passivité et d’ignorance. Ils croyaient avancer mais reculaient inlassablement, toujours inlassablement. Comme dans le casino où le pire des paumés venait miser et miser encore, gagnait puis perdait, puis gagnait puis finissait la gueule dans le caniveau. L’autre soir, avant de dormir, j’ai croisé un corbeau de cet espèce, j’ai croisé aussi des vautours qui rigolaient de sa déchéance, j’ai croisé plus loin un mendiant, et l’absence entre les trois. Alors j’ai marché sans me retourner, en silence passé le coin de la rue, puis marché encore jusqu’à l’ivresse, jusqu’à me perdre dans le noir de mes pensées, jusqu’à toi l’artiste. Tu dormais, je n’ai pas voulu te réveiller car j’ai cru que tu rêvais encore du bonheur, comme moi, l’autre soir. J’ai lu dans tes yeux la sérénité qui t’est propre. J’ai donc passé mon chemin, refait la route en sens inverse, ignoré une nouvelle fois la connerie humaine.

 

Pouvais-je marcher des heures ainsi en quête de certitudes ou devais-je retrouver les songes d’une nuit paisible. J’ai erré pendant des décennies cette nuit là, ne sachant que faire, ne sachant où me cacher, car je portais le secret d’une absolue vérité. Elle était en mon âme, en mon esprit, en ma conviction cette putain devérité. Je ne pouvais me résoudre à la croire, ni même à l’espérer. Je voyageais depuis si longtemps dans un univers sans place assise, à tenir la boucle d’acier bien en main pour maintenir l’équilibre, à me soutenir à bout de rêves que l’oubli avait précédé le non-sens. Oui, je ne voulais l’espérer cette vérité, mais elle résonnait dans ma tête tel un hymne à la liberté. Que dal mon pote ! Pour toi et les autres, il n’y aura que passivité à moins que tu te lèves la nuit pour enfin vivre tes rêves. Oui, c’est cela, vit la nuit, car le jour les autres réduisent ton espoir en désolation, anéantissent tes joies, tes silences, ta quiétude, ton être. Entouré par ce monde qui s’échoue au bord d’un précipice, qui s’écrase dans l’univers, qui tombe dans l’abîme, l’errance de quelques années te suffira à trouver le trépas. Il est là, il guette à la moindre de tes incertitudes, la moindre de tes faiblesses, pour te briser lorsque que tu courberas trop le dos.  C’est pour éviter le pire que j’ai marché cette nuit là, que j’ai rêvé du bonheur fut un temps. Oui, pour oublier que le néant avance obligatoirement à la croisée des routes, si vite, trop vite, si vite qu’un jour je ne pourrais rejoindre la nuit, qu’un jour les hommes regretteront, qu’un jour la nature reprendra son droit et les terriens avec, et ma tristesse avec, et tout avec…Bonne nuit.

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Batistes

Route du Rhum : 8ème

Lundi 27 octobre2008
photo du journaliste pigiste en Bretagne : yann chollet

  

La route du Rhum 2006  Départ de la course à 13h03

Saint-Malo va retrouver le temps d’un départ de course, l’afflux des grands jours. Des centaines de milliers d’amoureux de la voile et de curieux vont se ruer, cette semaine et surtout dimanche 29 octobre, sur la cité corsaire pour apercevoir des bateaux de rêve amarrer au bassin Vauban et Duguay Trouin. Quelques 80 voiliers, dont le gigantisme aurait pu être imaginé par Jules Vernes, attendent le vent pour partir à la conquête de l’océan atlantique. Pour un bateau, un skipper. Voilà tout le défi de cette grande course dont la renommée n’est plus à faire, tant elle a su faire naître des grands messieurs de la mer.

course du rhum : yann chollet

 

Nous sommes bien dans la réalité et non pas en pleine science fiction pour cette 8ème édition. Ces bateaux gigantesques sont bien présents, en ce moment, sous les yeux admiratifs des visiteurs. Des voiliers qui peuvent laisser penser que la France compte encore quelques belles entreprises, qui investissent quelques milliers de deniers pour le bonheur des skippers et de tout le monde finalement. Le plus beau sera sans aucun doute dimanche, lorsqu’il faudra se frayer un chemin, à travers la foule, pour espérer apercevoir les premières voiles s’ouvrir sous la brise. Ceux qui n’aiment pas les bouchons pourront toujours allumer leur télévision.

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

 

Le grand départ, celui que tout le monde fête, sur l’eau ou à terre, c’est bien pour dimanche à 13h03 précise, heure où les braves aventuriers se lanceront en quête de sensationsfortes.

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

 

En attendant ce moment exceptionnel, ce lancement de la 8ème route du Rhum, direction la Guadeloupe, voici quelques photos de l’édition 2002.

Yznn Chollet journaliste pigiste à Saint-Malo : rédacteur et photographe

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

Petite pensée du soir

Lundi 27 octobre2008

 

aldehi à découvrir

Elle repose en paix…

La mer a posé son émeraude au centre du globe.

De mes yeux j’aperçois le berceau.

J’ai reçu des embruns du rocher sur ma peau.

La mer est calme, mais l’avenir incertain se dérobe.

.

La mer a bercé des années mon âme d’enfant.

Elle est repos et sagesse en un seul firmament.

A l’heure ou d’autres s’éclatent sur le ciment

Des marins partiront ce soir sur l’océan.

 

D’une falaise j’attendrai le retour des bateaux

A son pied, des lames s’empalent en un mouvement.

Frères humains ayez pour la mer de jolis mots.

Gardez pour les pollueurs vos pires sentiments.

 

La jeunesse a fleureté avec la vague.

En un flux, elle emporte les algues au loin et avec les souvenirs.

Jeunes filles aux regards sages, n’ayez d’yeux que pour la bague.

La mer traîne dans son sillage, des sentiments et des sourires.

 

Le cœur saigne l’instant d’un présent trop amer.

Le reflux rapporte des boulettes, sortes de galettes noirâtres.

Il est là le naufrage, le jeune goéland n’a plus sa mère.

Deux femmes discutent, tranquillement, en mangeant autour de l’âtre.

 

Les hommes ont posé leur signature sur l’amer.

Encore, une fois, de plus, l’or noir est là au cœur du berceau.

Qu’offrez-vous, êtres humains pour l’avenir de laterre ?

Vos bras, votre cœur en urgence, avant que ne chavire le radeau.

 

« Là-bas monsieur, oui là, plus haut, à droite »…

Au cimetière de l’écologie, la mer repose en paix.

Batistes. (Photo, peinture d’aldéhi)
 
 
 

 

Presse je t’accuse

Lundi 27 octobre2008

Presse censure et consors

 

 

Le Mea Culpa d’Alain Rémond, journaliste à Marianne !

 

Dans « Marianne » du 17 au 23 juin 2006, le journaliste Alain Rémond livre une information gardée le plus souvent discrète par sa profession. A travers son papier, il explique tout bonnement, la destinée des ouvrages des inconnus, qui arrivent dans les rédactions ou directement chez les journalistes : « Je l’ai mis de côté. Dans la pile des autres livres mis de côté ». Voilà donc le triste sort réservé aux illustres méconnus, qui de province, envoient leurs écrits dans les rédactions parisiennes, des myriades d’espoir en tête. Rédactions qui regorgent de piles de livres, donc, qui ne seront jamais lus. Plus loin dans l’article, il avoue avoir découvert par hasard, qu’un livre de sa pile, et qui plus est celui qu’il avait renoncé à lire quelques semaines plus tôt, était en fait celui de Daniel Shneidermann, « un confrère ami ». Bouquin, qui était signé sous le pseudonyme David Serge ! Hasard de la vie ou technique commerciale éprouvée, le dit auteur avait finit par dévoilé son identité. Sous la torture, on imagine ! Ce qui semble, si l’on constate le résultat, plus judicieux pour obtenir une page entière dans Marianne sous la plume d’Alain Rémond et dans d’autres supports comme ce fut le cas. Et oui, la vie est cruelle.

 

Presse écrite et télévisée même combat

 

Dans leur petite bulle culturelle, nos journalistes de la presse écrite suivent la vague commerciale. A l’identique de la télévision. Certains pleurent, en ce moment, le départ de leurs confrères Ardisson et Fogiel, prétextant la mort de talk show où tout pouvait se passer ! Il est vrai que parfois, je précise bien parfois, ces émissions présentaient des inconnus. Ne soyons pas dupes tout de même, l’essentiel de leur fond de commerce, c’est l’invitation de personnalités connus, d’amis. Toujours les amis des amis croisés dans les soirées. Il n’est pas rare de retrouver sur le même plateau trois invités, qui sont eux-mêmes animateurs d’émissions, entourés d’éditorialistes ou autres célébrités de la presse. Voilà la diversité culturelle tant adulée par ceux qui crient de voir Ardisson partir ! Il suffit d’observer les plateaux de l’année 2006 de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » de Fogiel, pour comprendre la supercherie. Tu m’invites, je t’invite, on s’invite. Il y a là une similitude avec l’univers des livres. Similitude observée par exemple, à chaque parution d’un livre de Jean François Khan. Effectivement, lors d’une nouvelle sortie de l’auteur, président de Marianne, vous trouverez dans l’hebdo du même nom, plusieurs encarts parlant du livre pendant un mois. Puis vous le verrez comme invité sur la plupart des plateaux télévisés. Et cela même, si le livre ne présente pas un intérêt flagrant. Le copinage fait donc fureur dans les médias, détournant une place de liberté d’expression en place réservée “aux amis”. Peut-être ne faut-il pas s’étonner ensuite, de voir les lecteurs, les auditeurs, chercher ailleurs l’information, la nouveauté !

 

L’illustre inconnu de la pile de livres de Rémond

 

Le malheur dans l’histoire est d’avoir pour seul horizon, si vous êtes l’illustre écrivain inconnu de la pile de Rémond, l’unique espoir d’un papier dans votre hebdo local. Ce qui ne risque pas d’enflammer vos ventes ! Ni de rentabiliser l’affaire. Ne pensez même pas à un passage télé ! Il serait donc inutile, par constat et par expérience personnelle, d’envoyer votre œuvre dans les rédactions nationales ou régionales. Pourquoi ? Parce que si vous envoyez votre livre de septembre à novembre, on vous dira comme me l’a répondu Georges Guitton, responsable des livres pour Ouest-France : « Nous sommes en pleine rentrée littéraire monsieur…donc…». Donc, votre livre ne peut être un livre de la rentrée littéraire ! Pourquoi, je me le demande encore. Oui, c’est certain qu’il ne portait pas la marque Plon ou Albin Michel. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de novembre à Janvier, car cette fois, on vous répondra : « Nous sommes en plein prix littéraire monsieur…donc… ». Donc, votre livre n’en fait pas partie. Normal puisque que vous ne faisiez pas partie, non plus, de la rentrée littéraire. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de février à juin, car cette période de l’année est réservée aux scandales et aux biographies de stars ! Vous n’en êtes pas une ? Et puis, 6 mois après parution, on vous expliquera, comme me le soulignait un journaliste de l’humanité : « Monsieur, je viens de découvrir votre message et votre livre. Je viens rarement à la rédaction car je suis chroniqueur. Il me semble qu’à ce jour, votre livre n’est plus d’actualité.. ». A cet instant, je vous avoue que l’envie est plus forte, un seul mot vient à la bouche « Espèce de gros connard ». En définitif, gardez vos livres chez vous bien au chaud, n’écrivez plus, n’envoyez plus vos manuscrits chez les éditeurs de la place, lisez le « Da Vinci Code » ou le dernier d’Ormesson et « dormez tranquille » dis-je. Ne dépensez ni timbres, ni livres, n’ayez pas d’espoir envers ces journalistes que vous n’intéresserez jamais.

 

Le cercle bien fermé

 

Par ailleurs, dans cette histoire de cercle fermé, il est très énervant de ne jamais recevoir de remerciement de la part de ces journalistes, à qui vous aviez consacré vos plus belles dédicaces, pensant leur faire simplement plaisir. Ils sont décidément ailleurs ! Ils vous rendent, par leur impolitesse, presque invisible. Il reste donc à l’auteur inconnu, la possibilité de plier bagage et de garder ses mots pour plus tard ; espérant qu’un jour, cette bulle fermée culturelle explosera pour de bon à la manière dont les radios libres se sont imposées. Par ailleurs, ne tentez pas d’écrire un papier comme celui que vous lisez, parce qu’ensuite, lorsque vous enverrez votre livre on vous dira : « Monsieur, vous tirez sur nous et vous voulez qu’on vous consacre un papier ? ». Le prochain livre, maintenant c’est sur, je l’écrirais sous le pseudonyme « Daniel Shneidermann » ou « Loana », histoire de mettre quelques chances de mon côté.

 

Batistes. Auteur du livre “En Attendant Camille, Le monde s’écroule” éditions du Vent 2006.

Exclusivité web

Lundi 27 octobre2008

Livre auteur malouin yann chollet 2003

En exclusivité, page 231 à 238 du livre ” En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule ” de Batistes, aux éditions du Vent. Roman Noir disponible à la commande dans toutes librairies sur demande. Ou à Yann Chollet, 13 rue des Venelles, 22130 Plancoët. (Envoi du roman contre chèque de 21€).

 

Le narrateur parle de sa fille décédée

 

Tes questions te rapprochaient de moi. Tu devais me survivre. Aline me ressemblait, elle était mon double, douée d’une intuition si forte. Avant que je parte pour ce maudit reportage, elle m’avait crié par la fenêtre.

- « Papa reviens vite, je t’aime ? Ne pars pas ».

Comme si elle avait senti que nous ne nous reverrions jamais plus, elle m’a interpellé pour un ultime regard. Une fois encore j’aurais dû l’écouter. Mais ma soif d’informations, mon besoin de travailler m’avait poussé à ne pas l’entendre. Je la regardais, la tête collée contre les carreaux du premier, de la voiture, ne sachant pas que je buvais ses derniers mots, voyais son dernier sourire. Qu’a fait la vie ?

 

Ce reportage sur la pêche au chalut, j’aurais pu le faire une autre fois, décaler le rendez-vous. Avec des si. Avec des si. Quand je pense qu’au départ, Aline devait m’accompagner. La météo incertaine ce jour là, le vent force 7, la pluie et le froid, j’avais finalement décidé de la laisser à la maison, bien au chaud, et promis de l’emmener une autre fois sur le terrain. Il n’y eut pas d’autresfois. Il n’y eut plus de reportages avec Aline. Ma brune aux yeux verts, mon troisième joyau de la vie, si forte et si fragile, à l’image de mes souhaits, sentimentale, cœur saignant à la moindre petite déception. Elle était le reflet de ma personnalité. Déjà bébé, mêmes attitudes, mêmes regards, mêmes passions pour la nature, même naïveté. Les champs de blé sont imprégnés de tes visites et de tes rires. La mer est submergée de tes larmes. Mourir à dix-sept ans c’est mourir trop tôt, mourir dans l’ignorance. On connaît si peu à dix-sept ans du bonheur du monde, des fruits acides et de l’amour. L’Amour dont elle ne saura rien, une si minuscule existence.

 

Tu fus passagère éphémère ici-bas. Ô combien de nuits douloureuses sont passées sans toi et sans les autres. Je me suis senti si dépourvu par votre absence, vous me manquez autant aujourd’hui, que ce jour noir. Ce jour béni par un dieu aux mains sales, au cœur de granit, à l’absurdité. Ce dieu des hommes qu’ils disent bon. Pourquoi ? Pourquoi ils y croient à leur dieu de malheur, qui laisse les âmes en peine et les déchirures, les plaies béantes et les injustices s’immiscer, les guerres saintes et l’inquisition se perpétuer, le pardon du culte et l’absolution exister. L’absolue absolution. Ils me font rire à croire à cela, cachés dans l’ombre des églises où ils se font pardonner des pires pêchés les plus abjects « face au curé, qui dans la lumière grise, ferme les yeux pour mieux nous pardonner » les mauvaises dérives. Ce Jésus qu’ils invoquent me fait honte lorsque j’entends l’homélie. Cette homélie qui parle d’Apocalypse et de résurrection à la fois ! De bonté et de morts. Du bien et du mal. Bref, je suis définitivement fâché avec les églises et ce brave pape qui est déjà dans l’autre monde, solitaire.

 

Mon Aline est morte pendant son sommeil. Elle est dans son lit à écouter une dernière chanson à la radio. Elle vient d’embrasser sa grande sœur, sa mère, Benjamin. Elle pense à mon retour, où je viendrais sans la réveiller, me coller contre elle, lui dire quelques mots choisis. Des mots doux et tendres aux couleurs de notre amour. Elle va s’endormir et rêver, Aline. Elle va partir vers le grand sommeil pour se revigorer et penser à papa qui sera là, demain, au réveil. En se couchant, elle a pris la photo au-dessus de son lit. Celle où elle est en équilibre sur mes épaules. Ça la rassurait de la regarder avant de se coucher, encore à son âge. Des fois quand je rentrais de reportages tardifs, la photo était là, à traîner sous les couvertures ou sous sa tête brune.

 

Ma petite drôle, mon bambin. Aline n’a plus revu papa. Papa, seul, t’a revue. Sur un brancard, comme si tu étais plongée dans un simple sommeil profond. Mais ce n’était pas un somme et en te serrant une dernière fois, j’ai divagué. Ce fut comme si les vaisseaux de ma tête se plaquaient contre ta peau, tous unis pour que je ressente un poids lourd et que je perde l’esprit. Je l’ai perdu. Cette impression spirituelle est dure à décrire, tant elle déchire l’intérieur pour pénétrer au cœur de l’inconscient. Elle est plus qu’une déception, c’est une calamité ; une combinaison d’incompréhension et de certitudes, un mauvais mélange de peur et de désespoir. En fait, on ne peut exprimer ce genre de sentiments, car nous avons tous des cadres de référence tellement différents, si éloignés qu’aucune impression ne peut être la même d’un humain à l’autre. Se ressembler éventuellement ! Mais pas identique. La sensation de sentir qu’elle n’était plus vivante fut cela, une émotion indescriptible et déchirante.

 

J’en reviens toujours à ce soir qui ne me quitta pas, que j’ai porté tel un fracas trop pesant, tout le temps qui a suivi. Je cherchais le bonheur sur terre et je n’ai eu que malheurs et abominations. Ce tragique moment a rayé tout le reste, d’un trait, d’un coup porté en pleine âme. Depuis cet instant, le temps s’est sans doute arrêté et, même si j’ai semblé continuer de vivre, c’était à moitié, à quart. Ce quart s’efface au fur à mesure que les jours passent. J’étais grand et ambitieux. Reconnu et apprécié. Heureux et fidèle. Mais ceci n’a pas compté. J’étais aimant et passionné, humain et défenseur des espoirs. Ceci n’a pas compté. Face à mes morts, j’ai mis un pied à terre et débarqué ma haine. Ils sont tous partis et sans moi. Je suis resté et sans eux. Sans eux et mon Aline.

 

Les brisants et les tempêtes m’ont fait plier. Les océans beaux, les valeurs auxquelles je croyais ont disparus. La lune, le jour, la ville, la terre, tout est loin. Les moments sont passés, les souvenirs me déchirent et l’arrêt sur image est proche. Le clac final. Je me suis noyé dans cette longue réflexion confuse sur le monde. Sur ce monde qui est flou, fou, fut. Où je fus de passage ! Si j’avais su. A quoi bon ces journées de voyage, de partage, de plaisirs ensemble. Que reste-t-il des aubes claires, de votre naissance, de nos rires gagnés à même le sable, de cet été sans soleil, de cet automne sans feuilles mortes ? Où sont les chants des oiseaux crieurs, l’horizon qui se dessine, les mystères de la nuit, ce lapin sans nom, cette fée qui déraisonne, la venue magique du père Noël à minuit ? La vie sans vous fut comme un oiseau sans ailes, comme un océan sans eau, tel une nuit sans rêve, un monde sans poète. Alors qui suis-je ? Que suis-je devenu sans vous ? Cette maison est bien vide.

 

Il y a une vingtaine d’années je m’en souviens, ici à cette adresse où tout s’est passé. Claudine : Nos corps s’emmêlaient dans une chaleur éternelle, mes mains caressaient ta peau, nos lèvres l’une à l’autre, dehors la brume. Intense moment qui se prolongeait sur le lit où tu t’allongeais. Sur sa bouche entrebâillée un baiser je déposais. Puis deux. Dans son cœur un soupir passa. Soupir qui se prolongeait pour de longues minutes qui s’allongèrent. Observation, sourire, pénétration, acte d’amour languissant, création, bonheur, silence, quiétude, larmes de naissance. Et neuf mois, Alice. Et quelques années de plus, Aline. Il y avait dans cette demeure toujours une sérénité bonne à ressentir, un bon feeling. Elles sont tranquilles à dessiner un drôle de bonhomme et le silence qu’elles font est si bon.

 

Il est vingt-trois heures bien passées, les mots et les morts déferlent en moi. Je ne distingue plus le vrai du faux. Le fossoyeur est dans la pénombre de la rue. Ankou aiguise sa faux. Je suis empreint à un vague à l’âme qui brûle mes dernières volontés. Elles sont là mais je ne les vois pas. Je la tiens mais ne la sens pas. La tristesse se balade, la déprime est à son paroxysme. Je hache avec mes armes de lettres, le peu de souvenirs qu’il me reste. Ma fille est où je ne suis pas. Ma fille est morte et je ne suis plus.

 

J’entends sa voix au-delà de cette pièce, dans la rue. Non, c’est Camille, j’attends Camille. Ma Camille. Non, c’est une inconnue qui perce mon esprit avec ses fous-rires. Elle rigole au pied la maison. Elle profite du bonheur, de son instant de certitude. Il fait bon l’entendre rire, la deviner sourire, la penser heureuse, la croire éternelle. Juste pour une minute croire que c’est encore possible de survivre, la tête à hauteur des pots d’échappement, sans tousser ; que ce n’est pas utopique d’affirmer que les enfants d’aujourd’hui sont les seuls à pouvoir nous aider, par leur sagesse, leurs mots, leur tolérance, leur réaction. Cet enfant, en contre-bas, enroule mon spleen en spirale d’un cocon de plaisir intense. Mes lèvres se détendent, mes rides se froissent vers le haut, un soupir, je souris, mes yeux se ferment sur l’image pour en faire naître d’autres. L’égarement est divin lorsque l’esprit s’assombrit, quand la vie vous malmène. Heureux celui qui s’égare un temps.

 

Claire vient de rentrer. Elle passe son chiffon sur les meubles et décroche une phrase :

- « Tu es réveillé ? ».

- « Oui, mais je pensais ».

- « A quoi ? Le livre avance ? Tu sais, ils annoncent un hiver doux à la météo ».

- « Le livre avance mais je suis exténué. Et toi, ta journée s’est bien passée ».

- « J’ai réparé les volets du salon et rangé le grenier ».

- « Tu as fait le vide comme je te l’avais demandé. Envoie tout ça chez les parents de Camille, ça pourra leur servir ».

- « Pas d’inquiétudes, j’ai tout trié ».

Les furtives discussions avec Claire sont trop rares. Entre sommeil et monologue, je vis dans une sorte d’ivresse permanente. Eloigné trop souvent de la réalité du quotidien, je n’ai pas le courage de faire mieux ou, du moins, plus l’envie. Pourtant, j’arrive à communiquer avec l’absolu, alors pourquoi pas avec les autres. Ce détachement peut-être ? Ce sentiment d’être déjà loin ? Ce coma éveillé ?

 

Toi ma deuxième fille, toi irréelle, mon évasion du temps passé, ma motivation, tu n’appartiens plus, depuis longtemps, au monde des hommes. Aline.

Batistes

Vision du bonheur (archive)

Dimanche 26 octobre2008

Contact photographe pigiste en Bretagne : yann chollet

- Extrait « En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule » Ed du Vent. Batistes 2006. 

- (Commandez ce roman de 280 pages à  : Ed du Vent, 13 rue des Venelles, 22130 Plancoët) Envoi à réception du chèque de 21€.

 

Page 255 à 262 

 

” Bonheur ”

 

« Réveil fracassant, mal de tête, douleurs physiques, morales. Brouillard, brumes. Ce matin se lève et je chavire. Gorge sèche, oeil éteint, respiration lente, je dérive. Mes yeux s’ouvrent, se referment. Ma bouche émet les sons que ce dictaphone enregistre. Si je ne l’avais pas allumé, qui l’aurait fait. Allons-nous enfin connaître les dernières pensées du mort, sa vision finale sur ses contemporains ? Les derniers mots du condamné ? Que pense-t-il le damné qui dérive ? Il ne pense plus beaucoup mais dégueule ses paroles instinctivement. Je ne sais si je pourrais me lever jusqu’au pot, la force me quitte. Vais-je me vomir dessus ou baigner dans mon urine. Est-ce mon ultime recours !  J’ai repris l’apparence d’une bête malade qui se renferme sur son mal. Cette dégradation m’effraie.  - « C’est la nature, ne t’inquiètes pas » semble raisonner dans ma tête.

 

L’effort est vain, la carapace est brisée. La mort approche et je voudrais parler du bonheur pour m’en nourrir avant de mourir, pour attiser la curiosité des autres. Une fois encore, pour me dire que tout ne fut pas vain : ni ma jeunesse, ni mes amours, ni ma famille, ni mes filles, ni ma femme et, ni Camille, la seule qui restera. Ni vous, les autres que j’ai croisés. Ce livre, image instantanée de notre époque, n’est qu’un fait divers parmi les autres ; il laisse un instant qui sera détruit par ceux qui le liront et ne pourront s’empêcher de dire que je suis fou, que le monde va bien, que nous sommes heureux, que l’Afrique ne meurt pas du sida sous nos yeux. Il y a une certaine forme de révisionnisme perpétuel dans cet aveuglement quotidien. Ceux là, je les emmerde d’avance.

 

Je veux parler du bonheur qui n’est pas si loin. Je l’ai rencontré, le l’ai vu, tenu dans mes mains. Lorsque je le tenais, je ne le lâchais pas. Il faut le tenir, le serrer le bonheur quand il passe, car après c’est trop tard. Il ne faut pas l’espérer sans cesse mais le saisir, à bras le corps, au présent, sans se soucier des lendemains qui déchantent. On m’a offert du bonheur dans ma vie et j’en ai profité. J’aurais voulu le transmettre un peu plus mais le temps s’évade, le temps me l’a repris.  Je m’en souviens, il en reste en moi. Plus que le saisir, il faut s’en imbiber.  Savoir s’en imprégner afin de mieux le véhiculer. Le transmettre comme une pierre précieuse.

 

Je marche sur la plage, le sable fin me frôle le visage, les embruns salés volettent dans la brise. Au loin,elle est là.  J’ai dix ans mais je vois en regardant la mer, le bonheur qui passe. Le son des vagues me parvient, me pénètre, la mer résonne et je suis bien. C’est cela le bonheur simple.  Il est seize heures, je suis chez ma grand-mère, j’ai quatorze ans. Elle me prend dans ses bras, m’enlace.  Contre ses joues molles, je pose mon visage. Mon coeur bat la chamade, j’ai des frissons. Une chaleur m’envahit et pas un mot, je suis bien. C’est cela le bonheur.

 

Je m’endors chez moi, maman vient m’embrasser ; elle me raconte une dernière histoire presque silencieusement pour me bercer ; passe longuement sa main sur ma joue, dans mes cheveux ; me regarde en souriant, puis me souhaite bonne nuit en tirant les rideaux pour cacher la lune. Je suis apaisé, détendu. Mon père vient à son tour m’embrasser. Son haleine nicotinée ne m’empêchera pas de dormir, je pense déjà aux promenades du dimanche en forêt. C’est cela le bonheur.

 

Elle est belle, elle est douce, elle est jeune. Je viens de rencontrer le premier amour, le vrai. Le véritable amour peut-il exister à seize ans ? Je sors le soir avec elle, nous partons pour de longues balades. Les baisers sont doux, ils enflamment la peau, font frémir l’intérieur. Les mains caressent, les regards pétillent. Les mains caressent, le sexe se réveille. Il bande comme un bois dur. La fente de l’autre s’humidifie. De deux formeront un. C’est chaud, c’est bon. L’amour est langoureux, limpide. Et une fois encore et encore, on en redemande. Mes doigts s’immiscent dans les chairs humides, avec délicatesse et volupté, offrant à volonté gémissement et jouissance.  C’est cela le bonheur.

 

Je suis inconscient, dix huit ans, mes copains viennent me chercher. Nous partons pour des soirées d’ivresse, des soirées à fumer des joints sans compter. L’explosion est totale, les rires remplacent les gueules fades affichées au lycée. C’est du délire, les filles se donnent, s’offrent.  Nous écumons les bars, de rencontres en rencontres, de villes en villes et, la plage est le lit idéal. Nous finissons la course diurne, étalés sur le sable avec une blonde, une brune, une rousse. Chacun dans son coin avec une fille : ils étaient là, cachés sous la tente. Personne ne volait leur intimité. Qui le pouvait ? Leur univers à l’instant du premier baiser, attendu depuis des jours, n’était fait que de dérision et d’insouciance. Sur la sable, en ce moment de pur paradoxe, entre la réalité du baiser et l’immensité de cette confusion, ils s’aimaient sans attente et sans envie matérialiste. Il tenait contre lui cette passagère d’un soir, d’une semaine mais qui comptait déjà tant. Elle se laissait faire, docile, tranquille, en écoutant le flux et reflux du vent dans les rochers. Il était chez lui et il voulait déjà la garder ici. Elle était en vacances et savait qu’elle repartirait. Mais rien de cela et rien au monde ne pouvait les empêcher de croire qu’ils s’aimaient. Oui ils s’aimaient c’est sûr. Ils pensaient bien que cet amour sans lendemain valait la peine d’être consommé, le coeur battait après tout, n’était-ce pas l’essentiel ! Brunes, blondes, rousses. Elles sont plusieurs, elles aiment ça, nous aussi, l’amour fleurissant, les sensations des premières heures, des premières larmes. C’est cela le bonheur.

 

Je rencontre Claudine, nos corps s’embrasent, nos bouches s’embrassent, nos mains se resserrent. Elle est jolie, douce, délirante. Je suis cool, beau, délirant. Je l’emmène voir l’horizon en lui dictant des mots choisis au hasard dans ma tête et qui s’unissent pour former un poème. Séduite, elle se laisse toucher. Nos âmes se soudent, elle halète. Puis, nous regardons encore au loin, cette île qui ressemble dans la nuit à une tortue à fleur de 259 vague. Nous fumons quelques cônes, toujours, nous buvons quelques verres, encore. Les réalités s’estompent.  Nous projetons un avenir à deux. C’est cela l’amour. Le bonheur.

 

Nos amis sont là pour fêter un anniversaire. Les plaisanteries et les histoires animent le temps qui coule. Il n’y a ni méchanceté, ni haine. Les amis sont bien, nous aussi. C’est cela le bonheur ! Un matin, le soleil se lève, le monde respire sous sa chaleur. J’ouvre les volets, les gens passent sous la fenêtre. Je regarde ces gosses qui jouent, je rêve, je pense, je réfléchis ; j’espionne la voisine voilée derrière les carreaux, qui se déshabille lentement sans penser à la joie, que la vision de son corps inaccessible, me procure. C’est cela le bonheur.  Claudine vient m’apporter mon petit déjeuner au lit, elle me sourit, me dit bonjour. C’est cela. Ma fille va sortir du ventre de sa mère. J’entends son premier cri, boit son premier souffle. Je regarde l’infirmière, ma femme. Ma femme, l’enfant, l’infirmière, le doc. C’est beau. Je ressens quelque chose d’unique, de divin. Je la prends, la découvre pour une première fois. Elle semble me sourire, je souris. Je suis abattu, je tiens debout. C’est. Du bonheur.

 

Il y a donc du bonheur bon à prendre partout. Dans les moindres attitudes, sous toutes les latitudes, dans les moindres endroits de la planète pourvu que l’on veuille le recevoir, le voir, l’accepter, le transmettre. L’instant, le présent. Ne pas attendre demain : « Only one life ».

 

Demain je meurs. Ne pas attendre l’absolu bonheur.  Demain je meurs. Non, il ne le faut pas. Ne pas attendre les soirées dans les palaces, les voitures de luxe, les voyages à prix forts, les affaires et les gains. Le bonheur chemine discrètement autour de nous, il ne s’achète pas.  Il est dans un regard, une poignée de main, un sourire, un mot, une phrase, une prose, une chanson, un geste, un coup de téléphone, un livre. Une rue, une ville, un dialogue, un sage qui parle, un chien. Il est là. Il passe et s’attrape. Le bonheur, c’est celui qui peut faire changer les hommes. Les rendre indulgents, raisonnés, raisonnables, compréhensibles.

 

Bien souvent, les yeux sont clos, malheureusement, l’écoute parasitée par des mauvaises ondes et par ces phobies engendrées par les armes bactériologiques dont parlent les radios, dans un flux discontinu. Ces images laissent peu de place pour penser au bonheur. Le doute qu’ils redoutent. L’incertitude. Alors, on pense qu’il n’est que pour les autres ce foutu bonheur ; qu’il n’est pas passé et ne passera jamais. Celui qui le croisera pourvu qu’il le reconnaisse et sache s’en servir, pourra changer la face du monde. Ce sentiment savoureux apaise les humains. Il faut le transmette par delà les monts et vallées pour que vive la terre. Il doit survivre, le bonheur.  A ce jour, il est réduit à néant. Les tarés peuvent frapper à tous moments. Les fanatiques de tous genres vont sortir les vieilles maladies pourries des sacoches poussiéreuses ; peut-être parsemer la terre de graines de terreur ; ruiner le si peu d’espoir qu’il restait. Les croisades chaotiques ont repris. Les fous furieux frapperont à l’aveuglette sans se douter qu’ils ont tort : ils pensent avoir raison, veulent devenir les maîtres du monde au nom d’une religion. Guerre de religion. Guerre de concassage. Tas de chair humaine. Chère humanité, où es-tu ? Je veux des lendemains sans eux. Je veux l’arrestation des pollueurs de bonheur et de mes plages.  Je veux qu’ils portent la croix du mal qu’ils ont généré, afin dans sentir le poids. Les maîtres du monde ont l’argent, dominent l’économie, maîtrisent les âmes et jouent avec nos nerfs.

 

Le bateau des illusions flotte sur un océan de scepticisme. Faudra-t-il reconstruire une arche de Noé ?  Vivre sur un radeau de la Méduse ? Les hommes sont sur un navire voguant vers une destination inconnue. Dans la tempête, espérons qu’ils ne fassent pas naufrage, ils ont déjà chaviré si souvent, laissé tant de morts dans le sillage. Je redoute que les vagues ne les ramènent en poussière d’écume sur les rebords du monde, en un raz de marée difficile à contenir. Il est là, ne le laissons pas s’échapper par notre inertie permanente.  Ne le cassons pas. Ne l’oublions pas. Ravivons et transmettons la flamme d’où jaillit ce bonheur ».

 

batistes@aol.com


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