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Les Affreux !

Jeudi 15 décembre2011

photographe professionnel à saint-malo

photographe professionnel à saint-malo

 

Quand tu te trimballe et qu’on te regarde de travers, si les autres semblent te maudire, rigolent derrière toi à l’envers. En ces moments où l’humain reprend sa forme animale pour te couvrir de ses maux futiles et pâles. Ne dis rien, va à la vie qui te mène sans entendre, ne dis rien, oublie cette mélancolie à se pendre.

Quand tu te montres sous tes soleils resplendissants, si les autres paraissent ne pas te voir, font les absents. En ces instants où l’homme retrouve son esprit « javelisé » pour te taire de son ignorance exacerbée. Ne dis rien, va à la vie qui te mène sans attendre, ne dis rien, fais comme si tu semblais ne pas comprendre.

Quand tu es seule, entendant monter les bruissements de la rue, si les autres sont dehors et qu’ils ont déjà bu. En ces minutes où l’ivrogne n’est plus que moins, t’insulte de tout mot comme un chien. Ne dis rien, va à la vie qui te porte vers ton bonheur, ne dis rien, laisse vivre ton cœur.

Ne dis rien, pars, fermes tes yeux et va à la vie qui te va…

…sans te soucier des affreux…

batistes ©

Saint-Malo futuriste !

Samedi 22 octobre2011

Saint-Malo comme vous ne l’avez jamais vu !

On connait la ville de Saint-Malo en Bretagne, formant un Dogme avec ses remparts dressés, ses bateaux, ses mouettes, ses marées, la couleur de sa mer Emeraude. Saint-Malo, la cité corsaire, intemporelle, splendide avec son image statiquede ville fortifiée.

Le sable de la plage du mole, de bonsecours, de celle du sillon… Saint-Malo, île devenue accessible mais gardant son empreinte d’hier. Le Grand bé, Cézembre, ses forts posés sur l’eau. Ses bateaux de pêche, ses boutiques et commerces, ses grandes entreprises. Tout cela forme un Saint-Malo incontournable. C’est pourquoi, fort d’une envie de projection dans un futur où la consommation tient sa place, voici en une et une seule image, une photo retouchée, la vision d’un Saint-Malo futuriste qui prendrait des allures d’un monde contemporain. Saint-Malo deviendrait alors à l’image du monde et des mégacités, des grandes villes et de ses artères improbables… Un monde où le passé s’enfuit tandis que l’avenir se dessine à l’horizon.

Certes l’image tend à défigurer ce que nous connaissons mais parfois il est si bon de déformer l’existant pour laisser paraître ce que l’epsrit humain peut faire naître !

Bref : Voici Saint-Malo dans un futur proche, futuriste !

Image interdite à la reproduction sans accord

Pouvez laisser vos commentaires en dessous !

Petite poèsie passagère…

Mercredi 5 octobre2011

Saint malo 2011 par yann chollet

Saint malo 2011 par yann chollet

 Toutes mes photos et textes sont interdits à la reproduction sans accord !

 

 

(le mole de Saint-Malo - Photo Yann Chollet 2011)

 

La vie sans toi

Est comme un oiseau sans aile.

Je me perds moi-même.

 

La vie sans toi

Est comme un océan sans eau.

Le passé s’enfuit.

 

La vie sans toi

Est comme une nuit sans sommeil.

Je t’espère tu es absente.

 

La vie sans toi

Est comme un monde sans poète.

Alors qui suis-je ?

 

Batistes. 1985

Facebook ! Mon ami…

Mercredi 21 septembre2011

 

Fleurs des montagnes à 2500 mètres. Photo yann chollet 2011

Vous êtes gracieux et forts, à tel point que vous arrivez à vous voir tel que vous n’êtes pas ! Votre imaginaire dépasse de 100 fois, la réalité qui vous entoure, si bien que la fusion de votre esprit est capable d’engendrer des cataclysmes spirituels au plus profond de vos propres cerveaux.

N’y a-t-il point de formules mathématiques pour élaborer un projet, qui permettrait d’entrevoir l’an 2500 survivre à tant d’idolâtries intérieures ? Mettez des yeux à l’arrière de vos visages plutôt que de les fermer !

Regardez bien en dedans de vous, pour comprendre ce qui s’y passe vraiment ! Car ailleurs, du côté des sentiments profonds, les vrais, ceux qui font d’un humain un être, il n’y a pas d’amis qui vous attendent, ou si peu que vous pourriez ne rien comprendre à cette solitude inattendue lorsqu’elle viendra s’immiscer pour de bon.

En cet instant seulement, votre esprit se réveillera, trop tard, pour laisser entrevoir un phare, une bouée à laquelle vous accrocher, en espérant qu’elle tienne ; alors qu’au loin, vous verrez « les bateaux » s’éloigner et avec eux, tout l’égocentrisme qu’ils avaient à leur bord, à vous parler de vous comme un ami alors qu’ils parlaient d’eux.

C’est ce qu’il restera en 2500, quelques bouées et quelques phares dans la brume de nos incontestables absences !

Sur l’océan d’un monde accaparant nos pensées, de jours en nuits, en fond de toile l’horreur écologique et l’inhumanité, il subsistera de nos perditions dans le virtuel qu’un vague souvenir d’un instant qu’on croyait beau et qui en fait ne l’était pas…

” Si et seulement Si ! ” Poème contemporain.

Jeudi 20 janvier2011

Yann chollet journaliste photographe publicitaire en Bretagne. A Saint-Malo, Dinard, Plancoët

Yann chollet journaliste photographe publicitaire en Bretagne. A Saint-Malo, Dinard, Plancoët

 

 

Qu’est-elle ?

 

Dans les névralgies de mes interstices cérébrales

Les idées semblent voguer sur un océan fané.

La beauté enivrante de cette rose fatale,

A longuement plané au-dessus des airs embrumés.

 

Est-elle vision passagère due à mes maux ?

Mes paupières sont si lourdes de penser,

A son éternelle jeunesse du marbre au berceau,

Qu’hier encore, j’ai cru l’apercevoir, passer.

 

Etrange sensation de la sentir à deux pas,

Doux ressentiments de la croire à m’attendre,

Elle qui n’appartient à personne fait vibrer mon émoi,

Cette femme pudique pour qui j’oserai me pendre.

 

Son parfum apothéotique poursuit sa route en ville,

Les hommes bien que la désirant l’ignorent, elle impose.

Nul ne sait si l’aborder serait compliqué ou facile,

On connait peu sa vie, les rumeurs disent tant de choses.

 

En me promenant dans les artères blessées de ma tête,

Le paraître s’évertue à brouiller la vision, les pensées.

Ce dont je me souviens d’elle, d’un coup s’arrête !

Est-il question d’amour naissant, futile, empressé ?

 

Les mains se rejoignent, se serrent, se frottent lentement,

Les yeux partent à droite, à gauche puis reviennent.

De ces soirs où je t’aimais plus que moi-même, je ressens,

Les odeurs de fleurs, de blés coupés qui me parviennent.

 

Là-haut plus loin, là-bas au sud si la vie s’estompait ?

Les sillons se forment, disparaissent à la surface,

Adieu la nuit, les songes, ces images s’effacent,

De cette femme n’existant pas dont hier je rêvais !

 

batistes 2011.

Saint-Malo, auteur maloui, journaliste à saint-malo, photographe à saint-malo, auteur à saint-malo, publicitaire saint-malo, agence de publicité, site internet sur la région de saint-malo.

Et si je vous parlais !

Mardi 11 janvier2011

 

Et si je vous parlais de la folie des déviances d’Internet,

Que cette folie était contagieuse.  

 

Et si je vous parlais des cerveaux de ces enfants scotchés,

Devant les écrans et les claviers.

 

Et si je vous parlais de ces boites qui conservent tous vos souvenirs,

Et que ces souvenirs sont ceux des consommateurs que vous êtes,

Dont les données rapportent vos sentiments et de l’argent !

 

Et si je vous parlais de l’indifférence dans laquelle les négociations se font,

Que ces négociations ne vous regardent plus.

 

Et si je vous parlais de vos amis devenus les miens,

Que les amis de mes amis sont devenus les vôtres,

Et que je n’ai plus d’amis.

 

Et si je vous parlais de ce téléphone dont la sonnerie ne sonne plus,

Parce que le monde s’écrit au virtuel,

Et que je n’avais plus le temps de t’appeler.

 

Et si je vous parlais de ces êtres humains attendant des réponses,

D’une entreprise ayant perdu son capital,

Mais que ce capital existe encore et que certains font toujours de bonnes affaires.

 

Et si je vous parlais d’une presse écrasée par des vérités incontrôlables,

Que les informations courent plus vite que le journal,

Et qu’un journal en retard a perdu sa raison d’être.

 

Et si je vous parlais des ondes qui nous traversent,

Que ces ondes négligent nos existences au nom de l’ignorance

Et que des ignorances il y en a eu tant d’autres avant.

 

Et je vous parlais du grand silence à venir, de ce temps où il sera trop tard,

Lorsque viendront tant de désillusions mourir au bord de nos absences.

 

Le dialogue est rompu ! Chut.

Place au vide et au silence sur les cris du monde.

 

Batistes 2011

Un jour se vide !

Dimanche 4 octobre2009

photo : Yann Chollet 2009

photo : Yann Chollet 2009

On voyait sur le sable, des coquilles de noix,

Les rêves ici bas n’étaient pas taillés pour moi.

Sur l’horizon s’étendait tel un pâle chagrin,

Un air qu’on siffle, qui flotte et ne sert à rien.

 

On voyait sur la mer, des tourbillons frissonnants,

La lagune plus bas s’étalant vers le tourment.

Posée sur le vent, les rochers, mon âme déchirée

S’estompant aux regards des passants dépassés.

 

On sentait ce parfum fleurir, des ombres derrière la dune,

Nos ciels évaporés, ce tumulte sous la lune.

Et après ?

Ces solistes jouaient une musique lente, presque sourde

Que cette vie sembla lourde !

 

On fanait sous les yeux de ce monde déserté,

Jour après jour, au fil des heures décimées.

Ce cri parvenait du bout de la terre,

Fermer les yeux, mourir et se taire.

Et après ?

 

On ne voyait plus,

Que nos rêves fanés ici et là,

Se balancer au coin de la rue,

Mémoire te souviens tu de ça ?

 

Non, je ne me souviens de rien !

De ces images reste un carré blanc,

Avec en son centre une boule qui tient,

Par un fil quelques sentiments.

 

Et après ?

J’ai coupé le fil !

 

Batistes 2009

L’étoile du jour

Dimanche 22 février2009

 

Le temps passe, le monde tourne, je tourne avec lui en une éternité d’étoiles.

La vie s’étend, le sentiment de vivre s’installe, j’aimerai tant mettre les voiles.

Mais je me sens parfois si fatigué,

Je me sens parfois si cassé,

Parfois je me sens si vide de sentiments,

Tout simplement, je ressens l’envie de décrocher un temps.

 

 

Pas plus de solutions ne viennent à l’aurore de nos besoins, infimes soient-ils.

La vie s’étale sur nos routes, qui se croisent, qui se perdent, quelle heure est-il ?

Et je me sens parfois si stupide,

Je me sens si souvent livide,

Parfois je me sens pourtant si libre de tout,

Si triste aussi, comme posé aux abords d’un gouffre, c’est fou,

Combien on peut se savoir inutile,

Dans un univers fait de mille petites choses futiles.

 

 

Le miroir est parfait, le reflet est beau, un être en deux images.

Le chemin s’éclaircit, la douceur revient sur le visage,

Même si je me sens si seul,

Parfois même si seul au milieu de la foule,

Je me sens si faible comme un corps voguant sur la houle.

Si fort des fois, mais l’écume étouffe le beau,

La tête reste juste à mi-hauteur entre deux eaux.

Yann Chollet 2009

Poésie d’un soir

Samedi 21 février2009

Couché de solei plage de Saint-Jacut de la mer en Bretagne 2010 

Le soir après une journée qui s’est enlacée comme une ceinture autour de la taille

On aurait pu penser que nos vies étaient attachées à quelques drogues

C’est sur, on aurait sembler croire qu’un shout aurait résolu les failles

Pourtant petite, tu vois, les drogues n’apportent aucun des délires promis

Et tu pourrais bruler ton amour autour d’une soirée où il te proposerait une ligne.

 

Avec moi, c’est clair, le ciel serait plus bleu que la noirceur de tes nuits

Même si tu te brulerais à chercher ce que j’en pense, parce que je suis ailleurs

Dans un lieu peu banal, toujours, avec une idée bien placée là-haut, l’idée que la vie s’enfuit

Alors une goulée de plus, vois-tu, semblable, l’idéal n’est pas arrivé à l’heure.

Ça chauffe à l’intérieur, il me donne envie de tout détruire.

 

Je t’assure que la poésie m’aidera à ne pas plier devant les intrus

Brulante vague de haine qui s’écoule et s’estompe en un moment

Voilà enfin le moment venue de t’épauler et ensuite, l’exportation vers l’inconnu

Musique, puis solitude, le vide et c’est l’indifférence, oui voilà, je suis indifférent.

Danses, oublie toute cette merde ! Particule élémentaire devenu être. Bye, bye.

 

Une puissance flotte au-dessus de nos âmes, le soleil, lui,

Se trimballe comme un vieil air des Verves qui réconforte le silence.

C’est bon finalement d’écouter les Verves parce que je m’oublie

Et toi tu t’effaces, avec toi s’efface cette balade qui balance.

Que te dire de plus? Bonne chance !

Batistes

Les culs terreux d’ici et d’ailleurs…

Mercredi 29 octobre2008
plage du sillon saint malo

Marcheur sur la plage du sillon à saint malo en bretagne. Yann Chollet

 

 

 

Avis

 

Les culs terreux ne comprendront pas, je veux parler des vrais, ceux qui n’ont pas imaginé qu’ailleurs existait une terre insolente où le rêve avait sa place. Puisque tu viens d’ailleurs, toi la parvenue, ils te diront, te regarderont, feront semblant de te laisser croire ! Le cul terreux est, par principe même, l’anti-extérieur. A savoir, ce qui n’est pas connu est dangereux, ce qui n’est pas connu ne mérite pas, ce qui n’est pas connu dérange. Donc toi, tu déranges puisque tu viens d’ailleurs. Effectivement, tu viens d’une vingtaine de kilomètres, mais pour eux c’est si loin !

 

Les culs terreux ne sauront pas te conseiller mais te souriront inlassablement, ils t’écouteront pourvus que tu parles d’eux mais ne t’entendront pas si tu veux te présenter, marcher à leur côté. Si tu leur rends service, ils t’aduleront presque, du moins en faux puisqu’ils ne connaissent pas la sincérité. Ils te diront merci en public et le soir te pourriront en privé. Et avec le temps ne se souviendront de rien, puisque tu n’es rien, pour eux.

 

plage sillon

la plage du sillon à saint malo. En bretagne les nuages passent, le temps file. Photo yann chollet

 

Devant la foule, ils te serreront les mains à la manière d’un député en mal d’électeurs, mais plus tard, ils se laveront les doigts pour ôter discrètement la salissure de toi, qui vient d’ailleurs, qui impose l’interrogation, cette salissure qui inspire plus le danger que la sérénité. Oui, tu es d’ailleurs et sans doute que ton intelligence, ta différence, leur fait si peur. Ils ne comprennent rien.

 

Et pourtant, s’ils te connaissaient mieux, s’ils avaient apprit à te comprendre, à t’apprivoiser, peut-être serais-tu devenue leur amie, partiellement. Malheureusement, ils ne savent n’y écouter, n’y observer, ni comprendre, ni prendre des décisions, ni aimer ceux qui viennent de plus loin.

 

Ils savent sourire certes, ils savent saluer certes, ils savent rire certes, ils savent peu de choses en fait certes. Pourquoi ! Parce qu’au-delà de leur univers, qui se résume à une distance de 20 kilomètres autour de chez eux, ils ne connaissent le monde que par le journal de 20h ou celui de 13h, un voyage. Merci Patrick Poivre d’Arvor, tu es la littérature des Culs terreux. Imagine ! Peut-être feront-il un saut sur Internet de temps à autre pour s’abreuver de désinformation, quoique ! Tu vois, toi l’exclu, la différente, toi l’affreuse, la maudite, ta place n’est pas ici. Pas chez eux. Chez eux, ils sont chez eux. Et toi tu es chez eux ! Moi, chez eux maintenant c’est chez moi, donc…n’approchez plus, vous puez !

 

S’ils ont un poste vacant qui te conviendrait, ils t’oublieront, ils oublieront ce que tu as su donner par respect, par passion, par amour, parce que toi, tu n’avais pas compté pour offrir à leur enfant le meilleur, à leur famille un sourire, toi tu es ce qu’ils ne seront jamais, la générosité. Tu avais tout donné, sans exigence, tout simplement par plaisir, par ouverture d’esprit ! C’est l’une des choses quite différencie d’eux, rassures-toi, de ces putains de culs terreux. Ces culs terreux qui peuvent être maire, qui peuvent être conseiller communautaire, qui peuvent être prof, qui peuvent être un peu ici et là. Au bout du compte, ils me gavent ces nazillons de pacotilles ! Au bout d’un moment, ça énerve et je lâche le morceau, je parle un peu, plus. Ça fait trop longtemps, le silence, fait chier. Trop longtemps, je leur ai offert leur chance, trop longtemps j’ai écouté leur discours et rien. Allo, toujours rien. Trop longtemps j’ai épaulé leur pensé, rien, trop longtemps je me suis tu et toi, tu t’es tue aussi, alors.

 

Bon bref, une chose est sur, les culs terreux sauront une chose, se reconnaître dans ce texte et entendre mon message. Qu’ils le lisent et relisent le soir et surtout qu’ils ne pensent pas que je parle d’un autre, oh non : « Je vous emmerde bande de culs terreux de merde ».

Pendant ce temps, j’invente la poèsie et me soule du monde qui m’entoure et me surprant, je continue ma course, mon chemin ne s’arrête pas à vos petites vies restreintes.

batistes

Précision : ” Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ces lignes imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui sont là ; quelque-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger, qu’est l’écriture.

Par conséquent, âmes timides, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexploirées, dirigez vos talons en arrière et non en avant. Ecoutez bien ce que je dis : dirigez vos talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup par un vent étrange et fort, précurseur de la tempête…”

Préambule des Chants de Maldoror. Lautréamont….

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Poème Logarithmique

Mercredi 29 octobre2008

Impression de la bretagne le soir, du côté de saint malo

 

 

Je l’écris, je le lis, je le prends, je le froisse, je le casse et je le brise. Je le médite, je le jette, je ne lis plus les journaux.

Ils dressent des barrages devant mes illusions de savoir, de connaître, d’être, de rêver. Penser merde, c’est la seule chose qu’il nous reste.

Va rêver toi l’inconnu. Toi, oui toi l’artiste du désespoir, celui qu’on regarde et qu’on méprise. Celui qu’on interpelle et qu’on jalouse.

Toi, l’écrivain, le songeur, le poète, le philosophe du soir, range ta mémoire ailleurs. Dans tes cartons de solitude. Ferme les placards de ta tête et ta gueule. 

Oui, toi le minable rêveur, va rêver autre part. Dans un endroit où l’on ne t’entendra plus. Va briser tes utopies sur les murs des calomnies, des habitudes qui lassent ta vie.

Va marcher dans l’ailleurs de fortune, va gerber ta vomissure et tes phrases sur du papier chiotte. Ne pense plus, écoute le son de la dictature qui s’invite. Ferme le robinet de ton inspiration et lis sans comprendre.

Ah, toi, le peintre du monde, le maudit littéraire à la plume cassée, le diable d’écriture. Retourne dans ton isolement solitaire et crache ta bavure sur ton chevalet de feuilles blanches.

Ecoute, écoute le son des pouvoirs qui envahissent la parcelle qu’il te restait. Celle où tu pensais te réfugier en cas d’insurrection, en cas de doute, en cas de cassure. Ce coin où tu aurais pris le temps de vivre, un instant, 5 minutes à l’abris du chaos qui s’annonce.

Alors rédige le cahier de ta dernière heure, lance les mots qu’il te reste, passe de l’ombre au jour sans te poser de question et sans te retourner. Ne soit plus un autre, ne te cache plus, ne lis plus les journaux et  jette ta télévision par la fenêtre de la sincérité.

Sache qu’il ne te reste que quelques jours, quelques minutes de plaisir. Regarde l’enfant, la femme, la beauté, le monde et surtout si tu veux encore un peu de temps en plus, garde l’énergie, l’espoir et les utopies que tu pensais disparues…

Et la phrase d’un ami qui termine ” …Je leur pisse à la raie en Spirale Logarithmique…”.

Yann Chollet 2001

Petite pensée nocturne (archive)

Mercredi 29 octobre2008

 

Le mole de saint malo par yann chollet

Le mole de saint malo par yann chollet

 

 

Petit texte du soir…

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, j’ai rêvé du bonheur. En me levant, j’ai vidé ma tête pour mieux entrer dans ce moule, façonné à coup de marteau par les autres. J’avais c’est sur fait des songes d’une vie normal, d’un monde dont le souvenir me ramène à ma naissance, mais la donne a changé entre temps, me portant vers un idéal tronqué par l’absurdité extérieure. Je ne recevais que des fausses notes, je n’entendais que rires éclairés à la lumière des péchés. Les hommes n’étaient pas sérieux, même pires, ils se soûlaient de passivité et d’ignorance. Ils croyaient avancer mais reculaient inlassablement, toujours inlassablement. Comme dans le casino où le pire des paumés venait miser et miser encore, gagnait puis perdait, puis gagnait puis finissait la gueule dans le caniveau. L’autre soir, avant de dormir, j’ai croisé un corbeau de cet espèce, j’ai croisé aussi des vautours qui rigolaient de sa déchéance, j’ai croisé plus loin un mendiant, et l’absence entre les trois. Alors j’ai marché sans me retourner, en silence passé le coin de la rue, puis marché encore jusqu’à l’ivresse, jusqu’à me perdre dans le noir de mes pensées, jusqu’à toi l’artiste. Tu dormais, je n’ai pas voulu te réveiller car j’ai cru que tu rêvais encore du bonheur, comme moi, l’autre soir. J’ai lu dans tes yeux la sérénité qui t’est propre. J’ai donc passé mon chemin, refait la route en sens inverse, ignoré une nouvelle fois la connerie humaine.

 

Pouvais-je marcher des heures ainsi en quête de certitudes ou devais-je retrouver les songes d’une nuit paisible. J’ai erré pendant des décennies cette nuit là, ne sachant que faire, ne sachant où me cacher, car je portais le secret d’une absolue vérité. Elle était en mon âme, en mon esprit, en ma conviction cette putain devérité. Je ne pouvais me résoudre à la croire, ni même à l’espérer. Je voyageais depuis si longtemps dans un univers sans place assise, à tenir la boucle d’acier bien en main pour maintenir l’équilibre, à me soutenir à bout de rêves que l’oubli avait précédé le non-sens. Oui, je ne voulais l’espérer cette vérité, mais elle résonnait dans ma tête tel un hymne à la liberté. Que dal mon pote ! Pour toi et les autres, il n’y aura que passivité à moins que tu te lèves la nuit pour enfin vivre tes rêves. Oui, c’est cela, vit la nuit, car le jour les autres réduisent ton espoir en désolation, anéantissent tes joies, tes silences, ta quiétude, ton être. Entouré par ce monde qui s’échoue au bord d’un précipice, qui s’écrase dans l’univers, qui tombe dans l’abîme, l’errance de quelques années te suffira à trouver le trépas. Il est là, il guette à la moindre de tes incertitudes, la moindre de tes faiblesses, pour te briser lorsque que tu courberas trop le dos.  C’est pour éviter le pire que j’ai marché cette nuit là, que j’ai rêvé du bonheur fut un temps. Oui, pour oublier que le néant avance obligatoirement à la croisée des routes, si vite, trop vite, si vite qu’un jour je ne pourrais rejoindre la nuit, qu’un jour les hommes regretteront, qu’un jour la nature reprendra son droit et les terriens avec, et ma tristesse avec, et tout avec…Bonne nuit.

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Batistes

Extrait de “En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule”

Mercredi 29 octobre2008

Extrait du livre de Batistes aux Editions du Vent : ” En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule “. Le roman toujours disponible, uniquement sur commande. Ici page 239 à 246.

 

 

Moutons

 

Le jour se lève, ça me va. Je peux parler des moutons. J’en fus un. Un peu, parfois, trop souvent. Quel humain n’a pas été dans le troupeau ? Je n’en connais pas. Le monde est un grand pâturage dont les pays forment des grands champs, avec au milieu ces bêtes que nous sommes. Des bêtes de somme. Le système est fait de telle sorte que nous ressentons un air de liberté qui n’en est pas un ; l’illusion d’un bien être qui ne l’est pas. Nous marchons dans un même sens, avec une pensée commune. Un seul objectif. Notre bonheur. Pas celui du voisin surtout, le nôtre. Un bonheur indissociable de l’argent qui dirige tout, qui permet l’indépendance apparente, celle qu’on déguise, avant de nous la pointer sous le nez. Cette liberté n’a que l’air et le nom. Nous dépendons d‘un environnement dont nous avons perdu le contrôle. On parlait d’un cadre de référence, propre à chacun mais il s’uniformise peu à peu sur un modèle impersonnel. Le pouvoir d’agir sans contrainte n’existe pas. Il y a toujours un frein à ton ardeur, à tes envies existentielles, à ton bonheur. Pour nier l’évidence, tu finis bien par te contenter du médiocre, hein, l’humain ?

 

Arc en ciel de Yann Chollet

Arc en ciel de Yann Chollet

 

Lorsqu’il n’y a rien, tu trouves toujours un bout de quelque chose pour t’accrocher : un sentiment, une petite joie, un quignon de pain, un sou, un paysage, une création. Une grande surface, une maison avec des volets aux couleurs de la ville. Ils se satisfont de peu, les moutons. On en est même arrivé à parler de démocratie libérale. Comme si le simple mot démocratie ne suffisait plus à ce trompe l’œil ! Le miroir des reflets fonctionne. Il te pousse à penser que ta condition, aussi médiocre soit-elle, est vivable. Ah ! La belle démocratie morose. Mais derrière, la ruée vers la consommation qui s’impose, les vacances dans des parcs à bestiaux, les belles promesses ne sont que lot de consolation, la monnaie d’une pièce. La vraie tranche de bonheur, elle se fait la belle. Tu la vois passer sans pouvoir la saisir. De loin. Sans la toucher, tu l’espères, elle s’absente.

 

Tôt matin sur la ville : yann chollet 2008

Tôt matin sur la ville : yann chollet 2008

 

Alors tu regardes autour toi, cherchant des points de référence, un ancrage où amarrer tes envies, en cas de doute, en te comparant avec ceux que tu croises pour savoir s’ils vont mieux. Les autres, les lobotomisés de la casquette, ceux qui courent après le temps, on leur a dit que l’histoire pressait, que le temps c’était du cash.

- « Il y a toujours pire que soit ».

Du coup, être mieux, c’est avoir du paraître en plus. La comparaison nous renferme, elle nous tient, fait émerger la différence et la jalousie. Est-ce cela l’égalité ? La liberté ? la démocratie ? La liberté de dire un beau “merde” placé justement, au bon moment, face à l’imbécile ou à des pensées sordides ; la liberté de partir sans penser à demain, l’esprit léger, insouciant du regard des autres. Nous passons notre temps à juger les autres et à nous abreuver de leur jugement. A regretter d’agir comme on le pense au mieux. Cette mécanique permet de se rassurer, alors qu’en regardant au-delà de son nombril, en réfléchissant, on voit bien qu’il n’y pas l’assurance promise. Des moins libres ou plus libres. Nous sommes tous dans un même bain d’obligations toujours plus pesantes, dans le même sac. Pourris. Notre vie est planifiée. On croyait pourtant que le système de l’union soviétique était éradiqué. La planification. Par des méthodes détournées, on nous plonge dans une spirale similaire. Plus sournoise, moins visible, voilée. C’est cela notre liberté.

 

Tu te lèves, tu déjeunes, tu pars travailler. Tu manges, tu travailles, tu regardes la télévision. Et s’il te reste un temps, tu t’occupes de tes enfants, parles avec ta femme. Et s’il te reste du temps ! Tu dépenses ton fric, si t’en as ; si t’en as pas, tu te complais à regarder la mer, à partir au jardin, à la campagne, à te nourrir du temps qui passe et annonce la déprime ; tu promènes le chien, ta chienne et tes gosses. Tu ne réalises pas grand chose en te pavanant dans ton fauteuil, immobile, dans l’attente d’un miracle à la télé. Ils n’ont plus cours.

 

photo yann chollet 2008 : contact batistes@aol.com

photo yann chollet 2008 : contact batistes@aol.com

 

Va donc voir les aquariums et ses poissons heureux : des animaux libres. Va regarder leurs tronches devant leurs écrans, pour savoir s’ils sont libres. Va tenter ta chance sur une île déserte, pour voir s’ils te manqueront, avec leurs monnaies, leurs haines, leurs colères et leurs mépris. Les serfs que nous sommes sont contraints aux devoirs, à rendre compte de tout. Regarde ta carte bancaire, elle est symbole de liberté, te dit-on ? Les moutons le savent bien, on leur a dit. Mais non ! Idiots. Elle contrôle tes pulsions d’achats, elle permet l’analyse de ta personnalité et de tes envies, tes besoins. Et puis, cette liberté entre parenthèses, elle dépend de tes bons dépôts en banque, en espérant que ton abruti de banquier ne se soit pas sucré sur ton dos, avec les 6 ou 7% d’intérêts qu’il t’a accordés sur ton crédit et qui rongent tes fins de mois ; ce salaire que ton patron indulgent a bien voulu t’allouer contre un service. Entre les deux, l’état s’est servi copieusement. Tu reçois le reste, c’est déjà pas mal. Lorsque que tu crois en avoir plus, on s’arrange pour te le prendre ou te le faire dépenser. Une publicité bien conçue, un livret avec des pourcentages attrayants, un voyage ficelé, une taxe, une brillante voiture, des cigarettes, une action Vivendi qui va monter. On te le promet. L’Euro. Mais rien. Pire. Les fins de mois passent et se ressemblent. Elles déchirent le cœur parfois.

 

En achetant un maximum de biens de consommation, on a l’impression d’acheter sa liberté. N’est-ce pas ? On se complaît dans ce matérialisme qui nous oblige à croire, que plus on a, plus on est. Ce n’est plus le

- « je pense donc je suis ». Mais plutôt

- « je possède donc je suis ».

C’est navrant d’exister parce qu’on a. On n’a rien. C’est du vide ce que nous brassons. Nos impressions sont faussées et quand on se soulève, qu’on parle trop fort, en quête de liberté, on voit bien que ça dérange, qu’il y a toujours un regard, une voix à s’élever pour faire taire. Qui ne s’est pas fait regarder de travers pour une barbe mal taillée, pour un délit de sale gueule, pour un habit froissé ou un aspect maladif ; pour une tronche mal lavée ou une main en moins ; pour un cri d’espoir lancé vers la mer ou une attitude différente. Cette différence déplaît. Elle fait naître les injures, les sanctions et les mots blessants.

 

Alors certes la liberté est une utopie. Qui ne pourrait dépendre de personne, ne pas être soumis ? L’artiste ? Tourne ça dans ta tête et tais-toi. Va ta route et tais-toi. Suis le troupeau et dégage de mon chemin. Je n’en peux plus de savoir que les hommes libres sont ceinturés. Ça me chauffe la tête de n’être et n’avoir été qu’un pion. L’écriture peut-être m’apporta un vent de liberté mais si infime par rapport à celui auquel nous avons le droit, le besoin pour éclaircir nos jours et nos nuits d’un soleil resplendissant nommé satisfaction.

 

En mettant la liberté dans un moule, on lui a ôté sa raison d’être, son sens. J’ai soif d’être libre de mourir sans artifice. Dans quelques jours, je décrocherai les fils car je suis à bout. Je veux décider de ma mort, que ces gouttes qui coulent dans mes veines s’arrêtent pour de bon ! Tirer un pied de nez à la vie en prenant le choix, en récupérant ma liberté de mourir, le sourire aux lèvres. Je suis au pied du mur mais libre. Quant à ceux qui restent, ils s’étonneront après d’être pessimistes et malheureux, inquiets et mécontents, pauvres et humiliés. A qui la faute ? Aux pouvoirs, aux dictatures, aux insoumis ? Ou pourquoi pas tout simplement à eux-mêmes, les moutons. Ceux qui ne servent pas à décrypter le monde et ne font jamais rien.

 

En coulisse : yann chollet

En coulisse : yann chollet

 

La centralisation des directives dans les hautes sphères nous a conduit à devenir des servants. Eloignés des décisions, nous ne les maîtrisons plus. Cela étant valable dans les métropoles comme dans les moindres petites communes. Ces petites villes, comme il en reste beaucoup, où les habitants ont tissé des unions, une fidélité basée sur le bien réciproque et l’harmonisation des convictions. On ne pense plus mais l’on fait basculer sa tête du bas vers le haut, pour accorder des réponses toutes faites par de petits responsables, des intermédiaires à qui l’on s’en remet et qui, n’ayant pas personnellement plus de liberté que leurs concitoyens, tentent d’en acquérir en faisant de leur pouvoir, une micro dictature à peine perceptible.

 

Celui qui va contre cela, se sentant à juste titre concerné, est évincé par des rires cyniques et sarcastiques, écumé par des rumeurs. La rumeur fait rage dans les campagnes. Les sons de cloches font plus de mal qu’une vérité. Le contrevenant serait réduit à néant par les défenseurs du soi-disant « bien commun » ; un front d’humains se monterait contre lui s’il venait à penser autrement ; une horde aux ordres d’un maire, d’un préfet, d’un député, d’un président de la république, d’un président du monde, d’un dieu se lèverait contre le rebelle. Ni dieu, ni maître, ni Bush, ni diable. Liberté.

 

Alors ma bonne bête, broute. Tu es le mouton parfait, l’être satisfait. C’est le début de l’endoctrinement et tu t’étonnes de ne pas comprendre les fanatiques. Tu comprends quoi ? L’amour, non ! La paix, non ! Le bonheur, non ! Le cul ! Tu ne vois pas qu’on te pousse à répondre oui à toutes ces interrogations qui embarrassent ton esprit. L’arrangement tacite fait l’affaire. Tu restes dans ton coin, tu ne bouges pas et t’acceptes tout. Tu pleurniches, tu déprimes et tu t’en fous. Tu chiales, tu critiques et tu t’écrases au bout. Tu te caches, tu te terres et tu me fais honte. C’est tout le paradoxe. J’aime les hommes mais ils me font honte. Pas tous heureusement. Je m’en remets à ceux-là et à ce monde qui s’incline.

 

Les bruits, les vrombissements, les signes sont pourtant là. Saurez-vous les décrypter ? Ou serez-vous, une fois de plus, encore incultes ? Les enfants auront-ils comme seul patrimoine, une terre glauque en manque d’oxygène, en panne d’amour, emplie de mal de vivre. Ils n’y sont pour rien, eux. Ils ne demandaient qu’à grandir et connaître les prairies vertes, entendre les mots tendres et subir le bonheur. Rien que du bonheur en guise d’apprentissage. Les yeux des bambins sont tournés vers leurs pères, des adultes qui savent plus casser que construire. Parfois inconsciemment d’ailleurs ou impuissants. Mais les petits observent, analysent nos moindres gestes et il se pourrait qu’ils les reproduisent. Ne comptez par sur eux pour changer le monde et payer vos dettes. S’ils peuvent beaucoup, c’est avec vous et votre soutien ? Comment pourraient-ils changer ce monde malade, si les adultes ne sont pas capables de montrer l’exemple ? La solidarité est en berne.

 

On voit qu’ils sont un peu perdus, les enfants de demain. Ils se cherchent un idéal et, plus grands, le trouvent dans des paradis artificiels. On s’étonne alors de les voir délirer dans des soirées folles, qui ne sont finalement que le reflet de la société d’incertitude à laquelle ils tentent de s’adapter. Le seul avenir montré, c’est celui de la compétition, de la loi du fort, d’un drôle d’univers qui déraille, de l’incohérence et des différences, de la justice à deux vitesses. Faites du bonheur avec ça, vous. Expliquez leur pourquoi Papon, Messier, les hommes d’Elf ou du Crédit Lyonnais ou un tas d’autres, se baladent encore dans nos rues. Les images qui défilent devant leurs yeux sont sans cesse plus frappantes, plus dures, plus abjectes, irréelles. On les assaille de mille conneries et on voudrait qu’ils s’en sortent ?

 

A force de nous regarder vivre, les enfants sont-ils condamnés à être ce que nous sommes ? Ce que personne ne pense être et que nous sommes tous. Des moutons !…

 

Batistes

Petite pensée du soir

Lundi 27 octobre2008

 

aldehi à découvrir

Elle repose en paix…

La mer a posé son émeraude au centre du globe.

De mes yeux j’aperçois le berceau.

J’ai reçu des embruns du rocher sur ma peau.

La mer est calme, mais l’avenir incertain se dérobe.

.

La mer a bercé des années mon âme d’enfant.

Elle est repos et sagesse en un seul firmament.

A l’heure ou d’autres s’éclatent sur le ciment

Des marins partiront ce soir sur l’océan.

 

D’une falaise j’attendrai le retour des bateaux

A son pied, des lames s’empalent en un mouvement.

Frères humains ayez pour la mer de jolis mots.

Gardez pour les pollueurs vos pires sentiments.

 

La jeunesse a fleureté avec la vague.

En un flux, elle emporte les algues au loin et avec les souvenirs.

Jeunes filles aux regards sages, n’ayez d’yeux que pour la bague.

La mer traîne dans son sillage, des sentiments et des sourires.

 

Le cœur saigne l’instant d’un présent trop amer.

Le reflux rapporte des boulettes, sortes de galettes noirâtres.

Il est là le naufrage, le jeune goéland n’a plus sa mère.

Deux femmes discutent, tranquillement, en mangeant autour de l’âtre.

 

Les hommes ont posé leur signature sur l’amer.

Encore, une fois, de plus, l’or noir est là au cœur du berceau.

Qu’offrez-vous, êtres humains pour l’avenir de laterre ?

Vos bras, votre cœur en urgence, avant que ne chavire le radeau.

 

« Là-bas monsieur, oui là, plus haut, à droite »…

Au cimetière de l’écologie, la mer repose en paix.

Batistes. (Photo, peinture d’aldéhi)
 
 
 

 

Vision du bonheur (archive)

Dimanche 26 octobre2008

Contact photographe pigiste en Bretagne : yann chollet

- Extrait « En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule » Ed du Vent. Batistes 2006. 

- (Commandez ce roman de 280 pages à  : Ed du Vent, 13 rue des Venelles, 22130 Plancoët) Envoi à réception du chèque de 21€.

 

Page 255 à 262 

 

” Bonheur ”

 

« Réveil fracassant, mal de tête, douleurs physiques, morales. Brouillard, brumes. Ce matin se lève et je chavire. Gorge sèche, oeil éteint, respiration lente, je dérive. Mes yeux s’ouvrent, se referment. Ma bouche émet les sons que ce dictaphone enregistre. Si je ne l’avais pas allumé, qui l’aurait fait. Allons-nous enfin connaître les dernières pensées du mort, sa vision finale sur ses contemporains ? Les derniers mots du condamné ? Que pense-t-il le damné qui dérive ? Il ne pense plus beaucoup mais dégueule ses paroles instinctivement. Je ne sais si je pourrais me lever jusqu’au pot, la force me quitte. Vais-je me vomir dessus ou baigner dans mon urine. Est-ce mon ultime recours !  J’ai repris l’apparence d’une bête malade qui se renferme sur son mal. Cette dégradation m’effraie.  - « C’est la nature, ne t’inquiètes pas » semble raisonner dans ma tête.

 

L’effort est vain, la carapace est brisée. La mort approche et je voudrais parler du bonheur pour m’en nourrir avant de mourir, pour attiser la curiosité des autres. Une fois encore, pour me dire que tout ne fut pas vain : ni ma jeunesse, ni mes amours, ni ma famille, ni mes filles, ni ma femme et, ni Camille, la seule qui restera. Ni vous, les autres que j’ai croisés. Ce livre, image instantanée de notre époque, n’est qu’un fait divers parmi les autres ; il laisse un instant qui sera détruit par ceux qui le liront et ne pourront s’empêcher de dire que je suis fou, que le monde va bien, que nous sommes heureux, que l’Afrique ne meurt pas du sida sous nos yeux. Il y a une certaine forme de révisionnisme perpétuel dans cet aveuglement quotidien. Ceux là, je les emmerde d’avance.

 

Je veux parler du bonheur qui n’est pas si loin. Je l’ai rencontré, le l’ai vu, tenu dans mes mains. Lorsque je le tenais, je ne le lâchais pas. Il faut le tenir, le serrer le bonheur quand il passe, car après c’est trop tard. Il ne faut pas l’espérer sans cesse mais le saisir, à bras le corps, au présent, sans se soucier des lendemains qui déchantent. On m’a offert du bonheur dans ma vie et j’en ai profité. J’aurais voulu le transmettre un peu plus mais le temps s’évade, le temps me l’a repris.  Je m’en souviens, il en reste en moi. Plus que le saisir, il faut s’en imbiber.  Savoir s’en imprégner afin de mieux le véhiculer. Le transmettre comme une pierre précieuse.

 

Je marche sur la plage, le sable fin me frôle le visage, les embruns salés volettent dans la brise. Au loin,elle est là.  J’ai dix ans mais je vois en regardant la mer, le bonheur qui passe. Le son des vagues me parvient, me pénètre, la mer résonne et je suis bien. C’est cela le bonheur simple.  Il est seize heures, je suis chez ma grand-mère, j’ai quatorze ans. Elle me prend dans ses bras, m’enlace.  Contre ses joues molles, je pose mon visage. Mon coeur bat la chamade, j’ai des frissons. Une chaleur m’envahit et pas un mot, je suis bien. C’est cela le bonheur.

 

Je m’endors chez moi, maman vient m’embrasser ; elle me raconte une dernière histoire presque silencieusement pour me bercer ; passe longuement sa main sur ma joue, dans mes cheveux ; me regarde en souriant, puis me souhaite bonne nuit en tirant les rideaux pour cacher la lune. Je suis apaisé, détendu. Mon père vient à son tour m’embrasser. Son haleine nicotinée ne m’empêchera pas de dormir, je pense déjà aux promenades du dimanche en forêt. C’est cela le bonheur.

 

Elle est belle, elle est douce, elle est jeune. Je viens de rencontrer le premier amour, le vrai. Le véritable amour peut-il exister à seize ans ? Je sors le soir avec elle, nous partons pour de longues balades. Les baisers sont doux, ils enflamment la peau, font frémir l’intérieur. Les mains caressent, les regards pétillent. Les mains caressent, le sexe se réveille. Il bande comme un bois dur. La fente de l’autre s’humidifie. De deux formeront un. C’est chaud, c’est bon. L’amour est langoureux, limpide. Et une fois encore et encore, on en redemande. Mes doigts s’immiscent dans les chairs humides, avec délicatesse et volupté, offrant à volonté gémissement et jouissance.  C’est cela le bonheur.

 

Je suis inconscient, dix huit ans, mes copains viennent me chercher. Nous partons pour des soirées d’ivresse, des soirées à fumer des joints sans compter. L’explosion est totale, les rires remplacent les gueules fades affichées au lycée. C’est du délire, les filles se donnent, s’offrent.  Nous écumons les bars, de rencontres en rencontres, de villes en villes et, la plage est le lit idéal. Nous finissons la course diurne, étalés sur le sable avec une blonde, une brune, une rousse. Chacun dans son coin avec une fille : ils étaient là, cachés sous la tente. Personne ne volait leur intimité. Qui le pouvait ? Leur univers à l’instant du premier baiser, attendu depuis des jours, n’était fait que de dérision et d’insouciance. Sur la sable, en ce moment de pur paradoxe, entre la réalité du baiser et l’immensité de cette confusion, ils s’aimaient sans attente et sans envie matérialiste. Il tenait contre lui cette passagère d’un soir, d’une semaine mais qui comptait déjà tant. Elle se laissait faire, docile, tranquille, en écoutant le flux et reflux du vent dans les rochers. Il était chez lui et il voulait déjà la garder ici. Elle était en vacances et savait qu’elle repartirait. Mais rien de cela et rien au monde ne pouvait les empêcher de croire qu’ils s’aimaient. Oui ils s’aimaient c’est sûr. Ils pensaient bien que cet amour sans lendemain valait la peine d’être consommé, le coeur battait après tout, n’était-ce pas l’essentiel ! Brunes, blondes, rousses. Elles sont plusieurs, elles aiment ça, nous aussi, l’amour fleurissant, les sensations des premières heures, des premières larmes. C’est cela le bonheur.

 

Je rencontre Claudine, nos corps s’embrasent, nos bouches s’embrassent, nos mains se resserrent. Elle est jolie, douce, délirante. Je suis cool, beau, délirant. Je l’emmène voir l’horizon en lui dictant des mots choisis au hasard dans ma tête et qui s’unissent pour former un poème. Séduite, elle se laisse toucher. Nos âmes se soudent, elle halète. Puis, nous regardons encore au loin, cette île qui ressemble dans la nuit à une tortue à fleur de 259 vague. Nous fumons quelques cônes, toujours, nous buvons quelques verres, encore. Les réalités s’estompent.  Nous projetons un avenir à deux. C’est cela l’amour. Le bonheur.

 

Nos amis sont là pour fêter un anniversaire. Les plaisanteries et les histoires animent le temps qui coule. Il n’y a ni méchanceté, ni haine. Les amis sont bien, nous aussi. C’est cela le bonheur ! Un matin, le soleil se lève, le monde respire sous sa chaleur. J’ouvre les volets, les gens passent sous la fenêtre. Je regarde ces gosses qui jouent, je rêve, je pense, je réfléchis ; j’espionne la voisine voilée derrière les carreaux, qui se déshabille lentement sans penser à la joie, que la vision de son corps inaccessible, me procure. C’est cela le bonheur.  Claudine vient m’apporter mon petit déjeuner au lit, elle me sourit, me dit bonjour. C’est cela. Ma fille va sortir du ventre de sa mère. J’entends son premier cri, boit son premier souffle. Je regarde l’infirmière, ma femme. Ma femme, l’enfant, l’infirmière, le doc. C’est beau. Je ressens quelque chose d’unique, de divin. Je la prends, la découvre pour une première fois. Elle semble me sourire, je souris. Je suis abattu, je tiens debout. C’est. Du bonheur.

 

Il y a donc du bonheur bon à prendre partout. Dans les moindres attitudes, sous toutes les latitudes, dans les moindres endroits de la planète pourvu que l’on veuille le recevoir, le voir, l’accepter, le transmettre. L’instant, le présent. Ne pas attendre demain : « Only one life ».

 

Demain je meurs. Ne pas attendre l’absolu bonheur.  Demain je meurs. Non, il ne le faut pas. Ne pas attendre les soirées dans les palaces, les voitures de luxe, les voyages à prix forts, les affaires et les gains. Le bonheur chemine discrètement autour de nous, il ne s’achète pas.  Il est dans un regard, une poignée de main, un sourire, un mot, une phrase, une prose, une chanson, un geste, un coup de téléphone, un livre. Une rue, une ville, un dialogue, un sage qui parle, un chien. Il est là. Il passe et s’attrape. Le bonheur, c’est celui qui peut faire changer les hommes. Les rendre indulgents, raisonnés, raisonnables, compréhensibles.

 

Bien souvent, les yeux sont clos, malheureusement, l’écoute parasitée par des mauvaises ondes et par ces phobies engendrées par les armes bactériologiques dont parlent les radios, dans un flux discontinu. Ces images laissent peu de place pour penser au bonheur. Le doute qu’ils redoutent. L’incertitude. Alors, on pense qu’il n’est que pour les autres ce foutu bonheur ; qu’il n’est pas passé et ne passera jamais. Celui qui le croisera pourvu qu’il le reconnaisse et sache s’en servir, pourra changer la face du monde. Ce sentiment savoureux apaise les humains. Il faut le transmette par delà les monts et vallées pour que vive la terre. Il doit survivre, le bonheur.  A ce jour, il est réduit à néant. Les tarés peuvent frapper à tous moments. Les fanatiques de tous genres vont sortir les vieilles maladies pourries des sacoches poussiéreuses ; peut-être parsemer la terre de graines de terreur ; ruiner le si peu d’espoir qu’il restait. Les croisades chaotiques ont repris. Les fous furieux frapperont à l’aveuglette sans se douter qu’ils ont tort : ils pensent avoir raison, veulent devenir les maîtres du monde au nom d’une religion. Guerre de religion. Guerre de concassage. Tas de chair humaine. Chère humanité, où es-tu ? Je veux des lendemains sans eux. Je veux l’arrestation des pollueurs de bonheur et de mes plages.  Je veux qu’ils portent la croix du mal qu’ils ont généré, afin dans sentir le poids. Les maîtres du monde ont l’argent, dominent l’économie, maîtrisent les âmes et jouent avec nos nerfs.

 

Le bateau des illusions flotte sur un océan de scepticisme. Faudra-t-il reconstruire une arche de Noé ?  Vivre sur un radeau de la Méduse ? Les hommes sont sur un navire voguant vers une destination inconnue. Dans la tempête, espérons qu’ils ne fassent pas naufrage, ils ont déjà chaviré si souvent, laissé tant de morts dans le sillage. Je redoute que les vagues ne les ramènent en poussière d’écume sur les rebords du monde, en un raz de marée difficile à contenir. Il est là, ne le laissons pas s’échapper par notre inertie permanente.  Ne le cassons pas. Ne l’oublions pas. Ravivons et transmettons la flamme d’où jaillit ce bonheur ».

 

batistes@aol.com


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