Articles avec le tag ‘journaliste’

Poésie du jour

Mardi 21 octobre2008

 

Photo exclusive de la grande grue intra muros : yann chollet

 

Se soumettre à rendre l’encre à la plume. C’est paraître en attendant meilleure lune. Laisser un temps le discours des autres planer. Est-ce se résoudre à tant de dégoût, lassé ? Peut-on s’estomper dans le silence d’un moment ? Pour que tout, par magie, s’éclaircisse un instant. Le monde s’évade et nos vies sont passées. Je me noie dans les yeux des enfants assassinés. Ils sont plusieurs à crier, leur cœur est fendu. Pourquoi merde tous ces drames et toujours, irrésolus ?

 

Se soumettre à rendre le paraître à la plume. C’est partir tête baissée en quittant la tribune. Laisser trop de chance à l’unique pensée. Est-ce se pendre à la corde des mots délaissés ? Peut-on se suicider en toute quiétude devant les biens pensants ? Sans rien dire, sans écrire, sans chanter, sans sentiments. Le monde s’étire et nos âmes sont errantes. Je me noie dans les regards des femmes battus suffocantes. Elles sont tristes et plus d’une larme a coulé. Les ordures ça existent, la guillotine est cassée.

 

Se soumettre à rendre le départ à demain. C’est dormir humilié en ne rêvant plus rien. Laisser sa viande se trimballer au grès du vent. Est-ce l’objectif des humains de maintenant ? Peut-on n’être qu’un vide, qu’un néant toute une vie ? Pour que rien ne soit fait, rien ne soit dit. Le monde s’échappe et nous avec. Je me noie dans les hurlements de l’Afrique en obsèques. Sida, ils sont si nombreux à périr, alors que si peu ferait tant pour l’avenir. Les mères, les maris, les femmes, les enfants…..Que faisons-nous, de nos vies, pour aider les gens ?

De la misère à la pauvreté (archive mai 2005)

Mardi 21 octobre2008

Max Havelaar et son commerce équitable

 

Jeudi 12 mai 2005, « Envoyé Spécial », émission relativement instructive, dont les reportages sont bien montés, recèle parfois quelques phrases surprises. Dans le montage sur le commerce équitable, on regrettera un fil conducteur semblant dirigé vers un seul axe, sans arguments contradictoires et sans développement. Certes, nous montrer le pionnier en la matière, à savoir la coopérative Max Havelaar, était judicieux. Seulement, les interlocuteurs divers entendus, paraissaient sélectionnés, dommage. C’est peut-être qu’une impression mais le message n’allait que dans un sens, celui de “MAX”.

 

Sujet Léger

 

Cela dit, le sujet était intéressant mais léger, à la limite du consensuel, du politiquement correct. Le téléspectateur aura bien assimilé le fait que le commerce équitable, ce n’est pas mal et ça peu rendre service. Une phrase du reportage a cependant retenu mon attention et je pense qu’elle vaut la peine d’être notée, c’est là que « la réflexion » intervient. Je cite donc la phrase de la journaliste,résumant la situation des paysans depuis la mise en place de ce commerce équitable : « Ils sont sortis de la misère depuis l’implantation de Max Havelaar, nous affirment-ils, mais vivent toujours dans la pauvreté ».

 

Besoin d’explications

 

A cet instant, en tant que « spectateur ignorant », j’aurai aimé qu’on m’explique la différence entre la misère et la pauvreté. Car jusqu’alors, je ne pensais pas qu’il y en avait une. Du coup, dans ma petite tête de consommateur, presque convaincu, j’ai pensé : « Si le commerce équitable change la misère en pauvreté, à quoi ça sert ? ». Inutile de préciser qu’un large public s’arrêtera à cette réflexion, sans tenter d’en savoir plus. Si l’on considère, par ailleurs, la citation de Fiodor Dostoïevsky  comme assez réaliste : « La misère est toujours importune : on dirait que les gémissements des malheureux empêchent les riches de dormir ! », on peut s’interroger sur l’impact du reportage. Comme quoi, une petite phrase peu changer beaucoup de chose.

 

Batistes

L’Europe débat sur FR3 (Archive Avril 2005)

Mardi 21 octobre2008

 

 

Lundi 25 avril 2005, FR3 proposait un débat animé, faut-il le dire, par une Elise Lucet resplendissante et réactive. L’envie me démange d’ailleurs de lui écrire « une lettre à Elise » pour lui dire ceci : Vous êtes une journaliste comme je les aime, bravo. Bon cela dit, l’émission « débat sur la constitution européenne », n’a pas encore manquée d’être pitoyable, une fois n’est pas coutume. Jamais deux sans trois. Deux phrases me viennent à l’esprit : « Dans le doute abstiens-toi ». Première réplique pour expliquer à ceux qui ne lisent pas, qu’ils ne doivent ni voter et surtout se taire. Est-ce démocratique de partir aux urnes en juin prochain, pour se décider d’une chose qu’on ne connaît pas ? Non. Pour une fois l’abstention serait de démontrer l’inutilité d’un referendum inutile, que nos chers politiciens transforment à chaque heure, un peu plus en une mascarade. « Ah ! La politique est l’art de créer des faits ; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l’intérêt est son but ; l’intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit » Beaumarchais, un visionnaire ? Oui et surtout réaliste, rien n’a changé depuis.

 

N’entrons pas « dans la caricature » c’est la phrase phare de nos politiciens sur ce traité. Un sacré débat quoi. En écoutant l’émission l’autre soir, j’ai compris pourquoi ils évitent l’écran : parce qu’il les reflète tels qu’ils sont. Que ce soit Barnier ou Voynet,  Philippe De Villiers (qui ne représente que lui-même), Buffet ou Le Pen en passant par Besanceno et Bayrou, Lang, qu’ils sont ridicules lorsqu’ils pensent détenir une vérité. Ce n’est pas possible, désespérant. Pourquoi un invité n’a pas pu prendre la parole et dire : « Mais voyons, vous répondez à côté de la plaque. Vous nous méprisez, nous emmerdez, revoyez votre copie et repassez plus tard ». Ah Coluche que de sketchs en perspective ! Personne n’a repris le flambeau, en France maintenant, on bande mou sur la prise de parole et sur tout d’ailleurs. Chacun pour sa pomme, tous pour moi, tout pour moi et rien pour les autres. Cela n’a rien à voir avec le traité établissant une constitution européenne, je le sais. Elle n’y changera rien non plus d’ailleurs. Mais vous remarquerez que la plupart des questions abordées ce soir là, sur un plateau télé transformé en hémicycle (mise en scène assez affligeante), n’avaient pas grand chose à voir avec ce referendum.

 

Bref, on nous dit d’aller voter oui, on nous dit d’aller voter non ; on pose des questions hors cadre puisque personne n’a lu ; les politiciens sont ailleurs, à espérer un siège vraisemblablement pour leur propre fesse ; les médias font leur petite salade pour nous divertir et vendre du papier ; on fait jaillir des grandes peurs sur le méchant américain qui nous bouffe déjà depuis bien longtemps ; on nous fait découvrir que la Chine n’est plus un pays sous-développé. Oh là là, la catastrophe les petits enfants, aurait lancé Guignol. Oui, les guignols ne sont plus que des marionnettes, mais bien en chair et en os. Tout ceci présentant un avantage, tout de même, celui de nous faire oublier notre triste quotidien. Au restaurant, dans les cafés, dans les discussions, on bouffe de la constitution européenne à tous les râteliers. L’indigestion venant finalement à la lecture du traité. L’addition s’il vous plaît. Heureusement, nous serons bientôt sauvés. Dans quelques jours tout le monde aura son beau petit livret, dans la boîte aux lettres, pour apprendre sa leçon. Connaissant la difficulté de lire les X pages de ce beau traité, il est par avance regrettable que Madame Marcel, qui habite au 50ème étage de la tour de béton n°6 et qui sort en moyenne une fois de chez elle, le samedi, pour se ruer au temple de la consommation regarder les produits qu’elle n’achètera jamais, ne lise pas une seule page du dit traité. Combien de mesdames Marcel ne le liront pas ? Combien iront pourtant voter ? C’est une problématique…

Arrêtons les débats télévisés stériles où les prétentieux s’écoutent, où nos politiciens (de tous bords) nous font regretter d’avoir voté pour eux.

Batistes

L’Europe en Question (Archive avril 2005)

Mardi 21 octobre2008

Réalité des plus navrante mais bien réelle : Selon un sondage IFOP récent, 86 % des Français n’ont pas encore lu le traité établissant une constitution pour l’Europe. Bien qu’un sondage ne reste qu’un sondage, ce dernier montre l’intérêt des Français pour l’avenir ! Un intérêt d’une importance majeure donc, pour les 14 % qui ont tenté l’effort. Reste à savoir combien de lecteurs ont tout assimilé du dit document. Comment sur de telles bases, Giscard peut-il déclarer dans un entretien avec Ouest-France du mercredi 30 mars 2005 : « Les jeunes sont pour l’Europe. Ils savent que leurs chances d’avenir passent par elle ». Par quel jeu de subtilité, peut-on encore lancer, de nos jours dans la presse, des vérités de ce genre ? Si les jeunes sont pour l’Europe, d’après le résultat du sondage, ils le seraient sans en connaître donc les tenants et aboutissants. Ce qui semble très dommageable lorsquel’on souhaite construire l’avenir. S’il faut voter oui, la tête baissée et les yeux fermés, sans comprendre l’essence même de ce pas à franchir, un référendum s’avère totalement inutile. Seulement voilà, encore une fois, nous offrons par notre manque de réactivité, l’avenir de nos propres intérêts, aux politiciens mais aussi à la presse, qui influence par des prises de position quotidiennes, nos souhaits. Serions-nous des assistés ?

 

C’est faux mais c’est vrai !

 

Pour revenir sur les propos de Valéry Giscard d’Estaing, on note encore : « Je me permets de donner un conseil amical. Dans la Constitution, la partie institutionnelle ce sont les soixante premiers articles. Il n’y en a pas plus que dans la Constitution française. Ils indiquent la manière dont l’Europe doit fonctionner. C’est cela qu’il faut lire. En une heure et demie, toute personne qui a suivi sa scolarité obligatoire peut le faire. Le reste figure pour des raisons juridiques ». Désolé, mais lire uniquement les soixante premiers articles n’apporte pas assez d’arguments pour se prononcer sur un oui ou un non. Cependant, il est vrai qu’après cette heure de lecture, la tête explose déjà et les nausées surviennent. Pourquoi ? Parce qu’il est très difficile de croire aux articles la constituant, étant donné que de nombreux fondements ne sont déjà pas respectés dans notre propre état. Les exemples ne manquent pas, lisez donc. Certes, comme le précisait Sarcosy : « Voter oui pour la constitution, c’est se donner une chance pour l’avenir, ne pas faire un pas en arrière ». C’est vrai, d’autant plus que les articles du traité débordent effectivement d’une volonté de faire bien, d’ouvrir une porte sur une société plus juste. Mais voilà, pour l’heure c’est sur le papier. Et dans nos têtes d’électeurs, de Français de la base, le papier nous fait douter, nous préférons du concret. Et depuis qu’on doute, qu’on a douté, qu’on doutera, le concret on attend souvent. Hors, jusqu’alors, rien de bien concret dans tout cela.

 

Ah l’Europe ! Ah l’Euro et la baisse des prix !

 

La dernière chose concrète qui nous vient de l’Europe c’est l’Euro. Là aussi, sur le papier c’était bien et les politiciens étaient montés au créneau pour nous avertir de la chance qui s’offrait à tous. Nous l’avons reçue en pleine poire, cette chance. L’augmentation extravagante des prix nous a offert la chance de nous taire, devant le fait accompli. Inutile de me croire sur parole, mais regardez donc au fond de votre porte-monnaie lorsque le cadi est plein. Alors oui, on vous dira que les prix ont baissé…sur les ordinateurs portables oui, sur les home-cinéma oui, sur l’électroménager peut-être, sur les canapés en cuir oui…Mais sur le paquet de nouilles non, sur l’essence non, sur les assurances diverses non, sur les biens de consommation courante non…

 

Lisez, sachez, votez ! Vaut mieux que : Votez, Big Bang Boum !

 

Alors peut-on douter de ce traité, qui établirait une constitution pour l’Europe ? Oui, c’est notre droit le plus profond. Maintenant, avant d’aller voter bêtement ou encore de se laisser endormir par les 14 % qui en connaissent le contenu, lisez-le plutôt deux fois qu’une. Et cela même si vous avez la migraine au bout de deux pages ; même si vos enfants tournent autour de vous et que vous n’arrivez pas à une concentration maximale ; même si vous êtes épuisés de votre journée ; même si c’est plus cool d’aller à la plage entre copains ; même si vous croyez que les politiciens s’en sortiront sans vous

 

Nous ne le savions pas

 

S’il faut voter, et il le faut, que ce soit pour dire oui ou merde,faisons-le au moins une fois en connaissance de causes. Ainsi, nous ne pourrons pas dire à nos enfants : « Nous ne le savions pas ».

 

PS : Petit détail : l’Ode à la Joie, qui est l’hymne de l’union, est déjà un très mauvais choix. Je m’explique : L’union c’est pourquoi ? L’avenir. L’avenir c’est pour qui ? La jeunesse, nos enfants. La jeunesse écoute-t-elle ce genre de musique ? Non. Connaît-elle d’ailleurs les paroles, un peu assourdissantes et hors cadre, de cette chanson ? Non.

La Balade d’un provincial à Paris (archive 2005)

Mardi 21 octobre2008

Photo Crs manifestation paris : trop top

En visite à Paris pour signer « le contrat de ma vie », qui me classait définitivement dans le clan des bouches cousues, des illustres écrivains qui cèdent leurs droits d’auteur pour bouffer, je profitais de l’occasion pour faire un petit tour au cœur de la capitale. Ah Paname ! La grande et belle ville architecturale avec sa pollution à outrance et son flot de regards vides. Ah Paris ! Ses vitrines démesurées à l’image de l’endettement des Français. Ah Capitale ! Comme tu inspires tant de contradictions à la fois ! Tu restes, sans aucun doute, une source incommensurable pour mon esprit décousu en quête de ressentiments humains. Tu sais rendre triste ceux qui ouvrent les yeux et qui marchent dans tes rues dans l’espoir de ne pas s’y perdre. Tu peux également rendre heureux par la beauté que tu reflètes à chaque coin de tes artères ; par l’immensité de ta tolérance envers les peuples venus d’ailleurs. Il te suffirait  d’un peu d’humanité enivrante, pour ressembler à une place idéale. Mais voilà, il te manque encore l’essentiel. Pas à toi bien sur, mais à ceux qui foulent tes pavés.

 

Photo Crs manifestation paris : dérive

 

D’abord, j’ai attrapé un métro pour me plonger au cœur du système. Le métro amuse toujours le provincial. L’odeur y était coutumière, à l’identique de ma dernière visite, lorsque j’avais suffoqué par manque d’oxygène. Ici, le regard de ceux qui ne te regardent jamais, sauf en cachette, est vide de tout. C’est peut-être pour éviter d’accrocher un reproche ou une brimade, une main tendue…Je ne sais pas, mais l’impression d’être de trop s’impose à l’esprit. Dans le métro, les gens ne savent plus sourire, les rencontres sont improbables et le temps manque de toute façon. Un sourire pourtant, un regard, ça coûte quoi ? Alors comme les autres, ici, on met les voiles, on passe son chemin sans rien attendre. Le jour, c’est cela le métro. La nuit, c’est une surprise qui déchire l’imagination. Des centaines d’êtres à la dérive dorment sous les lumières synthétiques. Ce n’est pas de la pitié qui vient à l’esprit, mais l’injustice et l’envie de ne plus croire au mot démocratie. La misère se trimballe par ici et là. Les autres, ils accélèrent le pas, la nuit ne rassure pas. Bêtement, j’allume la cigarette d’un pauvre type au visage déchiré, je discute quelques instants. A chaque minute qui passe, une ride de plus sur sa peau meurtrie. En venant là, à la rencontre de la misère, j’ai l’impression de venir d’ailleurs, d’un monde à part où la déchirure est inexistante. N’est-ce pas « le pire » d’être à la rue, ainsi, une bête, n’être même plus un coût pour la société ? ” Cela doit-il être, cela est ! “

 

Les CRS attaquent

 

photos exclusives CRS par Yann Chollet : journaliste pigiste disponible pour missions

 

Les questions qui fourmillent dans ma tête avant de m’endormir, m’empêchent de sourire et d’être heureux. Alors, suis-je ridicule et dois-je me contenter de fermer les yeux, moi aussi, de me transformer en parisien, pour mieux profiter de demain. Je crois que je suis au bord de la mélancolie. Demain se lève et Paris grouille déjà de gens. La place d’Italie présente bien, cosmopolite, majestueuse. Je reprends le métro mais ne me résous pas à baisser la tête, l’envie de croiser un regard est trop forte. J’entends trois jeunes noirs, environ la quinzaine, discuter à mescôtés. J’écoute, je souris, ils me questionnent, nous discutons, c’est riche et drôle…Les autres gens me dévisagent !  Qu’ais-je fait ? Je m’en fiche. Je sors admirer la place Denfert Rochereau. Je bulle, je profite du moment. J’aperçois des dizaines de camions de CRS, je fais le tour de la place, ils sont des milliers à attendre quelque chose. Mon âme de journaliste reprend le dessus. Je devais repartir à 14 heures vers Saint-Malo, tant pis, j’attends finalement que ça bouge. Au moins une cinquantaine de policiers en civil tourne alentour, les RG sont là, la B.A.C aussi. Enfin, vers 14h30, les lycéens arrivent par centaines. Ils sont rapidement 2.000 à se regrouper. Le cortège commence sa marche, quelques cris incohérents parviennent à mes oreilles. La revendication n’est pas claire

 

 

 

Ce mercredi 13 avril, La mobilisation policière est totalement démesurée par rapport à l’ampleur minime de la manifestation. Toutes les artères où passe le cortège sont bloquées par des CRS. Cependant, erreur grossière, une rue est ouverte et une centaine de jeunes s’y engouffre en courant. La course est ouverte mais un peloton arrive à rattraper les insouciants. Ça tape à la matraque, ça gaz sérieux et c’est là que naît ma première photo (voir ci-contre). Preuve que les CRS frappent pour peu, ce jeune n’avait rien fait, j’en suis témoin, carte de presse en poche. Les autres se font remettre en place, la bataille est inégale. Tout rentre dans l’ordre, les jeunes sont de bons moutons, la police bergère. Avec 3.500 manifestants, la manif prend de l’ampleur à l’arrivée « place de la Bastille ». Voulant s’engouffrer dans une venelle, les jeunes sont refoulés par un peloton de Gendarmerie, cette fois, plus dur et moins patient. Les tirs de Gaz volent dans l’espace (voir photo) et maintenant les passants comme les lycéens, comme les gendarmes et moi, nous sommes en larmes. Et oui, avant de tirer messieurs, il serait bon d’observer le sens du vent. Logique non ! Les policiers en civil font le ménage en écartant, avec ardeur, les plus récalcitrants. Avec une violence parfois qui laisse perplexe

 

Vers 19h, l’affaire est réglée. Les lycéens ne se sont pas fait entendre, les policiers ont démontré leur force. La démesure du déploiement coûtera quelques milliers d’euros au peuple perplexe. Mince, j’ai 5 heures de retard. La nuit va tomber sur Paris et le provincial repart avec ses rêves, ses regrets, son amertume, une bribe de dégoût en guise de réconfort. Il n’y aura pas de révolution ce soir, il n’y aura de résolution à la misère, les parisiens continueront de se parler à eux-mêmes. La vie attend ailleurs. Le temps passe et l’humanité stagne.

 

Batistes

Mon livre toujours disponible

Mardi 21 octobre2008

” En Attendant Camille le Monde S’Ecroule “

 

Image de Yann Chollet, journaliste, auteur et photographe pour la presse en Bretagne. Originaire de Saint-Malo.

 

4ème de couverture

 

” Elle est morte pendant son sommeil. Ma petite “drôle”, mon bambin. Aline n’a plus revu papa. Papa, seul, t’a revue. Sur un brancard, comme si tu étais plongée dans un simple sommeil profond. Mais ce n’était pas un somme et en te serrant une dernière fois, j’ai divagué. Ce fut comme si les vaisseaux de ma tête se plaquaient contre ta peau, tous unis pour que je ressente un poids lourd et que je perde l’esprit. Je l’ai perdu. Cette impression spirituelle est dure à décrire, tant elle déchire l’intérieur pour pénétrer au cœur de l’inconscient. Elle est plus qu’une déception, c’est une calamité ; une combinaison d’incompréhension et de certitudes, un mauvais mélange de peur et de désespoir. En fait, nous ne pouvons exprimer ce genre de sentiments, car nous avons tous des cadres de référence tellement différents, si éloignés qu’aucune impression ne peut être la même d’un humain à l’autre. Se ressembler éventuellement ! Mais pas identique. La sensation de sentir qu’elle n’était plus vivante fut cela, une émotion indescriptible et déchirante…”

A 45 ans, Yannis se retrouve face à la maladie. La mort l’attend. C’est seul, dans sa demeure de Saint-Malo, qu’il va voyager dans son passé et penser à l’avenir de Camille, sa petite-fille. C’est son seul horizon depuis le tragique accident familial. En attendant de la revoir, il règle ses comptes avec cette société qu’il ne comprend plus. Ce monde qui s’écroule, c’est le nôtre.

 

Le premier livre

 

Mon  premier livre polémique ” 7 jours sur 7 à votre service ” éditions du Vent, a fait son chemin depuis 2002, avec plus de 2.000 exemplaires écoulés. La presse nationale et les lecteurs avaient noté d’excellents commentaires à mon égard. Ce fut d’ailleurs assez inattendu et agréable. Même s’il a fallut ne pas compter les heures, ne pas escompter de bénéfices. Ce n’est pas grave, le témoignage était fait, était dit, a dérangé dans les sommets et des gens se sont remis en question. Le combat n’est jamais simple mais au final, les commentaires des lecteurs font tellement plaisir. Que du positif dans cette aventure. Le vrai bonheur.

 

A l’achat direct

 

” En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule “, est mon second livre maintenant dans « les Bacs ». La quatrième de couverture résume bien le contenu : Percutant et poignant d’après les premiers lecteurs. Vous aimez peut-être mon style ? Alors vous retrouverez dans ce roman l’ironie et l’arrogance de mes mots, à travers cette histoire déchirante. Le premier tirage est de 400 exemplaires, il est donc conseillé de commander directement et rapidement le livre à l’adresse ci-dessous. Sous peine, sans doute, de passer à côté.

 

Commande directe à

 

Editions du Vent. Yann Chollet. 13 rue des Venelles. 22130 Plancoët (Envoi du livre à réception du chèque de 21€ “frais de port inclus”).

Entre Nostalgie et attente

Mardi 21 octobre2008

« Noir Désir en Images » séduira les inconditionnels du groupe rock français. Cinq heures de pur bonheur, pour patienter….

 

Un DVD Atomique

 

Le double DVD « Noir Désir en Images » restera, sans contexte, une bombe atomique de plaisir pour les admirateurs du groupe. Passé l’abîme du premier morceau enregistré en public, qui nous fait douter de nos propres pensées sur Bertrand Cantat, grande messe médiatique oblige ; on plonge rapidement, tête baissée, dans l’atmosphère du live. On ne saurait faire autrement. Ceux qui étaient présents lors du concert à Evry en 2002, d’où proviennent les images d’une partie du DVD 1, trembleront de nouveau ; tandis que les autres, viendront à regretter d’avoir loupé ça. Le voyage vaut le déplacement. Le temps du rattrapage est venue.

 

Toujours les plus grands de la scène Rock Française

 

Avec ce retour « en images », « Noir Désir » montre qu’il reste l’un des plus grands groupes rock de la scène française. Voire le plus grand, bien qu’absent des salles pour les causes connues. Ne nous éloignons pas du sujet, restons concentrés sur la musique. Si les rifles du guitariste Serge Teyssot-Gay ressemblent à ceux de The Edge de U2, Bertrand Cantat prend des allures, parfois, d’un Jim Morisson au sommet de sa gloire. Le tout est amplifié par un « quatuor cordes » et des musiciens survoltés. Le Live d’Evry est simplement exceptionnel. Une fois le DVD dans le lecteur, c’est mission impossible pour l’enlever. Ça défile si vite, c’est si intense…si Noir Désir. Le chanteur charismatique pousse ainsi les auditeurs dans leur retranchement, à chacune de ses performances vocales, qui n’en finissent pas de résonner comme un hymne à l’humanité. Les paroles sont celles qu’on connaît, véritables messages clamés avec rage et compassion, espoir. Sans concession aucune.

 

La Fusion Mystique

 

Le premier DVD imposera une forte envie de le remettre. La qualité audio tout comme la réalisation sont excellentes ; l’univers de ces instants magiques, retranscrit à la perfection. On ne se lasse pas, par ailleurs, d’apercevoir au gré des morceaux qui défilent, d’anciennes images du groupe en public ou studio (Eurockéennes 2002, Gisti 1999, Buenos Aires 1997). Tout s’enchaîne pour de longues heures de pure jouissance. Mais le réel bonheur se pointe au moment de pénétrer au cœur du DVD 2. Des scènes de live encore et encore, en passant par les coulisses et le trajet d’une tournée, rien n’est omis. Ni les clips, comme ceux incontournables de « Aux Sombres Héros de la Mer » ou « Un Jour en France », que l’on re visionne avec une nostalgie omniprésente ; ni les commentaires des musiciens du groupe. Tout est dit ou presque. L’on décrypte, en fait, au fur à mesure de ces cinq heures de voyage astrale, cette fusion mystique que forme Noir Désir.

 

A retenir

 

La sortie de « Noir Désir en Images » est donc bien plus qu’une occasion d’imprimer des papiers médiocres sur un quelconque scoop. Bien que certains prendront leur chance de remuer le couteau dans la plaie, ne négligeons pas le fait qu’il s’agit là de musique et uniquement. L’empreinte du groupe est toujours, musicalement et textuellement, dans les esprits, qu’on se le dise. On en redemande, même s’il existe des faits que nous regrettons tous.

Ah ! La poésie

Mardi 21 octobre2008

yann chollet, journaliste photographe à Plancoët, à côté de Saint Malo en Bretagne.

” Mon pauvre pierrot, vois la lune qui te cafarde, cette Amérique moucharde qu’ils ont vidée de ton pipeau ” Léo Ferré…

Je l’écris, je le lis, je le prends, je le froisse, je le casse et je le brise. Je le médite, je le jette, je ne lis plus les journaux.

Ils dressent des barrages devant mes illusions de savoir, de connaître, d’être, de rêver. Penser merde, c’est la seule chose qu’il nous reste. Va rêver toi l’inconnu. Toi, oui toi l’artiste du désespoir, celui qu’on regarde et qu’on méprise. Celui qu’on interpelle et qu’on jalouse.

Toi, l’écrivain, le songeur, le poète, le philosophe du soir, range ta mémoire ailleurs. Dans tes cartons de solitude. Ferme les placards de ta tête et ta gueule.  Oui, toi le minable rêveur, va rêver autre part. Dans un endroit où l’on ne t’entendra plus. Va briser tes utopies sur les murs des calomnies, des habitudes qui lassent ta vie. Celles des autres et tant pis.

Va marcher dans l’ailleurs de fortune, va gerber ta vomissure, tes phrases sur du papier chiotte. Ne pense plus, écoute le son de la dictature qui s’invite. Ferme le robinet de ton inspiration et lis sans comprendre. Ah, toi, le peintre du monde, le maudit littéraire à la plume cassée, le diable d’écriture. Retourne dans ton isolement solitaire et crache ta bavure sur ton chevalet de feuilles blanches. Porte dans la plaie ce stylo qui dans ta main démange.

Ecoute, écoute le son des pouvoirs qui envahissent la parcelle qu’il te restait. Celle où tu pensais te réfugier en cas d’insurrection, si petite, en cas de doute, si frêle, en cas de cassure, si infime soit-elle. Ce coin où tu aurais pris le temps de vivre, un instant, cinq minutes à l’abris du chaos qui s’annonce.
Alors rédige le cahier de ta dernière heure, lance les mots qu’il te reste, passe de l’ombre au jour sans te poser de question et sans te retourner.

Ne soit plus les autres, ne te cache plus d’eux, ne lis plus les journaux et jette ta télévision par la fenêtre de la sincérité. Tes utopies sont les poumons de notre liberté. Même si tu n’es pas l’écrivain qu’ils cherchent, ils t’ont trouvé, ils t’évitent, leur liberté ne se partage pas.

Sache qu’il ne te reste que quelques jours, quelques minutes de plaisir. Regarde l’enfant, la femme, la beauté, le monde, regarde au creux de toi pour te voir de l’intérieur et, surtout si tu veux encore un peu de temps en plus, garde l’énergie, l’espoir et les utopies que tu pensais disparues…

Et la phrase d’un ami qui termine  “…Je leur pisse à la raie en Spirale Logarithmique…” 

Batistes

 ” Alors que ces enfants sont tout seuls dans les rues et s’inventent la vraie galaxie de l’amour instantané ” Léo Ferré…

 

 

 

 

 

 

 

 


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