oct 05 2011

Petite poèsie passagère…

Posted by admin in Poésie

Saint malo 2011 par yann chollet

Saint malo 2011 par yann chollet

 Toutes mes photos et textes sont interdits à la reproduction sans accord !

 

 

(le mole de Saint-Malo - Photo Yann Chollet 2011)

 

La vie sans toi

Est comme un oiseau sans aile.

Je me perds moi-même.

 

La vie sans toi

Est comme un océan sans eau.

Le passé s’enfuit.

 

La vie sans toi

Est comme une nuit sans sommeil.

Je t’espère tu es absente.

 

La vie sans toi

Est comme un monde sans poète.

Alors qui suis-je ?

 

Batistes. 1985

oct 07 2010

Selection de photos 2010 par Yann Chollet

Posted by admin in Articles exclusifs
Journaliste photographe chef de pub professionnel en Bretagne sur la région de Saint-Malo, j’effectue divers travaux pour les entreprises, bars, hôtels, restaurants, magazines, entreprises, communes. Qu’il s’agisse de travaux publictaires, travaux presse, travaux particuliers, sites internet, n’hésitez pas à me contacter. Vous trouverez sur site-blog plutôt quelques exclusivités ! Surfer sur d’autres de mes sites ou mes CV en ligne pour en savoir plus. Dans cet article, quelques photos coup de coeur de l’année 2010 ! Photos de Saint-Malo, de paysages, du sillon, de Dinard, de Dinan, de Saint-Cast en Bretagne. Photos aussi de Servane Escoffier représentant Saint-Malo 2015 pour la Route du Rhum 2010. Sur son voilier ici, à Saint-Malo pendant les préparatifs avant le départ du dimanche 31 octobre 2010.  Si vous aimez mes textes, c’est ici, ci-dessous ou dans les archives sur la droite. Avec des photos d’artistes et diverses réalisations photographiques. Autrement vous pouvez aussi passer sur www.journaliste-photographe-bretagne.com pour des photos pack-shot et autres vues diverses réalisées sur saint-malo, dinard, dinan, rennes, lorient et la Bretagne… à bientôt pour de nouveaux textes et nouvelles photos de la région.

Cliquer sur les photos pour aggrandir

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Servane Escoffier 2010 sur son voilier saint malo 2015

Servane Escoffier 2010 sur son voilier saint malo 2015

Servane Escoffier sur son voilier à Saint-Malo

Le Grand Bé à Saint Malo Yann Chollet.

Le Grand Bé à Saint Malo lors des Grandes Marées 2010

Cheval dans la brume en montagne photo yann chollet 2010

La Conchée à Saint Malo par Yann Chollet

Photo yann chollet, la conchée 2010. Cliquez sur la photo pour aggrandir

Le sable à SAint-Malo sur les plages de la Bretagne

Le Sable plage du sillon à Saint-Malo par Yann Chollet.

Le Sable à Saint-Malo, simple mais joli. Photo Yann Chollet, journaliste en Bretagne

Exemple de portrait réalisé par Yann Chollet, photographe.

La mer grande plage de Saint Cast en Bretagne.

La mer grande plage de Saint Cast en Bretagne.

Anse de Saint-Cast en Bretagne été 2010 par Yann Chollet

Mouette saint malo par yann chollet

Vol de la mouette malouine par yann chollet

Tigre en gros plan

Tigre en gros plan

Le tigre rien à dire. Photo Yann Chollet. Cliquez pour aggrandir.

Solidor quartier de Saint-Malo

Solidor quartier de Saint-Malo

La quartier de Solidor à Saint-Malo en Bretagne. Yann Chollet photo

Saint-Jacit de la mer en Bretagne. Photo yann chollet.

Saint-Jacut de la mer en Bretagne. Photo yann chollet.

Les chevaux dans la baie de Saint-Jacut. Tourisme

Photo du quartier de Solidor à Saint-Malo vue par Yann Chollet photograhe.

Solidor vu de Dinard lors des grandes marées. Photographie Yann Chollet.

Le mole à Saint Malo. Photographie de Yann chollet

Le mole à Saint Malo. Photographie de Yann chollet

Le mole de Saint Malo pris par Yann Chollet en photo

Plage de Saint Cast en été

Plage de Saint Cast en été

Photo de Yann Chollet, journaliste photographe en Bretagne

yann chollet photo
yann chollet photo

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Batistes 2010
fév 22 2009

L’étoile du jour

Posted by admin in Pensées évasives

 

Le temps passe, le monde tourne, je tourne avec lui en une éternité d’étoiles.

La vie s’étend, le sentiment de vivre s’installe, j’aimerai tant mettre les voiles.

Mais je me sens parfois si fatigué,

Je me sens parfois si cassé,

Parfois je me sens si vide de sentiments,

Tout simplement, je ressens l’envie de décrocher un temps.

 

 

Pas plus de solutions ne viennent à l’aurore de nos besoins, infimes soient-ils.

La vie s’étale sur nos routes, qui se croisent, qui se perdent, quelle heure est-il ?

Et je me sens parfois si stupide,

Je me sens si souvent livide,

Parfois je me sens pourtant si libre de tout,

Si triste aussi, comme posé aux abords d’un gouffre, c’est fou,

Combien on peut se savoir inutile,

Dans un univers fait de mille petites choses futiles.

 

 

Le miroir est parfait, le reflet est beau, un être en deux images.

Le chemin s’éclaircit, la douceur revient sur le visage,

Même si je me sens si seul,

Parfois même si seul au milieu de la foule,

Je me sens si faible comme un corps voguant sur la houle.

Si fort des fois, mais l’écume étouffe le beau,

La tête reste juste à mi-hauteur entre deux eaux.

Yann Chollet 2009

fév 21 2009

Poésie d’un soir

Posted by admin in Poésie

Couché de solei plage de Saint-Jacut de la mer en Bretagne 2010 

Le soir après une journée qui s’est enlacée comme une ceinture autour de la taille

On aurait pu penser que nos vies étaient attachées à quelques drogues

C’est sur, on aurait sembler croire qu’un shout aurait résolu les failles

Pourtant petite, tu vois, les drogues n’apportent aucun des délires promis

Et tu pourrais bruler ton amour autour d’une soirée où il te proposerait une ligne.

 

Avec moi, c’est clair, le ciel serait plus bleu que la noirceur de tes nuits

Même si tu te brulerais à chercher ce que j’en pense, parce que je suis ailleurs

Dans un lieu peu banal, toujours, avec une idée bien placée là-haut, l’idée que la vie s’enfuit

Alors une goulée de plus, vois-tu, semblable, l’idéal n’est pas arrivé à l’heure.

Ça chauffe à l’intérieur, il me donne envie de tout détruire.

 

Je t’assure que la poésie m’aidera à ne pas plier devant les intrus

Brulante vague de haine qui s’écoule et s’estompe en un moment

Voilà enfin le moment venue de t’épauler et ensuite, l’exportation vers l’inconnu

Musique, puis solitude, le vide et c’est l’indifférence, oui voilà, je suis indifférent.

Danses, oublie toute cette merde ! Particule élémentaire devenu être. Bye, bye.

 

Une puissance flotte au-dessus de nos âmes, le soleil, lui,

Se trimballe comme un vieil air des Verves qui réconforte le silence.

C’est bon finalement d’écouter les Verves parce que je m’oublie

Et toi tu t’effaces, avec toi s’efface cette balade qui balance.

Que te dire de plus? Bonne chance !

Batistes

oct 29 2008

Les culs terreux d’ici et d’ailleurs…

Posted by admin in Poésie

plage du sillon saint malo

Marcheur sur la plage du sillon à saint malo en bretagne. Yann Chollet

 

 

 

Avis

 

Les culs terreux ne comprendront pas, je veux parler des vrais, ceux qui n’ont pas imaginé qu’ailleurs existait une terre insolente où le rêve avait sa place. Puisque tu viens d’ailleurs, toi la parvenue, ils te diront, te regarderont, feront semblant de te laisser croire ! Le cul terreux est, par principe même, l’anti-extérieur. A savoir, ce qui n’est pas connu est dangereux, ce qui n’est pas connu ne mérite pas, ce qui n’est pas connu dérange. Donc toi, tu déranges puisque tu viens d’ailleurs. Effectivement, tu viens d’une vingtaine de kilomètres, mais pour eux c’est si loin !

 

Les culs terreux ne sauront pas te conseiller mais te souriront inlassablement, ils t’écouteront pourvus que tu parles d’eux mais ne t’entendront pas si tu veux te présenter, marcher à leur côté. Si tu leur rends service, ils t’aduleront presque, du moins en faux puisqu’ils ne connaissent pas la sincérité. Ils te diront merci en public et le soir te pourriront en privé. Et avec le temps ne se souviendront de rien, puisque tu n’es rien, pour eux.

 

plage sillon

la plage du sillon à saint malo. En bretagne les nuages passent, le temps file. Photo yann chollet

 

Devant la foule, ils te serreront les mains à la manière d’un député en mal d’électeurs, mais plus tard, ils se laveront les doigts pour ôter discrètement la salissure de toi, qui vient d’ailleurs, qui impose l’interrogation, cette salissure qui inspire plus le danger que la sérénité. Oui, tu es d’ailleurs et sans doute que ton intelligence, ta différence, leur fait si peur. Ils ne comprennent rien.

 

Et pourtant, s’ils te connaissaient mieux, s’ils avaient apprit à te comprendre, à t’apprivoiser, peut-être serais-tu devenue leur amie, partiellement. Malheureusement, ils ne savent n’y écouter, n’y observer, ni comprendre, ni prendre des décisions, ni aimer ceux qui viennent de plus loin.

 

Ils savent sourire certes, ils savent saluer certes, ils savent rire certes, ils savent peu de choses en fait certes. Pourquoi ! Parce qu’au-delà de leur univers, qui se résume à une distance de 20 kilomètres autour de chez eux, ils ne connaissent le monde que par le journal de 20h ou celui de 13h, un voyage. Merci Patrick Poivre d’Arvor, tu es la littérature des Culs terreux. Imagine ! Peut-être feront-il un saut sur Internet de temps à autre pour s’abreuver de désinformation, quoique ! Tu vois, toi l’exclu, la différente, toi l’affreuse, la maudite, ta place n’est pas ici. Pas chez eux. Chez eux, ils sont chez eux. Et toi tu es chez eux ! Moi, chez eux maintenant c’est chez moi, donc…n’approchez plus, vous puez !

 

S’ils ont un poste vacant qui te conviendrait, ils t’oublieront, ils oublieront ce que tu as su donner par respect, par passion, par amour, parce que toi, tu n’avais pas compté pour offrir à leur enfant le meilleur, à leur famille un sourire, toi tu es ce qu’ils ne seront jamais, la générosité. Tu avais tout donné, sans exigence, tout simplement par plaisir, par ouverture d’esprit ! C’est l’une des choses quite différencie d’eux, rassures-toi, de ces putains de culs terreux. Ces culs terreux qui peuvent être maire, qui peuvent être conseiller communautaire, qui peuvent être prof, qui peuvent être un peu ici et là. Au bout du compte, ils me gavent ces nazillons de pacotilles ! Au bout d’un moment, ça énerve et je lâche le morceau, je parle un peu, plus. Ça fait trop longtemps, le silence, fait chier. Trop longtemps, je leur ai offert leur chance, trop longtemps j’ai écouté leur discours et rien. Allo, toujours rien. Trop longtemps j’ai épaulé leur pensé, rien, trop longtemps je me suis tu et toi, tu t’es tue aussi, alors.

 

Bon bref, une chose est sur, les culs terreux sauront une chose, se reconnaître dans ce texte et entendre mon message. Qu’ils le lisent et relisent le soir et surtout qu’ils ne pensent pas que je parle d’un autre, oh non : « Je vous emmerde bande de culs terreux de merde ».

Pendant ce temps, j’invente la poèsie et me soule du monde qui m’entoure et me surprant, je continue ma course, mon chemin ne s’arrête pas à vos petites vies restreintes.

batistes

Précision : ” Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ces lignes imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui sont là ; quelque-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger, qu’est l’écriture.

Par conséquent, âmes timides, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexploirées, dirigez vos talons en arrière et non en avant. Ecoutez bien ce que je dis : dirigez vos talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup par un vent étrange et fort, précurseur de la tempête…”

Préambule des Chants de Maldoror. Lautréamont….

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oct 29 2008

Petite poèsie du soir

Posted by admin in Poésie

 

(entrée du zoo de la bourbansais automne)

 

 

Légers comme l’air, les mots suivent ma pensée. Glissent lentement le long du ruisseau pour parvenir jusqu’à chez toi.

 

Que restera-t-il de mes sentiments une fois que tu les sauras ?

Si peu, peut-être, mais d’autres viendront encore t’endormir, d’autres partiront, volatiles, couler le long de l’eau.

 

Avec le temps, l’envie, je partirai c’est sûr porter ces mots.

 

Parce qu’il est des choses que l’on ne peut laisser s’enfuir le long des flots.

 

Le long de la longue digue qui nous sépare, bientôt, j’arrive, attend moi je pars…

oct 27 2008

Petite poésie passagère (archive)

Posted by admin in Poésie

 

photo exclusive yann chollet : Saint-Malo

 

Toute une vie on se balade entre espoirs et mépris

L’hiver approche certains resteront sur le parvis

D’autres dormiront sous la couette, enfoncés jusqu’au cou

Chaque instant creuse un sillon de plus sur nos joues

 

photo exclusive yann chollet : Saint-Malo

 

Le temps qui défile estompe nos meilleurs souvenirs,

Tandis que d’autres perdent toute chance d’un meilleur avenir

Nous songions déjà, à de futurs bonheurs fleurissant.

A un été clément, où sous le soleil nous irions de ci de là rêvant.

 

Nul n’aura peut-être croisé le destin, de l’homme qui se traîne pour tenir,

Nous le regarderons vagabonder ventre creux, genoux à terre, œil éteint, visage sans sourire.

Nos routes s’entrelacent, nos regards avec et le silence écarte toutes possibilités d’un sursis.

Nous passerons à côté sans même oser dire : salut comment vas-tu l’ami.

 

Photo exclusive de Saint Malo vue de la grande grue : interdit à la reproduction

 

Non pas que nous soyons des vilains ou de pauvres gens sans cœur,

Mais cet homme à terre, seul, nous inspire la terreur.

Nous croyons que nous avions tous, au départ, la même chance,

Qu’il aurait pu réagir plus vite pour éviter l’état d’urgence.

 

L’urgence est là, au pied de nos espoirs et nos mépris,

L’urgence est là qui résonne en une seule symphonie.

Dans nos petites cités de caractères ou au cœur d’un paris qui s’éveille.

Nous éteignons nos neurones, qui lentement retrouvent le sommeil.

 

photo du journaliste pigiste en Bretagne : yann chollet

 

Après ça, qu’avons-nous fait de nos vies ?

Le passé est derrière, le présent s’enfuit.

On a gardé précieusement un bonheur auquel nous avons cru

Et l’autre, celui du parvis, est mort la gueule ouverte, comme un chien dans la rue.

 

Nul ne sera responsable de sa mort et de son errance

Pas nous c’est certain, nous vivons dans nos bulles par évidence

Qui pourrait se sentir coupable de la disparition d’un chien ?

Et après tout, c’est homme qui se traînait, là, seul, n’était rien.

 

Photo exclusive : yann chollet

 

Tout ceci est faux c’est une certitude, car ce chien était humain !

Il attendait peut-être un peu de quiétude, du respect, la caresse d’une main.

Remarques, ceux qui vivent sous le pont ne demande plus rien

Ceux qui habitent là-bas n’espèrent pas grand-chose de la vie.

Ils ont depuis longtemps compris, qu’il ne reste plus d’espoirs, que du mépris…

 

Batistes, auteur du Livre “En Attendant Camille le Monde S’Ecroule” disponible sur commande aux éditions du Vent.

oct 27 2008

Presse je t’accuse

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Presse censure et consors

 

 

Le Mea Culpa d’Alain Rémond, journaliste à Marianne !

 

Dans « Marianne » du 17 au 23 juin 2006, le journaliste Alain Rémond livre une information gardée le plus souvent discrète par sa profession. A travers son papier, il explique tout bonnement, la destinée des ouvrages des inconnus, qui arrivent dans les rédactions ou directement chez les journalistes : « Je l’ai mis de côté. Dans la pile des autres livres mis de côté ». Voilà donc le triste sort réservé aux illustres méconnus, qui de province, envoient leurs écrits dans les rédactions parisiennes, des myriades d’espoir en tête. Rédactions qui regorgent de piles de livres, donc, qui ne seront jamais lus. Plus loin dans l’article, il avoue avoir découvert par hasard, qu’un livre de sa pile, et qui plus est celui qu’il avait renoncé à lire quelques semaines plus tôt, était en fait celui de Daniel Shneidermann, « un confrère ami ». Bouquin, qui était signé sous le pseudonyme David Serge ! Hasard de la vie ou technique commerciale éprouvée, le dit auteur avait finit par dévoilé son identité. Sous la torture, on imagine ! Ce qui semble, si l’on constate le résultat, plus judicieux pour obtenir une page entière dans Marianne sous la plume d’Alain Rémond et dans d’autres supports comme ce fut le cas. Et oui, la vie est cruelle.

 

Presse écrite et télévisée même combat

 

Dans leur petite bulle culturelle, nos journalistes de la presse écrite suivent la vague commerciale. A l’identique de la télévision. Certains pleurent, en ce moment, le départ de leurs confrères Ardisson et Fogiel, prétextant la mort de talk show où tout pouvait se passer ! Il est vrai que parfois, je précise bien parfois, ces émissions présentaient des inconnus. Ne soyons pas dupes tout de même, l’essentiel de leur fond de commerce, c’est l’invitation de personnalités connus, d’amis. Toujours les amis des amis croisés dans les soirées. Il n’est pas rare de retrouver sur le même plateau trois invités, qui sont eux-mêmes animateurs d’émissions, entourés d’éditorialistes ou autres célébrités de la presse. Voilà la diversité culturelle tant adulée par ceux qui crient de voir Ardisson partir ! Il suffit d’observer les plateaux de l’année 2006 de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » de Fogiel, pour comprendre la supercherie. Tu m’invites, je t’invite, on s’invite. Il y a là une similitude avec l’univers des livres. Similitude observée par exemple, à chaque parution d’un livre de Jean François Khan. Effectivement, lors d’une nouvelle sortie de l’auteur, président de Marianne, vous trouverez dans l’hebdo du même nom, plusieurs encarts parlant du livre pendant un mois. Puis vous le verrez comme invité sur la plupart des plateaux télévisés. Et cela même, si le livre ne présente pas un intérêt flagrant. Le copinage fait donc fureur dans les médias, détournant une place de liberté d’expression en place réservée “aux amis”. Peut-être ne faut-il pas s’étonner ensuite, de voir les lecteurs, les auditeurs, chercher ailleurs l’information, la nouveauté !

 

L’illustre inconnu de la pile de livres de Rémond

 

Le malheur dans l’histoire est d’avoir pour seul horizon, si vous êtes l’illustre écrivain inconnu de la pile de Rémond, l’unique espoir d’un papier dans votre hebdo local. Ce qui ne risque pas d’enflammer vos ventes ! Ni de rentabiliser l’affaire. Ne pensez même pas à un passage télé ! Il serait donc inutile, par constat et par expérience personnelle, d’envoyer votre œuvre dans les rédactions nationales ou régionales. Pourquoi ? Parce que si vous envoyez votre livre de septembre à novembre, on vous dira comme me l’a répondu Georges Guitton, responsable des livres pour Ouest-France : « Nous sommes en pleine rentrée littéraire monsieur…donc…». Donc, votre livre ne peut être un livre de la rentrée littéraire ! Pourquoi, je me le demande encore. Oui, c’est certain qu’il ne portait pas la marque Plon ou Albin Michel. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de novembre à Janvier, car cette fois, on vous répondra : « Nous sommes en plein prix littéraire monsieur…donc… ». Donc, votre livre n’en fait pas partie. Normal puisque que vous ne faisiez pas partie, non plus, de la rentrée littéraire. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de février à juin, car cette période de l’année est réservée aux scandales et aux biographies de stars ! Vous n’en êtes pas une ? Et puis, 6 mois après parution, on vous expliquera, comme me le soulignait un journaliste de l’humanité : « Monsieur, je viens de découvrir votre message et votre livre. Je viens rarement à la rédaction car je suis chroniqueur. Il me semble qu’à ce jour, votre livre n’est plus d’actualité.. ». A cet instant, je vous avoue que l’envie est plus forte, un seul mot vient à la bouche « Espèce de gros connard ». En définitif, gardez vos livres chez vous bien au chaud, n’écrivez plus, n’envoyez plus vos manuscrits chez les éditeurs de la place, lisez le « Da Vinci Code » ou le dernier d’Ormesson et « dormez tranquille » dis-je. Ne dépensez ni timbres, ni livres, n’ayez pas d’espoir envers ces journalistes que vous n’intéresserez jamais.

 

Le cercle bien fermé

 

Par ailleurs, dans cette histoire de cercle fermé, il est très énervant de ne jamais recevoir de remerciement de la part de ces journalistes, à qui vous aviez consacré vos plus belles dédicaces, pensant leur faire simplement plaisir. Ils sont décidément ailleurs ! Ils vous rendent, par leur impolitesse, presque invisible. Il reste donc à l’auteur inconnu, la possibilité de plier bagage et de garder ses mots pour plus tard ; espérant qu’un jour, cette bulle fermée culturelle explosera pour de bon à la manière dont les radios libres se sont imposées. Par ailleurs, ne tentez pas d’écrire un papier comme celui que vous lisez, parce qu’ensuite, lorsque vous enverrez votre livre on vous dira : « Monsieur, vous tirez sur nous et vous voulez qu’on vous consacre un papier ? ». Le prochain livre, maintenant c’est sur, je l’écrirais sous le pseudonyme « Daniel Shneidermann » ou « Loana », histoire de mettre quelques chances de mon côté.

 

Batistes. Auteur du livre “En Attendant Camille, Le monde s’écroule” éditions du Vent 2006.

oct 21 2008

Manifestation du mardi 28 mars à Rennes

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Photo reportage de terrain en Bretagne : yann chollet photographe malouin

Les photos exclusives

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oct 21 2008

Les 12 caricatures de Mahomet (Réponse à un email)

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Image des Caricatures de Mahomet relancent la polémique.

Ma réponse à Mussën (Suite à son Email concernant le premier article sur le thème)

 

Un débordement artistique et alors…

 

Je suis toujours heureux de débattre, d’entendre et de tenter de comprendre. Concernant votre première question : « Est-ce que vous avez bien compris la source de la colère des musulmans ? ». A vrai dire ce n’est pas ma quête. Par mon article, je regrette simplement que la colère dégénère et enflamme des pays, fasse naître des sentiments exacerbés, se transforme en « boucherie », attise les médias. Comme je le précise dans mon premier papier, nous « les humains », nous trouvons déjà tant de raisons de nous haïr, alors pourquoi se focaliser sur un léger débordement artistique. Est-il possible, en ce 3ème millénaire de discuter sans colère ? Oui. Le tout est de s’en donner les moyens. J’ai l’impression que « les caricatures » ne sont qu’une étincelle, qu’un mauvais prétexte pour exprimer une douleur préexistante, plus profonde. D’ailleurs, mon billet ne s’attarde pas à dénoncer ces débordements. J’ai entendu depuis quelques semaines, dans la presse, trop de « biens pensants » monter au créneau pour exposer leur science, au nom d’un savoir qui n’est de valeur qu’aux yeux de ceux qui se pensent intelligents. A vrai dire, ces gens, ils me fatiguent, ils n’apportent jamais de solutions, ils s’écoutent parler et nous, on écoute en remuant la tête. Personnellement, je m’endors.

 

” Le savant ne voit pas le même arbre qu’un fou “

 

Votre deuxième question « Est-ce que vous avez déjà eu une idée concrète et objective de l’Islam ? ». Pour être sincère non. Je n’appartiens pas à la catégorie citée ci-dessus « les biens pensants ». Je reste incapable de dialoguer une heure sur un même thème, en tentant de faire penser à mon interlocuteur, à la justesse de mes dires. L’ouverture, l’observation, la réflexion, le débat, voilà plutôt mon chemin. Chacun doit vivre son Islam, je n’ai pas de conseils à donner. « Le savant ne vois pas le même arbre qu’un fou » dit-on. Je constate simplement qu’en nous focalisant sur des sujets religieux et les heurts qu’ils engendrent,nous perdons notre énergie. Nous sommes dans une spirale, où l’information essentielle est omise, où le monde se fracture. A mon goût, l’histoire « des caricatures de Mahomet » est un sujet de second plan. La religion est peut-être « une raison d’être », comme vous le précisez, mais ce n’est certainement pas une raison de se faire la guerre, ni de prouver le fondement de celle-ci aux autres, par des actes quelconques. J’aime croire que celui qui vit sa religion pleinement ressemblerait à « un moine », un ermite tranquille. Je n’ai pas de croyances particulières, je le précise. Par contre, je pense que la foi doit se vivre de l’intérieur, c’est quelque chose de personnel, qui peut permettre un épanouissement de l’esprit. La croyance n’est en aucun cas une raison de déviances, d’actes barbares, de combats ou règlements de comptes. Il m’est arrivé de rencontrer « Emile Shoufani », le curé de Nazareth, lors d’une interview ; c’est le genre de religieux qui m’interpelle. Il ne parle que de paix, d’amour, d’écoute de l’autre. Là ok, j’écoute.

 

Non à la pensée unique

 

Quant à respecter « les principes de vie d’autrui » c’est aussi ma philosophie, je pense que vous le comprenez. Dans ce cas présent, il faut donc respecter le regard de « l’artiste » sur Mahomet. Ensuite, il est toujours possible de dire « je n’aime pas », « c’est injurieux ». En aucun, nous ne devons choisir des solutions de conflits ou de menaces. C’est mon point de vue. Regardez les humains, des milliers d’années de vie commune et pas une année sans guerre. Nous savons nous servir de l’histoire lorsque ça nous arrange, pour expliquer des situations, disserter ; servons-nous plutôt de celle-ci pour éviter des situations. La nuance est là.

 

Pour revenir à mon premier article sur le sujet, je parle surtout du patron de France-Soir, qui a dû plier bagages depuis la parution des caricatures. C’est d’un ridicule, une injure à la profession. Pourtant, suis-je animé d’une quelconque colère ? Non, je tente d’ouvrir le débat, de parler du sujet plutôt que de traiter d’un autre. Ayant vécu moi-même la censure avec mon premier livre, je lève ma plume chaque fois qu’elle pointe son nez. Sachez que l’art, « les caricatures de Mahomet » en l’occurrence, est subjectif et qu’il aurait été bien difficile de réaliser des dessins qui plaisent à tout le monde. Si l’on devait toujours travailler sur des schémas types « consensuels », cela irait dans le sens de la pensée unique. Je suis contre, désolé…

 

Batistes

oct 21 2008

L’absence de médiatisation peut tuer la culture

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Livre auteur malouin yann chollet 2003

Des murs à infranchissables pour se faire connaître

 

Voilà quelques mois, mon deuxième livre paraissait aux éditions du Vent. La presse qui possède le livre semble ignorer ce dernier. A vrai dire, l’ego prend souvent un petit coup de trop, lorsque le silence des médias rassure vos certitudes. Un homme avertit en vaut deux, dit-on ? J’en doute. Certes, écrire un roman noir à la française « En Attendant Camille, le Monde S’Ecroule », ce n’est sans doute pas faire preuve d’un esprit commercial d’excellence. Je sais, les prix d’excellence, ce sera pour plus tard. Normal, pour l’instant, le consensuel n’a pas entamé mon « esprit rebelle » (Rebelle=en quête de vérité). En quête de vérité donc rejeté, les écorchés vifs sont souvent éloignés de la libre parole et des supports médiatiques classiques. Du moins pour mon cas.

 

En attendant, la patience s’impose. Patienter pour entrer sous la lumière, ne serait-ce que sous une micro petite. Non pas pour la lueur qu’elle apporte, je m’en fiche, mais simplement pour que les gens puissent savoir, m’entendre, me lire. Comme ils le firent avec plaisir, à maintes reprises, lorsque je laissais traîner quelques mots dans les lignes du « Petit Bleu », petit hebdo des Côtes d’Armor dont les ventes montaient en flèche, à l’époque, sur mon secteur. Ma première expérience journalistique, quoiqu’en pensent certains journalistes ou patrons de presse. Là encore, l’impertinence de cette dernière phrase, confirme la règle ou l’inverse : chaos à l’arrivée, irrespect de la part de la profession. Voire, des regards sarcastiques de quelques êtres humains, encore étonnés que l’élève puisse faire mieux qu’eux. Un petit correspondant de presse ne peut devenir un journaliste, aux yeux des pros. L’impertinence devient pertinente, à tel point que l’autre vous regarde d’un œil étrange, comme à l’usine lorsque vous glissez une bonne idée au patron et que vos collègues se demandent pourquoi. Le temps passe, les rêves subsistent, les cons sont oubliés. La vie continue, l’espoir revient, les cons en sont toujours. Malgré ce constat et les murs qui se dressèrent devant moi, à l’époque, quelques belles enquêtes pour des revues nationales me permirent d’obtenir ma carte de presse et d’entrer dans ce milieu obscur.

 

Cherche la vérité et tu connaîtras la censure

 

Après s’être fait censurer à tout va, lors de la sortie de mon premier livre « 7 jours sur 7 à votre service », qui dénonçait un groupe si grand qu’il finit par me démontrer mes certitudes, j’attendais une main tendue, un regard de la part de la presse. Cette presse, qui pour des raisons purement économiques et la sauvegarde de ses budgets publicitaires, décidait d’omettre l’existence du témoignage clef, que fut ce premier ouvrage. A cet instant précis d’incompréhension, la pensée se divise en deux. Suis-je parano ? Suis-je trop petit pour exposer cette réalité, qui faisait de ce grand groupe un gourou des temps modernes, un groupe totalement hors éthique ?

 

Mon expérience en la matière, les phrases de mes propres confrères, puisque j’avais ma carte de presse, les divers témoins et des enregistrements multiples, furent là pour confirmercette double réalité. L’une étant que j’étais trop petit et l’autre que la presse se faisait acheter. De façon détournée, bien évidemment, mais bien acheter par des plans médias. Cela, par contre, il vaut mieux le taire. Ou bien devenir pertinent : L’impertinence, eh oui, toujours mon vilain défaut ! Malgré cette censure d’au moins deux ans, certains journalistes m’ont tout de même soutenu par des articles. Même s’ils étaient souvent légers, ceux-ci firent leurs effets un peu partout en France. Si bien qu’une bonne partie des livres finirent par être vendus. Là, ce fut la vrai surprise tout de même. Alors qu’un écrivain qui publie seul, vend généralement 200 livres, j’ai vendu plus de 2.000 ouvrages. On en trouve dans les bibliothèques des écoles hôtelières, dans les couloirs de l’assemblée nationale, sur le bureau de certains juges, d’avocats, dans les universités, sur le comptoir de directeurs d’hôtels et dans les piles des médias.

 

La communication remplace souvent l’information

 

Si ce livre avait fait de réelles « une », ou si une maison d’édition plus courageuse que la presse, avait fait le chemin à mes côtés, je vous laisse imaginer le résultat. Bref…Après ce plaisir subtil, il fallut se faire oublier de la censure, dans l’espoir de poursuivre. D’écrire le suivant. De s’assagir peut-être ? Il était déjà là, le suivant. Ecrire sous mon nom sembla trop frais encore, si bien que je décidais de l’écrire sous le pseudo de Batistes. Pseudonyme inscrit sur ma carte de presse. Malgré des efforts, les mots, les phrases de ce roman noir fraîchement imprimé, sentaient le souffre. Exposant à tour de bras ma vision de notre société contemporaine, mon indignation de certaines institutions et faits, montrant à quel point nous sommes devenus, tous, des moutons. C’est pourquoi une fois encore, rares sont les journalistes ayant accordés un œil, même critique, sur quelques bonnes feuilles. Pourtant, si vous connaissiez les commentaires des lecteurs ! Vous seriez tentés de me suivre à travers ces 289 pages.

 

Quoiqu’il en soit, je constate qu’il est plus important aux yeux de nos journalistes, de chroniquer deux fois le dernier Jean D’Ormesson ou autres, plutôt que d’informer les lecteurs sur l’existence d’un nouvel auteur. Nous n’avons pas la même vision du mot information, ni de cette déontologie journalistique qui faisait jadis, de notre presse nationale, l’une des meilleures. Les Français rejoignent d’ailleurs ma pensée, si l’on en croit la chute vertigineuse des ventes de cette presse française. Evidemment, les gens sont bêtes mais plus dupes. Avec de nouveaux moyens de communication, critiquables certes, les Français se renseignent, se documentent et s’aperçoivent rapidement du consensuel établit par la presse, des manigances et des abus de celle-ci. Aujourd’hui, les dépêches AFP sont à disposition de tous, alors…Pourquoi acheter des journaux qui se contentent de les reprendre à la lettre. Les enquêtes deviennent rares, faute de temps. Comme les politiciens, idem. Ils parlent, ils parlent, font peu et un jour s’étonnent de plus être entendus ! Le cas de mes deux livres n’est qu’un petit exemple, bien sur. Votre vie, votre propre expérience, vous démontreront certainement un jour, quelques-unes des vérités exposées ici. Il suffit pour cela de deux choses : Ouvrir grand les yeux et tendre les oreilles.

 

Se plier aux inégalités médiatiques ou continuer de les dénoncer ?

 

Je m’égare une fois de plus dans les méandres des mots, dans ce lieu où la pensée s’évapore pour revenir de plus belle. Sans doute que tout cela à un sens. Déjà faire connaître mon dernier livre dont les critiques sont plus que positives, mais surtout tenter de vous surprendre. Certains ne comprendront pas grand chose à mes phrases, car il faut savoir lire entre les lignes pour saisir la subtilité de mon univers. Mais j’ai mieux encore pour vous surprendre. Effectivement, je pense exposer bientôt les 4 premiers chapitres d’« En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule » en lecture libre via le net. Voire 6 chapitres. Une fois de plus, cela pour détourner le manque d’écoute et de médiatisation autour de ce roman noir. Tout cela semblera bien égocentrique à vos yeux. Seulement ais-je le choix ? Dois-je me fondre et arrêter d’écrire, alors que je ressens à chaque prestation un engouement autour de mes lignes ? Puis-je m’imposer un silence, sous prétexte que des journalistes bien assis préfèrent plus penser à la rentabilité qu’à l’information, plus à conserver leur place qu’à ouvrir les débats ? Suis-je obligé de me plier à ce monde où des gens comme Ardisson ont parole d’évangile et dirigent à loisir les esprits des consommateurs ? « Je parle de ça, donc c’est ce qu’il y a de mieux, donc achète »…

 

Ce n’est pas de l’information, c’est du matraquage. Je remarque au passage que France 2, chaîne nationale, en laissant de telles émissions se poursuivre, n’apporte pas une image d’une France démocratique. La parole n’est jamais offerte aux artistes en marge du système. Les invités se ressemblent d’émission en émission, ayant pour cause d’évincer de la place médiatique, ceux qui forment pourtant la richesse culturelle de notre pays. Inviter un artiste connu, franchement c’est bien, je suis d’accord. Mais l’inviter trois fois, sur 4 chaînes différentes, pour dire la même chose, c’est dommageable. C’est omettre d’accorder une plage de liberté à quelqu’un d’autre.

 

En Attendant, je souhaite mes bons vœux à ceux qui m’aident en achetant mes livres ; qui aiment découvrir d’autres univers ; qui contrent par cela, la pensée unique. (renseignements sur mon dernier livre, pour toutes commandes à batistes@aol.com).

oct 21 2008

Poésie du jour

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Photo exclusive de la grande grue intra muros : yann chollet

 

Se soumettre à rendre l’encre à la plume. C’est paraître en attendant meilleure lune. Laisser un temps le discours des autres planer. Est-ce se résoudre à tant de dégoût, lassé ? Peut-on s’estomper dans le silence d’un moment ? Pour que tout, par magie, s’éclaircisse un instant. Le monde s’évade et nos vies sont passées. Je me noie dans les yeux des enfants assassinés. Ils sont plusieurs à crier, leur cœur est fendu. Pourquoi merde tous ces drames et toujours, irrésolus ?

 

Se soumettre à rendre le paraître à la plume. C’est partir tête baissée en quittant la tribune. Laisser trop de chance à l’unique pensée. Est-ce se pendre à la corde des mots délaissés ? Peut-on se suicider en toute quiétude devant les biens pensants ? Sans rien dire, sans écrire, sans chanter, sans sentiments. Le monde s’étire et nos âmes sont errantes. Je me noie dans les regards des femmes battus suffocantes. Elles sont tristes et plus d’une larme a coulé. Les ordures ça existent, la guillotine est cassée.

 

Se soumettre à rendre le départ à demain. C’est dormir humilié en ne rêvant plus rien. Laisser sa viande se trimballer au grès du vent. Est-ce l’objectif des humains de maintenant ? Peut-on n’être qu’un vide, qu’un néant toute une vie ? Pour que rien ne soit fait, rien ne soit dit. Le monde s’échappe et nous avec. Je me noie dans les hurlements de l’Afrique en obsèques. Sida, ils sont si nombreux à périr, alors que si peu ferait tant pour l’avenir. Les mères, les maris, les femmes, les enfants…..Que faisons-nous, de nos vies, pour aider les gens ?

oct 21 2008

L’Europe débat sur FR3 (Archive Avril 2005)

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Lundi 25 avril 2005, FR3 proposait un débat animé, faut-il le dire, par une Elise Lucet resplendissante et réactive. L’envie me démange d’ailleurs de lui écrire « une lettre à Elise » pour lui dire ceci : Vous êtes une journaliste comme je les aime, bravo. Bon cela dit, l’émission « débat sur la constitution européenne », n’a pas encore manquée d’être pitoyable, une fois n’est pas coutume. Jamais deux sans trois. Deux phrases me viennent à l’esprit : « Dans le doute abstiens-toi ». Première réplique pour expliquer à ceux qui ne lisent pas, qu’ils ne doivent ni voter et surtout se taire. Est-ce démocratique de partir aux urnes en juin prochain, pour se décider d’une chose qu’on ne connaît pas ? Non. Pour une fois l’abstention serait de démontrer l’inutilité d’un referendum inutile, que nos chers politiciens transforment à chaque heure, un peu plus en une mascarade. « Ah ! La politique est l’art de créer des faits ; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l’intérêt est son but ; l’intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit » Beaumarchais, un visionnaire ? Oui et surtout réaliste, rien n’a changé depuis.

 

N’entrons pas « dans la caricature » c’est la phrase phare de nos politiciens sur ce traité. Un sacré débat quoi. En écoutant l’émission l’autre soir, j’ai compris pourquoi ils évitent l’écran : parce qu’il les reflète tels qu’ils sont. Que ce soit Barnier ou Voynet,  Philippe De Villiers (qui ne représente que lui-même), Buffet ou Le Pen en passant par Besanceno et Bayrou, Lang, qu’ils sont ridicules lorsqu’ils pensent détenir une vérité. Ce n’est pas possible, désespérant. Pourquoi un invité n’a pas pu prendre la parole et dire : « Mais voyons, vous répondez à côté de la plaque. Vous nous méprisez, nous emmerdez, revoyez votre copie et repassez plus tard ». Ah Coluche que de sketchs en perspective ! Personne n’a repris le flambeau, en France maintenant, on bande mou sur la prise de parole et sur tout d’ailleurs. Chacun pour sa pomme, tous pour moi, tout pour moi et rien pour les autres. Cela n’a rien à voir avec le traité établissant une constitution européenne, je le sais. Elle n’y changera rien non plus d’ailleurs. Mais vous remarquerez que la plupart des questions abordées ce soir là, sur un plateau télé transformé en hémicycle (mise en scène assez affligeante), n’avaient pas grand chose à voir avec ce referendum.

 

Bref, on nous dit d’aller voter oui, on nous dit d’aller voter non ; on pose des questions hors cadre puisque personne n’a lu ; les politiciens sont ailleurs, à espérer un siège vraisemblablement pour leur propre fesse ; les médias font leur petite salade pour nous divertir et vendre du papier ; on fait jaillir des grandes peurs sur le méchant américain qui nous bouffe déjà depuis bien longtemps ; on nous fait découvrir que la Chine n’est plus un pays sous-développé. Oh là là, la catastrophe les petits enfants, aurait lancé Guignol. Oui, les guignols ne sont plus que des marionnettes, mais bien en chair et en os. Tout ceci présentant un avantage, tout de même, celui de nous faire oublier notre triste quotidien. Au restaurant, dans les cafés, dans les discussions, on bouffe de la constitution européenne à tous les râteliers. L’indigestion venant finalement à la lecture du traité. L’addition s’il vous plaît. Heureusement, nous serons bientôt sauvés. Dans quelques jours tout le monde aura son beau petit livret, dans la boîte aux lettres, pour apprendre sa leçon. Connaissant la difficulté de lire les X pages de ce beau traité, il est par avance regrettable que Madame Marcel, qui habite au 50ème étage de la tour de béton n°6 et qui sort en moyenne une fois de chez elle, le samedi, pour se ruer au temple de la consommation regarder les produits qu’elle n’achètera jamais, ne lise pas une seule page du dit traité. Combien de mesdames Marcel ne le liront pas ? Combien iront pourtant voter ? C’est une problématique…

Arrêtons les débats télévisés stériles où les prétentieux s’écoutent, où nos politiciens (de tous bords) nous font regretter d’avoir voté pour eux.

Batistes

oct 21 2008

Le Destin Gore du Petit Porc des Côtes D’Armor (archives)

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Inédit

 

Retour en juin 2001 sur ma première enquête pour ” Le Vrai Papier Journal ” de Karl Zéro. Un dossier sur la filière porcine en version intégrale. (Texte et photos interdits à la reproduction sans accord).

 

 

 

La vache et le mouton n’ont plus la côte ? Il reste le goret. J’ai suivi la filière et découvert les dessous crades de la filière porcine en Bretagne.

 

Le petit cochon et la truie. Image de Yann Chollet, Photographe en Bretagne à Plancoët.

      

                                                           

On croit la connaître mais il y a toujours à découvrir. Sa mer est belle, d’émeraude dit-on ! Ses paysages paradisiaques, la verdure partout. A force de se balader sur les plages en Bretagne, on oublierait presque de s’égarer dans les terres. Pourtant, à une dizaine de kilomètres, ça renifle déjà. Une odeur peu commune pour le citadin distrait. Intrigué, j’ai suivi l’effluve et compris le pourquoi. Oui, c’est vrai, je l’avais oublié, l’industrie porcine est une réalité par ici. Le parfum vient des champs, des épandages du lisier. Autrement dit de la merde de cochon fermentée. Les mouches adorent. Certes, vingt-quatre mille personnes vivent directement de la filière chez nous. Des abattoirs gigantesques, sept mille exploitations (cinq fois moins qu’en 98), des fabricants d’aliments. Les grosses centrales d’achat viennent faire leur marché ici, à prix Tati (elles sont maîtres du territoire, distribuant 80% des produits frais ou jambon, un vrai monopole !). Affirmatif : la Bretagne est un pilier en matière de production…de nitrates. Avec un département très représentatif, plus que les autres, les Côtes de Porc…Euh d’Armor. C’est le fief, plus de 4,5 millions de bêtes, 20% de la part de production porcine française. Les trois autres départements sont pas mal non plus, totalisant 40%. Après deux ans de crise, les porchers, comme on les appelle, n’ont jamais plié. Défendant pour certains un label nommé Cochon de Bretagne, précise un éleveur du cru : « Il fallait redorer l’image de la profession. Mettre en place une traçabilité d’un bout à l’autre de la vie de la filière. Ainsi, le consommateur peut remonter jusqu’à nous s’il le souhaite. Nos bêtes sont marquées dès le premier jour et tout le long de leur vie. » Sonmétier n’est pas facile. Heureusement, les cours sont à la hausse. Sous la barre des 5 francs le kilo pendant la crise de 1998-1999, 8 francs début 2000, 10 francs aujourd’hui.

 

Image de Petit cochon qui nait. Image de Yann Chollet, photographe.

              

                  

Mais être éleveur, c’est d’abord savoir faire face aux critiques. Les algues vertes envahissent la côte et ils sont montrés du doigt. Les nitrates dans les rivières sont partout, on les accuse encore. Ces trente dernières années, l’élevage intensif a fait rage. Normal puisqu’il a fallu servir l’Hexagone, trente-six kilos par habitant et par an. En pôle position, en ces temps de vaches maigres, devant la viande de bœuf, vingt-six kilos par habitant et par an. Cette puissance économique a les reins solides. A part le jambon dans l’assiette, le filet ou la côte, que sait-on vraiment de la bête ? De cet « or rose » ? Moi, en citadin ignare, je suis parti voir d’où venait l’odeur et si les petits cochons s’amusaient toujours avec le grand méchant loup à travers champs. Jamais je n’aurais pensé que l’animal à quatre pattes vivait une vrai vie de cochon industriel. Sans voir le soleil, en cent quatre-vingt jours, il passera de un à cent kilos. A respirer continuellement ses déjections parfumées à l’ammoniac. Né de l’insémination artificielle comme 80%de ses congénères, l’histoire de Cochonnet m’interpelle. De la naissance à la barquette, c’est la chronique d’une mort annoncée. Une réalité crue, un voyage où les sentiments sont à mettre de côté. Ames sensible s’abstenir.

 

 

 

 

Bonjour la porcherie

 

D’abord des départementales, puis des petites routes menant vers deslieux-dits. Je m’égare en rase campagne, au hasard, en quête de découverte. Rapidement, j’en aperçois une, deux, dix. Les exploitations ont poussé comme des champignons. On ne peut pas dire que les porcheries inspirent la poésie : des parpaings superposés, des plafonds bas chapeautés de sortes de tôles ondulées. Quelques arbres maladifs autour, de minuscules fenêtres, une petite porte pour entrer. Pourvu qu’on la trouve. Celle-ci est de taille moyenne pour le département, deux cent truies y vivent, mille quatre cents places sont disponibles. C’est donc là que vit l’animal. Moi qui pensais qu’il gambadait en liberté. Non, sa maison n’est ni de paille, ni de bois, mais de béton. Une espèce de camps de la mort qui ternit le paysage. Pourtant, le coin est joli, à une quinzaine de kilomètre de Dinan, à huit kilomètres de la mer. Pour le commun des mortels, le citadin qui garde l’image des fermes d’antan, entrer dans une porcherie n’est pas chose évidente. L’odeur y est forte, insupportable. Passé ses freins olfactifs, ses préjugés, avant de pénétrer au cœur du cauchemar, mieux vaut se documenter pour saisir les différences. Une truie qui n’a pas encore fait de petits, c’est une « cochette » d’environ cent cinquante kilos. Le mâle (cent de plus) se nomme verrat, nous explique notre hôte : « Rien que de voir passer le verrat, les truies sont excitées. On leur enfile à cet instant, une sonde dans la vulve et on raccorde la dose de sperme réchauffé à 35°. Ça va vite. » Dans les exploitations bien outillées, on peut farcir jusqu’à trente bêtes à l’heure. Dans sa vie, la truie fera sept portées et sera abattue vers 4 ans. Allez, entrons. Après cent huit jours de gestation, maman truie est mise dans la case maternité, fraîchement nettoyé. Dans six jours, on lui fera sa piqûre d’hormones pour que les accouchements se fassent en chœur. Espérons que la naissance de Cochonnet, que je suis venu voir, illuminera ce lieu lugubre.

 

Image de Truie dans son élevage. Photographie par Yann Chollet, photographe à Saint Malo.

 

Voilà la salle des mises bas. Sombre. Juste une faible lumière ouatée qui éclaire les bêtes. C’est l’heure du « travail ». Il est né, il est rose, parfois tacheté, il pèse un kilo le petit Cochonnet. Il est encore plein de sang, l’odeur est forte. La poche sanguinolente qu’il a percée glisse sous lui. Je me prends d’affection. Pourtant, on m’avait prévenu : « Une bête est une bête. N’oublie pas qu’elles n’ont pas la notion de la souffrance. Ne fais pas de sentiments, ce ne sont pas des humains. » Pour se voiler la face, pour éviter d’avoir à investir dans le bien-être animal, les Bretons ont trouvé les mots justes. Evitant ainsi la réflexion sur un sujet corné. Ah, te voici ! A peine fait-il ses premiers pas qu’il se dirige vers les mamelles de sa mère. Une dizaine de frères et sœurs l’entourent. Premier objectif, éviter la truie maladroite. Celle-ci est maintenu entre de gros barreaux. Se lève puis se laisse tomber inlassablement. Ainsi coincé, elle ne voit pas (oh triste sort !) qu’elle écrase, ici et là, sa progéniture. En attendant, elle grignote les barres d’acier, son seul horizon. On compte les morts-nés et les bêtes chétives, 10% des arrivants ne passeront pas les 48 heures. L’employé veille, évacue les malheureux. L’image générale pourrait être supportable, la vie c’est beau. Seulement ici, l’odeur se faufile et s’imprègne en moi, jusqu’à l’âme. Les grognements indescriptibles résonnent sans s’arrêter, les bêtes sont alignées. A droite, celle-ci hurle en continu, ça fait peur. Essayant d’esquiver, plus loin, une autre me regarde. Comme si j’étais son bourreau ! Comme si elle comprenait les cris des autres ! Pas question de s’attendrir, on m’avait prévenu. Dans deux jours, les queues seront coupées. Dans trois, les petits mâles seront castrés (évitons les cochonneries) « à la pince ou au bistouri », dit sans vergogne l’éleveur. Sous anesthésie ? « Non. » Pas de sentimentalité, c’est certainement l’une des clés pour travailler ici.

 

Le Verrat, cochon reproducteur en Bretagne.

 

Les 180 jours de Cochonnet

 

Il est sevré. Après vint-sept jours, Cochonnet quitte sa mère. Il entre en post-sevrage. Mon petit mignon se retrouve avec une vingtaine de porcelets entre quatre murs. Dans le bâtiment, huit parcs similaires, environ cent quatre-vingt bêtes sont logées à la même enseigne. Il lui faudra quarante-deux jours pour atteindre les trente-cinq kilos. Pour l’instant, il en pèse huit. A coups de granulés aux céréales, le temps qui passera le rapprochera chaque jour un peu plus de la mort. Le compte à rebours est enclenché. L’air est relativement respirable. Cochonnet est maintenant conduit à l’engraissement. Il n’a toujours pas pris son bain de soleil, mais il s’est fait des copains. Ils ne sont plus que douze par boxe dans ce nouveau pensionnat. D’un bâtiment à l’autre, les couloirs se rejoignent. Fini la rigolade, il faut que tu grossisses mon ami. A table, voilà ta soupe. Une mixture faite maison. Un mets de choix qui déclenche un appétit quasi permanent. L’animal est dupe, se goinfre sans réfléchir. Le mélange est bon, paraît-il, moi je suis perplexe, vu sa texture : céréales, petits pois, maïs, blé, minéraux, tubercules, sucre. Et 10% de soja. OGM ou pas ? Cet éleveur nous éclaire : « Les fabricants n’ont pas l’intention de jouer la transparence. Rien ne nous garantit que le soja ne pas transgénique. » Un flou qui inspire le doute. De toute façon, les fabricants de l’agro-alimentaire sont-ils encore crédible ? Les événements récents démontrent l’inverse. Une certitudes cependant : « Les facteurs de croissance, les farines animales, ont été radiés. Le cahier des charges est strict », assure l’éleveur.

 

 

Cochonnet, où es-tu ? M’entends-tu dans ce chaos ? Ce couloir est cauchemardesque, une prison, ma conscience prend le dessus. Seuls les grognements sourds me dirigent. Je pousse une des portes. Dans les caillebotis, nom des boxes, je l’aperçois, il a bien changé…L’émanation est intenable. Normal puisque sous lui, ses déjections se sont transformées par fermentation en lisier. Fleur de lisier, parfum à l’ammoniac volatile. Douce odeur de Bretagne, terre de l’épandage. Rester plus de cinq minutes, c’est se condamner à la douche. Cheveux, vêtements, peau, la puanteur est telle qu’elle s’imprègne partout. Pas étonnant que les pneumonies soient fréquentes chez l’animal à ce stade.  Soignées aux antibiotiques. Quant aux diarrhées, un bon plâtre gastrique fait l’affaire. Pour la grippe, comme nous, un coup d’aspirine. A la sortie du post-sevrage, Cochonnet s’est offert une vaccination contre l’Aujeszky, maladie grave du porc. Depuis 1999, un arrêté ministériel est entré en vigueur pour éradiquer l’épidémie. Il a complété le dispositif déjà mis en œuvre dans la passé. Après cent jours de régime plein gaz, je ne reconnais plus l’animal fétiche des premières heures. Cochonnet est un mastodonte de cent dix kilos. Un vrai dur qui tourne comme un dingue dans ses 15m2. A environ cent dans la pièce au plafond bas, les porcs n’en finissent pas de grogner. Si fort qu’on ne s’entend pas plus parler. L’atmosphère ambiante, sordide, aurait-elle rendu folle la bête ? Où est-il, mon ami ? Son air agressif est inquiétant, ses pattes ont gonflé. Environ 3% sont morts pendant la période. Si je m’évanouissais là, me mangerait-il sans me reconnaître, poussé par la meute ? Moi, il me faut de l’air, du soleil, vite j’étouffe. Après cent quatre-vingt jours, le gros pépère va partir, il vient d’être négocié par un groupement. Au marché au cadran de Plérin, les acheteurs tiennent les rênes. Là-bas, la confrontation de l’offre et de la demande détermine deux fois par semaine le prix aux kilo. Une référence en France, l’un des principaux indicateurs européens. Pour l’instant, il attendra de 24 à 48 heures avant que l’abattoir vienne le chercher : « Nous somme prévenus par téléphone du jour de l’enlèvement, car les bêtes doivent être à jeun douze heures avant le départ. Cela permet de maîtriser les contaminations à l’abattoir », certifie le porcher. Tu ne déféqueras point. Serrés sabots contre sabots, dans un camion équipé d’un point hydraulique, je perds Cochonnet de vue. Il part pour un voyage sans retour. Profite du soleil une première et dernière fois, à l’arrivée, la mort t’attends. D’ailleurs, certains, trop stressés, auront une attaque cardiaque lors du transport. Après une telle existence, l’air sain l’a surpris, la lumière trop forte lui a peut-être brûlé les yeux ! Ceci n’intéresse pas grand monde de toute façon. Le profit oui.

 

Image de Yann Chollet. Enquête sur l'univers du cochon de la naissance à l'assiette.

 

On se croirait à Tchernobyl !

 

Sur la route, toujours cette même odeur dans les champs. Une autre exploitation m’attire. Un véhicule blanc est stationné devant, la porte est ouverte, j’entre. Les hommes du centre de production animal et agroalimentaire de Ploufragan sont à pied d’œuvre : « Nous travaillons en collaboration avec les laboratoires et les éleveurs pour essayer les nouveaux médicaments », me disent-ils. Combinaisons bleues, masques protecteurs, gants, chapeau, l’habit fait le moine. Sommes-nous à Tchernobyl ! Le vétérinaire et le technicien sont en pleine expérimentation : « Dans les semaines passées, nous avons injecté aux porcs différents antibiotiques, vaccins, anti-inflammatoires. Aujourd’hui,nous effectuons les prélèvements pour les étudier. » En attendant, dans le couloir, le cochon en train de pourrir que j’ai vu, m’a laissé perplexe : je suis étonné par son état de putréfaction. C’est sur, il est là au moins depuis10 jours. Est-ce cela l’hygiène dont on m’a parlé ! J’ai vu ce que je ne devais voir. « Celui-ci n’a pas résisté aux produits testés. On l’a retrouvé mort dans le caillebotis, les autres l’ont grignoté. » De quoi tranquilliser le consommateur que je suis. Pas rassurante l’ambiance. Entouré par la meute de cochons apeurés et hurlants, le vétérinaire agit. Il repère un animal témoin, l’attrape avec une sorte de serre-groin qui le calme. L’horreur prend toute sa dimension. S’il on comprend l’utilité de l’outil, on s’indigne devant cette méthode sortie tout droit du Moyen Age. Elle fait grogner le porc, son regard se fige comme s’il était saisi de douleur. Imaginez-vous une grosse pince étau sur le bout de votre truffe. C’est vrai, on n’est pas des bêtes ! L’autre, pendant ce temps, le pique pour extraire le sang, évitant par de forts coups de pied les pauvres qui s’effrayent autour. Les deux hommes ont bien travaillé, sans sentiment. Si j’ai gardé un grand respect pour les éleveurs rencontrés, ces deux-là n’ont pas ma compassion. De véritables tortionnaires…….

 

La suite de cette enquête et photos en cliquant sur ce lien :

http://pageperso.aol.fr/batistes/cochonsbretagne.html

 

Textes et photos Batistes ( pour une enquête sur un sujet, contactez-moi à batistes@aol.com )