Articles avec le tag ‘saint malo’

Petite poèsie du soir

Mercredi 29 octobre2008

 

(entrée du zoo de la bourbansais automne)

 

 

Légers comme l’air, les mots suivent ma pensée. Glissent lentement le long du ruisseau pour parvenir jusqu’à chez toi.

 

Que restera-t-il de mes sentiments une fois que tu les sauras ?

Si peu, peut-être, mais d’autres viendront encore t’endormir, d’autres partiront, volatiles, couler le long de l’eau.

 

Avec le temps, l’envie, je partirai c’est sûr porter ces mots.

 

Parce qu’il est des choses que l’on ne peut laisser s’enfuir le long des flots.

 

Le long de la longue digue qui nous sépare, bientôt, j’arrive, attend moi je pars…

Petite pensée nocturne (archive)

Mercredi 29 octobre2008

 

Le mole de saint malo par yann chollet

Le mole de saint malo par yann chollet

 

 

Petit texte du soir…

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, j’ai rêvé du bonheur. En me levant, j’ai vidé ma tête pour mieux entrer dans ce moule, façonné à coup de marteau par les autres. J’avais c’est sur fait des songes d’une vie normal, d’un monde dont le souvenir me ramène à ma naissance, mais la donne a changé entre temps, me portant vers un idéal tronqué par l’absurdité extérieure. Je ne recevais que des fausses notes, je n’entendais que rires éclairés à la lumière des péchés. Les hommes n’étaient pas sérieux, même pires, ils se soûlaient de passivité et d’ignorance. Ils croyaient avancer mais reculaient inlassablement, toujours inlassablement. Comme dans le casino où le pire des paumés venait miser et miser encore, gagnait puis perdait, puis gagnait puis finissait la gueule dans le caniveau. L’autre soir, avant de dormir, j’ai croisé un corbeau de cet espèce, j’ai croisé aussi des vautours qui rigolaient de sa déchéance, j’ai croisé plus loin un mendiant, et l’absence entre les trois. Alors j’ai marché sans me retourner, en silence passé le coin de la rue, puis marché encore jusqu’à l’ivresse, jusqu’à me perdre dans le noir de mes pensées, jusqu’à toi l’artiste. Tu dormais, je n’ai pas voulu te réveiller car j’ai cru que tu rêvais encore du bonheur, comme moi, l’autre soir. J’ai lu dans tes yeux la sérénité qui t’est propre. J’ai donc passé mon chemin, refait la route en sens inverse, ignoré une nouvelle fois la connerie humaine.

 

Pouvais-je marcher des heures ainsi en quête de certitudes ou devais-je retrouver les songes d’une nuit paisible. J’ai erré pendant des décennies cette nuit là, ne sachant que faire, ne sachant où me cacher, car je portais le secret d’une absolue vérité. Elle était en mon âme, en mon esprit, en ma conviction cette putain devérité. Je ne pouvais me résoudre à la croire, ni même à l’espérer. Je voyageais depuis si longtemps dans un univers sans place assise, à tenir la boucle d’acier bien en main pour maintenir l’équilibre, à me soutenir à bout de rêves que l’oubli avait précédé le non-sens. Oui, je ne voulais l’espérer cette vérité, mais elle résonnait dans ma tête tel un hymne à la liberté. Que dal mon pote ! Pour toi et les autres, il n’y aura que passivité à moins que tu te lèves la nuit pour enfin vivre tes rêves. Oui, c’est cela, vit la nuit, car le jour les autres réduisent ton espoir en désolation, anéantissent tes joies, tes silences, ta quiétude, ton être. Entouré par ce monde qui s’échoue au bord d’un précipice, qui s’écrase dans l’univers, qui tombe dans l’abîme, l’errance de quelques années te suffira à trouver le trépas. Il est là, il guette à la moindre de tes incertitudes, la moindre de tes faiblesses, pour te briser lorsque que tu courberas trop le dos.  C’est pour éviter le pire que j’ai marché cette nuit là, que j’ai rêvé du bonheur fut un temps. Oui, pour oublier que le néant avance obligatoirement à la croisée des routes, si vite, trop vite, si vite qu’un jour je ne pourrais rejoindre la nuit, qu’un jour les hommes regretteront, qu’un jour la nature reprendra son droit et les terriens avec, et ma tristesse avec, et tout avec…Bonne nuit.

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Batistes

Personne à bord : Ouf

Mardi 28 octobre2008

Plage du môle accident : yann chollet

 Le bateau B7 41941 sera détruit 

 
 

 

Dans la rubrique “faits divers insolites”lo fait divers du jour

Un bateau s’est échoué sur la plage du môle à Saint-Malo, dans la nuit du mardi 14 novembre. Le fait est assez insolite pour en faire quelques clichés.

Bateau échoué plage du mole

 

En arrivant sur la plage du môle le bateau s’est éventré sur les rochers

Photo exclusive : yann chollet : saint maloArticle exclusif : Photo malo : Journalisme : PigisteEn réalité, la vedette qui abhorre un pavillon Belge a dérivé. Selon un douanier rencontré sur place : « Le bateau était à son mouillage à Dinard. Ce dernier a cédé », pour s’éventrer sur les rochers de la plage. Bateau échoué plage du mole à saint-malo : exclusif internet

Une image rare, le bateau est du mauvais côté du môle des noires 

La grue ne pouvant accéder à cet endroit, le bateau devrait être détruit sur place, ce mercredi 15 novembre.

Batistes

 

Photo exclusive : yann chollet : saint maloArticle exclusif : Photo malo : Journalisme : PigisteEn réalité, la vedette qui abhorre un pavillon Belge a dérivé. Selon un douanier rencontré sur place : « Le bateau était à son mouillage à Dinard. Ce dernier a cédé », pour s’éventrer sur les rochers de la plage. Bateau échoué plage du mole à saint-malo : exclusif internet

Une image rare, le bateau est du mauvais côté du môle des noires 

La grue ne pouvant accéder à cet endroit, le bateau devrait être détruit sur place, ce mercredi 15 novembre.

Batistes

 

Route du Rhum : 8ème

Lundi 27 octobre2008
photo du journaliste pigiste en Bretagne : yann chollet

  

La route du Rhum 2006  Départ de la course à 13h03

Saint-Malo va retrouver le temps d’un départ de course, l’afflux des grands jours. Des centaines de milliers d’amoureux de la voile et de curieux vont se ruer, cette semaine et surtout dimanche 29 octobre, sur la cité corsaire pour apercevoir des bateaux de rêve amarrer au bassin Vauban et Duguay Trouin. Quelques 80 voiliers, dont le gigantisme aurait pu être imaginé par Jules Vernes, attendent le vent pour partir à la conquête de l’océan atlantique. Pour un bateau, un skipper. Voilà tout le défi de cette grande course dont la renommée n’est plus à faire, tant elle a su faire naître des grands messieurs de la mer.

course du rhum : yann chollet

 

Nous sommes bien dans la réalité et non pas en pleine science fiction pour cette 8ème édition. Ces bateaux gigantesques sont bien présents, en ce moment, sous les yeux admiratifs des visiteurs. Des voiliers qui peuvent laisser penser que la France compte encore quelques belles entreprises, qui investissent quelques milliers de deniers pour le bonheur des skippers et de tout le monde finalement. Le plus beau sera sans aucun doute dimanche, lorsqu’il faudra se frayer un chemin, à travers la foule, pour espérer apercevoir les premières voiles s’ouvrir sous la brise. Ceux qui n’aiment pas les bouchons pourront toujours allumer leur télévision.

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

 

Le grand départ, celui que tout le monde fête, sur l’eau ou à terre, c’est bien pour dimanche à 13h03 précise, heure où les braves aventuriers se lanceront en quête de sensationsfortes.

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

 

En attendant ce moment exceptionnel, ce lancement de la 8ème route du Rhum, direction la Guadeloupe, voici quelques photos de l’édition 2002.

Yznn Chollet journaliste pigiste à Saint-Malo : rédacteur et photographe

Course du rhum exclusive : photo yann chollet

Petite pensée du soir

Lundi 27 octobre2008

 

aldehi à découvrir

Elle repose en paix…

La mer a posé son émeraude au centre du globe.

De mes yeux j’aperçois le berceau.

J’ai reçu des embruns du rocher sur ma peau.

La mer est calme, mais l’avenir incertain se dérobe.

.

La mer a bercé des années mon âme d’enfant.

Elle est repos et sagesse en un seul firmament.

A l’heure ou d’autres s’éclatent sur le ciment

Des marins partiront ce soir sur l’océan.

 

D’une falaise j’attendrai le retour des bateaux

A son pied, des lames s’empalent en un mouvement.

Frères humains ayez pour la mer de jolis mots.

Gardez pour les pollueurs vos pires sentiments.

 

La jeunesse a fleureté avec la vague.

En un flux, elle emporte les algues au loin et avec les souvenirs.

Jeunes filles aux regards sages, n’ayez d’yeux que pour la bague.

La mer traîne dans son sillage, des sentiments et des sourires.

 

Le cœur saigne l’instant d’un présent trop amer.

Le reflux rapporte des boulettes, sortes de galettes noirâtres.

Il est là le naufrage, le jeune goéland n’a plus sa mère.

Deux femmes discutent, tranquillement, en mangeant autour de l’âtre.

 

Les hommes ont posé leur signature sur l’amer.

Encore, une fois, de plus, l’or noir est là au cœur du berceau.

Qu’offrez-vous, êtres humains pour l’avenir de laterre ?

Vos bras, votre cœur en urgence, avant que ne chavire le radeau.

 

« Là-bas monsieur, oui là, plus haut, à droite »…

Au cimetière de l’écologie, la mer repose en paix.

Batistes. (Photo, peinture d’aldéhi)
 
 
 

 

Petite poésie passagère (archive)

Lundi 27 octobre2008

 

photo exclusive yann chollet : Saint-Malo

 

Toute une vie on se balade entre espoirs et mépris

L’hiver approche certains resteront sur le parvis

D’autres dormiront sous la couette, enfoncés jusqu’au cou

Chaque instant creuse un sillon de plus sur nos joues

 

photo exclusive yann chollet : Saint-Malo

 

Le temps qui défile estompe nos meilleurs souvenirs,

Tandis que d’autres perdent toute chance d’un meilleur avenir

Nous songions déjà, à de futurs bonheurs fleurissant.

A un été clément, où sous le soleil nous irions de ci de là rêvant.

 

Nul n’aura peut-être croisé le destin, de l’homme qui se traîne pour tenir,

Nous le regarderons vagabonder ventre creux, genoux à terre, œil éteint, visage sans sourire.

Nos routes s’entrelacent, nos regards avec et le silence écarte toutes possibilités d’un sursis.

Nous passerons à côté sans même oser dire : salut comment vas-tu l’ami.

 

Photo exclusive de Saint Malo vue de la grande grue : interdit à la reproduction

 

Non pas que nous soyons des vilains ou de pauvres gens sans cœur,

Mais cet homme à terre, seul, nous inspire la terreur.

Nous croyons que nous avions tous, au départ, la même chance,

Qu’il aurait pu réagir plus vite pour éviter l’état d’urgence.

 

L’urgence est là, au pied de nos espoirs et nos mépris,

L’urgence est là qui résonne en une seule symphonie.

Dans nos petites cités de caractères ou au cœur d’un paris qui s’éveille.

Nous éteignons nos neurones, qui lentement retrouvent le sommeil.

 

photo du journaliste pigiste en Bretagne : yann chollet

 

Après ça, qu’avons-nous fait de nos vies ?

Le passé est derrière, le présent s’enfuit.

On a gardé précieusement un bonheur auquel nous avons cru

Et l’autre, celui du parvis, est mort la gueule ouverte, comme un chien dans la rue.

 

Nul ne sera responsable de sa mort et de son errance

Pas nous c’est certain, nous vivons dans nos bulles par évidence

Qui pourrait se sentir coupable de la disparition d’un chien ?

Et après tout, c’est homme qui se traînait, là, seul, n’était rien.

 

Photo exclusive : yann chollet

 

Tout ceci est faux c’est une certitude, car ce chien était humain !

Il attendait peut-être un peu de quiétude, du respect, la caresse d’une main.

Remarques, ceux qui vivent sous le pont ne demande plus rien

Ceux qui habitent là-bas n’espèrent pas grand-chose de la vie.

Ils ont depuis longtemps compris, qu’il ne reste plus d’espoirs, que du mépris…

 

Batistes, auteur du Livre “En Attendant Camille le Monde S’Ecroule” disponible sur commande aux éditions du Vent.

Presse je t’accuse

Lundi 27 octobre2008

Presse censure et consors

 

 

Le Mea Culpa d’Alain Rémond, journaliste à Marianne !

 

Dans « Marianne » du 17 au 23 juin 2006, le journaliste Alain Rémond livre une information gardée le plus souvent discrète par sa profession. A travers son papier, il explique tout bonnement, la destinée des ouvrages des inconnus, qui arrivent dans les rédactions ou directement chez les journalistes : « Je l’ai mis de côté. Dans la pile des autres livres mis de côté ». Voilà donc le triste sort réservé aux illustres méconnus, qui de province, envoient leurs écrits dans les rédactions parisiennes, des myriades d’espoir en tête. Rédactions qui regorgent de piles de livres, donc, qui ne seront jamais lus. Plus loin dans l’article, il avoue avoir découvert par hasard, qu’un livre de sa pile, et qui plus est celui qu’il avait renoncé à lire quelques semaines plus tôt, était en fait celui de Daniel Shneidermann, « un confrère ami ». Bouquin, qui était signé sous le pseudonyme David Serge ! Hasard de la vie ou technique commerciale éprouvée, le dit auteur avait finit par dévoilé son identité. Sous la torture, on imagine ! Ce qui semble, si l’on constate le résultat, plus judicieux pour obtenir une page entière dans Marianne sous la plume d’Alain Rémond et dans d’autres supports comme ce fut le cas. Et oui, la vie est cruelle.

 

Presse écrite et télévisée même combat

 

Dans leur petite bulle culturelle, nos journalistes de la presse écrite suivent la vague commerciale. A l’identique de la télévision. Certains pleurent, en ce moment, le départ de leurs confrères Ardisson et Fogiel, prétextant la mort de talk show où tout pouvait se passer ! Il est vrai que parfois, je précise bien parfois, ces émissions présentaient des inconnus. Ne soyons pas dupes tout de même, l’essentiel de leur fond de commerce, c’est l’invitation de personnalités connus, d’amis. Toujours les amis des amis croisés dans les soirées. Il n’est pas rare de retrouver sur le même plateau trois invités, qui sont eux-mêmes animateurs d’émissions, entourés d’éditorialistes ou autres célébrités de la presse. Voilà la diversité culturelle tant adulée par ceux qui crient de voir Ardisson partir ! Il suffit d’observer les plateaux de l’année 2006 de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » de Fogiel, pour comprendre la supercherie. Tu m’invites, je t’invite, on s’invite. Il y a là une similitude avec l’univers des livres. Similitude observée par exemple, à chaque parution d’un livre de Jean François Khan. Effectivement, lors d’une nouvelle sortie de l’auteur, président de Marianne, vous trouverez dans l’hebdo du même nom, plusieurs encarts parlant du livre pendant un mois. Puis vous le verrez comme invité sur la plupart des plateaux télévisés. Et cela même, si le livre ne présente pas un intérêt flagrant. Le copinage fait donc fureur dans les médias, détournant une place de liberté d’expression en place réservée “aux amis”. Peut-être ne faut-il pas s’étonner ensuite, de voir les lecteurs, les auditeurs, chercher ailleurs l’information, la nouveauté !

 

L’illustre inconnu de la pile de livres de Rémond

 

Le malheur dans l’histoire est d’avoir pour seul horizon, si vous êtes l’illustre écrivain inconnu de la pile de Rémond, l’unique espoir d’un papier dans votre hebdo local. Ce qui ne risque pas d’enflammer vos ventes ! Ni de rentabiliser l’affaire. Ne pensez même pas à un passage télé ! Il serait donc inutile, par constat et par expérience personnelle, d’envoyer votre œuvre dans les rédactions nationales ou régionales. Pourquoi ? Parce que si vous envoyez votre livre de septembre à novembre, on vous dira comme me l’a répondu Georges Guitton, responsable des livres pour Ouest-France : « Nous sommes en pleine rentrée littéraire monsieur…donc…». Donc, votre livre ne peut être un livre de la rentrée littéraire ! Pourquoi, je me le demande encore. Oui, c’est certain qu’il ne portait pas la marque Plon ou Albin Michel. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de novembre à Janvier, car cette fois, on vous répondra : « Nous sommes en plein prix littéraire monsieur…donc… ». Donc, votre livre n’en fait pas partie. Normal puisque que vous ne faisiez pas partie, non plus, de la rentrée littéraire. N’envoyez pas votre livre dans les rédactions de février à juin, car cette période de l’année est réservée aux scandales et aux biographies de stars ! Vous n’en êtes pas une ? Et puis, 6 mois après parution, on vous expliquera, comme me le soulignait un journaliste de l’humanité : « Monsieur, je viens de découvrir votre message et votre livre. Je viens rarement à la rédaction car je suis chroniqueur. Il me semble qu’à ce jour, votre livre n’est plus d’actualité.. ». A cet instant, je vous avoue que l’envie est plus forte, un seul mot vient à la bouche « Espèce de gros connard ». En définitif, gardez vos livres chez vous bien au chaud, n’écrivez plus, n’envoyez plus vos manuscrits chez les éditeurs de la place, lisez le « Da Vinci Code » ou le dernier d’Ormesson et « dormez tranquille » dis-je. Ne dépensez ni timbres, ni livres, n’ayez pas d’espoir envers ces journalistes que vous n’intéresserez jamais.

 

Le cercle bien fermé

 

Par ailleurs, dans cette histoire de cercle fermé, il est très énervant de ne jamais recevoir de remerciement de la part de ces journalistes, à qui vous aviez consacré vos plus belles dédicaces, pensant leur faire simplement plaisir. Ils sont décidément ailleurs ! Ils vous rendent, par leur impolitesse, presque invisible. Il reste donc à l’auteur inconnu, la possibilité de plier bagage et de garder ses mots pour plus tard ; espérant qu’un jour, cette bulle fermée culturelle explosera pour de bon à la manière dont les radios libres se sont imposées. Par ailleurs, ne tentez pas d’écrire un papier comme celui que vous lisez, parce qu’ensuite, lorsque vous enverrez votre livre on vous dira : « Monsieur, vous tirez sur nous et vous voulez qu’on vous consacre un papier ? ». Le prochain livre, maintenant c’est sur, je l’écrirais sous le pseudonyme « Daniel Shneidermann » ou « Loana », histoire de mettre quelques chances de mon côté.

 

Batistes. Auteur du livre “En Attendant Camille, Le monde s’écroule” éditions du Vent 2006.

Vision du bonheur (archive)

Dimanche 26 octobre2008

Contact photographe pigiste en Bretagne : yann chollet

- Extrait « En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule » Ed du Vent. Batistes 2006. 

- (Commandez ce roman de 280 pages à  : Ed du Vent, 13 rue des Venelles, 22130 Plancoët) Envoi à réception du chèque de 21€.

 

Page 255 à 262 

 

” Bonheur ”

 

« Réveil fracassant, mal de tête, douleurs physiques, morales. Brouillard, brumes. Ce matin se lève et je chavire. Gorge sèche, oeil éteint, respiration lente, je dérive. Mes yeux s’ouvrent, se referment. Ma bouche émet les sons que ce dictaphone enregistre. Si je ne l’avais pas allumé, qui l’aurait fait. Allons-nous enfin connaître les dernières pensées du mort, sa vision finale sur ses contemporains ? Les derniers mots du condamné ? Que pense-t-il le damné qui dérive ? Il ne pense plus beaucoup mais dégueule ses paroles instinctivement. Je ne sais si je pourrais me lever jusqu’au pot, la force me quitte. Vais-je me vomir dessus ou baigner dans mon urine. Est-ce mon ultime recours !  J’ai repris l’apparence d’une bête malade qui se renferme sur son mal. Cette dégradation m’effraie.  - « C’est la nature, ne t’inquiètes pas » semble raisonner dans ma tête.

 

L’effort est vain, la carapace est brisée. La mort approche et je voudrais parler du bonheur pour m’en nourrir avant de mourir, pour attiser la curiosité des autres. Une fois encore, pour me dire que tout ne fut pas vain : ni ma jeunesse, ni mes amours, ni ma famille, ni mes filles, ni ma femme et, ni Camille, la seule qui restera. Ni vous, les autres que j’ai croisés. Ce livre, image instantanée de notre époque, n’est qu’un fait divers parmi les autres ; il laisse un instant qui sera détruit par ceux qui le liront et ne pourront s’empêcher de dire que je suis fou, que le monde va bien, que nous sommes heureux, que l’Afrique ne meurt pas du sida sous nos yeux. Il y a une certaine forme de révisionnisme perpétuel dans cet aveuglement quotidien. Ceux là, je les emmerde d’avance.

 

Je veux parler du bonheur qui n’est pas si loin. Je l’ai rencontré, le l’ai vu, tenu dans mes mains. Lorsque je le tenais, je ne le lâchais pas. Il faut le tenir, le serrer le bonheur quand il passe, car après c’est trop tard. Il ne faut pas l’espérer sans cesse mais le saisir, à bras le corps, au présent, sans se soucier des lendemains qui déchantent. On m’a offert du bonheur dans ma vie et j’en ai profité. J’aurais voulu le transmettre un peu plus mais le temps s’évade, le temps me l’a repris.  Je m’en souviens, il en reste en moi. Plus que le saisir, il faut s’en imbiber.  Savoir s’en imprégner afin de mieux le véhiculer. Le transmettre comme une pierre précieuse.

 

Je marche sur la plage, le sable fin me frôle le visage, les embruns salés volettent dans la brise. Au loin,elle est là.  J’ai dix ans mais je vois en regardant la mer, le bonheur qui passe. Le son des vagues me parvient, me pénètre, la mer résonne et je suis bien. C’est cela le bonheur simple.  Il est seize heures, je suis chez ma grand-mère, j’ai quatorze ans. Elle me prend dans ses bras, m’enlace.  Contre ses joues molles, je pose mon visage. Mon coeur bat la chamade, j’ai des frissons. Une chaleur m’envahit et pas un mot, je suis bien. C’est cela le bonheur.

 

Je m’endors chez moi, maman vient m’embrasser ; elle me raconte une dernière histoire presque silencieusement pour me bercer ; passe longuement sa main sur ma joue, dans mes cheveux ; me regarde en souriant, puis me souhaite bonne nuit en tirant les rideaux pour cacher la lune. Je suis apaisé, détendu. Mon père vient à son tour m’embrasser. Son haleine nicotinée ne m’empêchera pas de dormir, je pense déjà aux promenades du dimanche en forêt. C’est cela le bonheur.

 

Elle est belle, elle est douce, elle est jeune. Je viens de rencontrer le premier amour, le vrai. Le véritable amour peut-il exister à seize ans ? Je sors le soir avec elle, nous partons pour de longues balades. Les baisers sont doux, ils enflamment la peau, font frémir l’intérieur. Les mains caressent, les regards pétillent. Les mains caressent, le sexe se réveille. Il bande comme un bois dur. La fente de l’autre s’humidifie. De deux formeront un. C’est chaud, c’est bon. L’amour est langoureux, limpide. Et une fois encore et encore, on en redemande. Mes doigts s’immiscent dans les chairs humides, avec délicatesse et volupté, offrant à volonté gémissement et jouissance.  C’est cela le bonheur.

 

Je suis inconscient, dix huit ans, mes copains viennent me chercher. Nous partons pour des soirées d’ivresse, des soirées à fumer des joints sans compter. L’explosion est totale, les rires remplacent les gueules fades affichées au lycée. C’est du délire, les filles se donnent, s’offrent.  Nous écumons les bars, de rencontres en rencontres, de villes en villes et, la plage est le lit idéal. Nous finissons la course diurne, étalés sur le sable avec une blonde, une brune, une rousse. Chacun dans son coin avec une fille : ils étaient là, cachés sous la tente. Personne ne volait leur intimité. Qui le pouvait ? Leur univers à l’instant du premier baiser, attendu depuis des jours, n’était fait que de dérision et d’insouciance. Sur la sable, en ce moment de pur paradoxe, entre la réalité du baiser et l’immensité de cette confusion, ils s’aimaient sans attente et sans envie matérialiste. Il tenait contre lui cette passagère d’un soir, d’une semaine mais qui comptait déjà tant. Elle se laissait faire, docile, tranquille, en écoutant le flux et reflux du vent dans les rochers. Il était chez lui et il voulait déjà la garder ici. Elle était en vacances et savait qu’elle repartirait. Mais rien de cela et rien au monde ne pouvait les empêcher de croire qu’ils s’aimaient. Oui ils s’aimaient c’est sûr. Ils pensaient bien que cet amour sans lendemain valait la peine d’être consommé, le coeur battait après tout, n’était-ce pas l’essentiel ! Brunes, blondes, rousses. Elles sont plusieurs, elles aiment ça, nous aussi, l’amour fleurissant, les sensations des premières heures, des premières larmes. C’est cela le bonheur.

 

Je rencontre Claudine, nos corps s’embrasent, nos bouches s’embrassent, nos mains se resserrent. Elle est jolie, douce, délirante. Je suis cool, beau, délirant. Je l’emmène voir l’horizon en lui dictant des mots choisis au hasard dans ma tête et qui s’unissent pour former un poème. Séduite, elle se laisse toucher. Nos âmes se soudent, elle halète. Puis, nous regardons encore au loin, cette île qui ressemble dans la nuit à une tortue à fleur de 259 vague. Nous fumons quelques cônes, toujours, nous buvons quelques verres, encore. Les réalités s’estompent.  Nous projetons un avenir à deux. C’est cela l’amour. Le bonheur.

 

Nos amis sont là pour fêter un anniversaire. Les plaisanteries et les histoires animent le temps qui coule. Il n’y a ni méchanceté, ni haine. Les amis sont bien, nous aussi. C’est cela le bonheur ! Un matin, le soleil se lève, le monde respire sous sa chaleur. J’ouvre les volets, les gens passent sous la fenêtre. Je regarde ces gosses qui jouent, je rêve, je pense, je réfléchis ; j’espionne la voisine voilée derrière les carreaux, qui se déshabille lentement sans penser à la joie, que la vision de son corps inaccessible, me procure. C’est cela le bonheur.  Claudine vient m’apporter mon petit déjeuner au lit, elle me sourit, me dit bonjour. C’est cela. Ma fille va sortir du ventre de sa mère. J’entends son premier cri, boit son premier souffle. Je regarde l’infirmière, ma femme. Ma femme, l’enfant, l’infirmière, le doc. C’est beau. Je ressens quelque chose d’unique, de divin. Je la prends, la découvre pour une première fois. Elle semble me sourire, je souris. Je suis abattu, je tiens debout. C’est. Du bonheur.

 

Il y a donc du bonheur bon à prendre partout. Dans les moindres attitudes, sous toutes les latitudes, dans les moindres endroits de la planète pourvu que l’on veuille le recevoir, le voir, l’accepter, le transmettre. L’instant, le présent. Ne pas attendre demain : « Only one life ».

 

Demain je meurs. Ne pas attendre l’absolu bonheur.  Demain je meurs. Non, il ne le faut pas. Ne pas attendre les soirées dans les palaces, les voitures de luxe, les voyages à prix forts, les affaires et les gains. Le bonheur chemine discrètement autour de nous, il ne s’achète pas.  Il est dans un regard, une poignée de main, un sourire, un mot, une phrase, une prose, une chanson, un geste, un coup de téléphone, un livre. Une rue, une ville, un dialogue, un sage qui parle, un chien. Il est là. Il passe et s’attrape. Le bonheur, c’est celui qui peut faire changer les hommes. Les rendre indulgents, raisonnés, raisonnables, compréhensibles.

 

Bien souvent, les yeux sont clos, malheureusement, l’écoute parasitée par des mauvaises ondes et par ces phobies engendrées par les armes bactériologiques dont parlent les radios, dans un flux discontinu. Ces images laissent peu de place pour penser au bonheur. Le doute qu’ils redoutent. L’incertitude. Alors, on pense qu’il n’est que pour les autres ce foutu bonheur ; qu’il n’est pas passé et ne passera jamais. Celui qui le croisera pourvu qu’il le reconnaisse et sache s’en servir, pourra changer la face du monde. Ce sentiment savoureux apaise les humains. Il faut le transmette par delà les monts et vallées pour que vive la terre. Il doit survivre, le bonheur.  A ce jour, il est réduit à néant. Les tarés peuvent frapper à tous moments. Les fanatiques de tous genres vont sortir les vieilles maladies pourries des sacoches poussiéreuses ; peut-être parsemer la terre de graines de terreur ; ruiner le si peu d’espoir qu’il restait. Les croisades chaotiques ont repris. Les fous furieux frapperont à l’aveuglette sans se douter qu’ils ont tort : ils pensent avoir raison, veulent devenir les maîtres du monde au nom d’une religion. Guerre de religion. Guerre de concassage. Tas de chair humaine. Chère humanité, où es-tu ? Je veux des lendemains sans eux. Je veux l’arrestation des pollueurs de bonheur et de mes plages.  Je veux qu’ils portent la croix du mal qu’ils ont généré, afin dans sentir le poids. Les maîtres du monde ont l’argent, dominent l’économie, maîtrisent les âmes et jouent avec nos nerfs.

 

Le bateau des illusions flotte sur un océan de scepticisme. Faudra-t-il reconstruire une arche de Noé ?  Vivre sur un radeau de la Méduse ? Les hommes sont sur un navire voguant vers une destination inconnue. Dans la tempête, espérons qu’ils ne fassent pas naufrage, ils ont déjà chaviré si souvent, laissé tant de morts dans le sillage. Je redoute que les vagues ne les ramènent en poussière d’écume sur les rebords du monde, en un raz de marée difficile à contenir. Il est là, ne le laissons pas s’échapper par notre inertie permanente.  Ne le cassons pas. Ne l’oublions pas. Ravivons et transmettons la flamme d’où jaillit ce bonheur ».

 

batistes@aol.com

Manifestation du mardi 28 mars à Rennes

Mardi 21 octobre2008

Pour les photos HD cliquez sur les clichés

Photo reportage de terrain en Bretagne : yann chollet photographe malouin

Les photos exclusives

Photos interdites à la reproduction sans accord

Copyright Yann Chollet

Contact pour achat batistes@aol.com ou 06.14.54.19.59

Notre belle démocratie (Archive 2005)

Mardi 21 octobre2008

 

L'âne humain : yann chollet

 

Démocratie ou quoi ?

 

Comment croire en la profusion de la démocratie ailleurs, par l’intermédiaire des pays dit démocratiques, lorsque tant d’exemples d’impunités fourmillent au cœur même de nos systèmes. En fait, si le peuple exerce effectivement une souveraineté par le vote, cela ne veut pas dire qu’il mène la barque ou qu’il détient ses propres choix pour ici ou à l’extérieur. Si son esprit est trompé par les pouvoirs qui régissent les pays dit démocratiques comme la politique, la presse ou l’économie, comment pouvons-nous espérer vivre pleinement notre liberté  et décider de notre avenir à tous ? Je vous ferais grâce, dans ma démonstration, d’expliquer dans le détail les influences occultes qui mettent en mouvement ce système de pouvoir, d’autres l’ont bien expliqué auparavant. Pour ceux qui veulent en savoir plus, il suffira de se diriger vers http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/index2.html et de décortiquer les thèses du « sociologue énervant » Pierre Bourdieu. On retrouve aussi, l’explication de ce pouvoir indiscernable à l’œil nu, dans des chansons ou reprises de textes réalisées par Léo Ferré et d’autres artistes contemporains (qui eux-mêmes sont de plus en plus dépendants des grosses majors, de l’économie, de la presse…Ect).

 

Une plage de liberté

 

Avant d’aller plus loin, il faut savoir qu’il existe deux possibilités lorsque l’on veut comprendre et parler de cela. Soit pénétrer discrètement ces systèmes de l’intérieur et en devenir au bout du compte un instrument et un protagoniste, voire un « contre pouvoir » faussé ; soit tenter de décrypter de l’extérieur avec les arguments et informations disponibles, au risque certain d’être classé dans la catégorie des indésirables, des paranoïaques, voir des schizophrènes ; ce qui tend à vous exclure de tout débat démocratique. Aujourd’hui, si l’on veut tenter la deuxième solution, on se retrouve forcément classé, tout en gardant, heureusement, la capacité de parler via Internet exclusivement. Ce qui ne résout pas le problème mais permet de disposer d’une plage de liberté, inexistante jusqu’alors. La liberté totale résiderait dans le fait de s’exprimer par l’intermédiaire des organes de presse dit « classiques ».

 

La presse muselée !!!

 

Malheureusement ces organes de presse, et c’est bien connu, sont de plus en plus détenus par des patrons dont l’arc à plusieurs flèches dans les secteurs politiques ou économiques. Puisque l’automutilation n’est pas un exercice facile, il s’avère que les pensées différentes de celles qu’on nous assène quotidiennement sont mises entre guillemets. Sous silence, sous censure discrète. L’idée de diffuser la vérité n’est pas au goût de tous. Alors certes, on nous sort une petite affaire ici et là, histoire de dire que la justice existe, que la démocratie est une valeur existante et à défendre. Tout ceci n’est que dérision et ne fait pas avancer les questions que posent les vrais humanistes, les vrais gens qui sont dans la galère, les artistes qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice de la liberté individuelle.

 

Personnellement, pour vous donner ma position, je serais plutôt classé dans « les artistes paranos », voire de la gauche syndicalisée. Pourtant, certes je conçois être un peu parano mais certainement pas de gauche, ni de droite. D’ailleurs pour rester au centre du débat et sembler écrire juste, du moins aux yeux de ceux qui me lisent, il faut impérativement n’appartenir à rien. C’est difficile de n’appartenir à rien, c’est l’exclusion à l’arrivée, c’est vivre la dureté de la censure. Mais c’est aussi, assurément, la sensation de se saouler d’une infime soit-elle, « micro liberté » de penser. Dans notre société française « démocratique », ceux qui sont dans mon cas n’ont pas vraiment d’influence directe mais espèrent convaincre un peu, au risque de perdre beaucoup, en criant que, oui « notre démocratie » est à réviser. Lorsque j’exprime cela, je vous rassure, je ne parle pas ni d’anarchie, ni de révolution, que ce soit clair.

 

Guy Carlier, libre ? De faire semblant…

 

Voulons-nous donc réellement faire avancer la démocratie pour qu’elle retrouve son sens propre, pour qu’elle soit diffusée à travers le monde ? Telle est la question. Pour l’heure c’est impossible et nous reculons donc plutôt qu’avancerau cœur de nos propres espérances. C’est d’autant plus dur d’avancer que « des faux contre pouvoir » naissent ici et là, le temps de faire redescendre la température « des esprits révoltés ». Bêtement, une idée simpliste me vient en tête : Combien de français pensent aujourd’hui que Guy Carlier, à travers l’émission de France 3, est le symbole de la dénonciation de la télé poubelle et qu’à travers ses chroniques télévisées, il est libre de tout ? Les spectateurs le pensent. Pourtant c’est faux car il est une règle établie, on ne critique pas la télévision lorsque l’on est au cœur du système. Si l’on est à la radio, c’est plus facile de le faire et il le fait. Mais au petit écran, c’est impossible et l’on se transforme en marionnette, à notre insu. Le public reste dupe et son esprit tend à croire qu’enfin, il y a quelqu’un qui dénonce. Malheureusement malgré son style peu commun et son intelligence, Guy Carlier ne dénonce rien. Ses démonstrations finissent par énerver par le simple fait qu’il pense avoir parole d’évangile. Il reste assez sectaire dans ses critiques, en sélectionnant ses cibles, ce qui le classe du côté des dictateurs de la pensée. Il tente non pas de nous faire penser par nous-même, mais de penser comme lui. Ce n’était sans doute pas le but recherché au départ, mais il aura pénétré le système de l’intérieur avec de belles pensées pour devenir, comme je le démontrais en introduction, un instrument du média « télévision ».

 

Bonne nuit public

 

On pourrait prendre d’autres cas, notamment en ce qui concerne l’investigation et des émissions qui se disent dénoncer des scandales. Pourtant ce genre d’émission est dépourvue de tout apport d’informations complémentaires. Elles exposent le plus souvent, des faits de la presse écrite, expliqués avec l’image. Faits eux-même découlant, le plus souvent, d’une sorte de centrale d’informations formatées, l’AFP. Lorsque l’on sait que l’on peut faire tout dire aux images, ces enquêtes ne sont, au final, que des montages établis pour exercer un sentiment au public ; avec orientation de l’esprit. Encore une fois, le public croit en ce « contre-pouvoir » qui n’existe que par l’appréciation et la direction du reportage. Les chaînes appartenant à des groupes économiques, les véritables scandales et les sujets percutants restent dans les archives. L’endormissement du téléspectateur est total. On voudrait bien nous faire espérer que les journalistes sont libres, mais ils sont muselés et n’ont pas vraiment le choix. Et puis, il est si simple, par la télévision, de faire gober des choses. On se souviendra d’une équipe de journalistes (allemands je crois), qui avaient, durant des années, fait passer en télévision des séries de reportages montés sur la base de faux témoignages (acteurs). Le public n’avait rien vu.

 

Conserver son pouvoir au détriment du bien commun

 

Quant aux politiciens dans l’histoire, ils ne pensent bien sur qu’à leur mandat, leur pouvoir. Leurs meilleurs amis se trouvent dans la presse, dans les secteurs économiques. Bref, tous unis, tous amis. Quand on entend Bayrou, par exemple, penser à sa candidature en 2007, c’est qu’en fait, il va travailler jusqu’à cette date pour obtenir quoi, le pouvoir. L’avenir ce n’est pas en 2007 qu’il se joue, c’est tous les jours. Notre président pense lui, à un troisième mandat, ce qui reculera l’échéance du traitement de son implication ou non, dans les affaires de la mairie de Paris. On voit mal la justice l’accrocher dans 7 ans. Et c’est cela dans un tas d’affaires d’escroquerie, de fraudes, de paradis fiscaux, de magouilles diverses. Tout sous silence, car ceux des sphères sont protagonistes et défendent en cachant cela (pour le côté presse et édition), leur propre pouvoir. Chacun dépend des autres et vice-versa, c’est le serpent qui se mord la queue.

 

Sauver sa peau d’abord

 

Comment dans un tel climat, une telle osmose consensuel, puisque tout le monde aide et sert tout le monde, pouvons-nous échapper à ces dictatures imperceptibles agissant sur nos esprits et obtenir la vérité ? C’est cela la démocratie à la française. Dans ces sphères impénétrables des pouvoirs, chacun essaye de sauver sa peau, de se maintenir. C’est difficile. Alors pourquoi voudriez-vous qu’ils pensent à vous en changeant cela ? Parce que changer cela impliquerait trop de sacrifices. Et se sacrifier un peu, aujourd’hui, pour la liberté et la justice sur la terre, c’est impensable aux yeux de ceux qui tiennent vos pensées.

 

L’exagération de mon propos et la simplicité de mes exemples ne sont là que pour clarifier mon sentiment. On retrouve quelques clichés qui sont exacts et facilement démontables par les esprits contradictoires, qui savent agir pour toujours faire penser aux autres que vous êtes un parano, qu’il ne faut pas exagérer. Bien oui, s’exagère et alors…..

 

 

Batistes

Les 12 caricatures de Mahomet (Réponse à un email)

Mardi 21 octobre2008

Image des Caricatures de Mahomet relancent la polémique.

Ma réponse à Mussën (Suite à son Email concernant le premier article sur le thème)

 

Un débordement artistique et alors…

 

Je suis toujours heureux de débattre, d’entendre et de tenter de comprendre. Concernant votre première question : « Est-ce que vous avez bien compris la source de la colère des musulmans ? ». A vrai dire ce n’est pas ma quête. Par mon article, je regrette simplement que la colère dégénère et enflamme des pays, fasse naître des sentiments exacerbés, se transforme en « boucherie », attise les médias. Comme je le précise dans mon premier papier, nous « les humains », nous trouvons déjà tant de raisons de nous haïr, alors pourquoi se focaliser sur un léger débordement artistique. Est-il possible, en ce 3ème millénaire de discuter sans colère ? Oui. Le tout est de s’en donner les moyens. J’ai l’impression que « les caricatures » ne sont qu’une étincelle, qu’un mauvais prétexte pour exprimer une douleur préexistante, plus profonde. D’ailleurs, mon billet ne s’attarde pas à dénoncer ces débordements. J’ai entendu depuis quelques semaines, dans la presse, trop de « biens pensants » monter au créneau pour exposer leur science, au nom d’un savoir qui n’est de valeur qu’aux yeux de ceux qui se pensent intelligents. A vrai dire, ces gens, ils me fatiguent, ils n’apportent jamais de solutions, ils s’écoutent parler et nous, on écoute en remuant la tête. Personnellement, je m’endors.

 

” Le savant ne voit pas le même arbre qu’un fou “

 

Votre deuxième question « Est-ce que vous avez déjà eu une idée concrète et objective de l’Islam ? ». Pour être sincère non. Je n’appartiens pas à la catégorie citée ci-dessus « les biens pensants ». Je reste incapable de dialoguer une heure sur un même thème, en tentant de faire penser à mon interlocuteur, à la justesse de mes dires. L’ouverture, l’observation, la réflexion, le débat, voilà plutôt mon chemin. Chacun doit vivre son Islam, je n’ai pas de conseils à donner. « Le savant ne vois pas le même arbre qu’un fou » dit-on. Je constate simplement qu’en nous focalisant sur des sujets religieux et les heurts qu’ils engendrent,nous perdons notre énergie. Nous sommes dans une spirale, où l’information essentielle est omise, où le monde se fracture. A mon goût, l’histoire « des caricatures de Mahomet » est un sujet de second plan. La religion est peut-être « une raison d’être », comme vous le précisez, mais ce n’est certainement pas une raison de se faire la guerre, ni de prouver le fondement de celle-ci aux autres, par des actes quelconques. J’aime croire que celui qui vit sa religion pleinement ressemblerait à « un moine », un ermite tranquille. Je n’ai pas de croyances particulières, je le précise. Par contre, je pense que la foi doit se vivre de l’intérieur, c’est quelque chose de personnel, qui peut permettre un épanouissement de l’esprit. La croyance n’est en aucun cas une raison de déviances, d’actes barbares, de combats ou règlements de comptes. Il m’est arrivé de rencontrer « Emile Shoufani », le curé de Nazareth, lors d’une interview ; c’est le genre de religieux qui m’interpelle. Il ne parle que de paix, d’amour, d’écoute de l’autre. Là ok, j’écoute.

 

Non à la pensée unique

 

Quant à respecter « les principes de vie d’autrui » c’est aussi ma philosophie, je pense que vous le comprenez. Dans ce cas présent, il faut donc respecter le regard de « l’artiste » sur Mahomet. Ensuite, il est toujours possible de dire « je n’aime pas », « c’est injurieux ». En aucun, nous ne devons choisir des solutions de conflits ou de menaces. C’est mon point de vue. Regardez les humains, des milliers d’années de vie commune et pas une année sans guerre. Nous savons nous servir de l’histoire lorsque ça nous arrange, pour expliquer des situations, disserter ; servons-nous plutôt de celle-ci pour éviter des situations. La nuance est là.

 

Pour revenir à mon premier article sur le sujet, je parle surtout du patron de France-Soir, qui a dû plier bagages depuis la parution des caricatures. C’est d’un ridicule, une injure à la profession. Pourtant, suis-je animé d’une quelconque colère ? Non, je tente d’ouvrir le débat, de parler du sujet plutôt que de traiter d’un autre. Ayant vécu moi-même la censure avec mon premier livre, je lève ma plume chaque fois qu’elle pointe son nez. Sachez que l’art, « les caricatures de Mahomet » en l’occurrence, est subjectif et qu’il aurait été bien difficile de réaliser des dessins qui plaisent à tout le monde. Si l’on devait toujours travailler sur des schémas types « consensuels », cela irait dans le sens de la pensée unique. Je suis contre, désolé…

 

Batistes

L’absence de médiatisation peut tuer la culture

Mardi 21 octobre2008

Livre auteur malouin yann chollet 2003

Des murs à infranchissables pour se faire connaître

 

Voilà quelques mois, mon deuxième livre paraissait aux éditions du Vent. La presse qui possède le livre semble ignorer ce dernier. A vrai dire, l’ego prend souvent un petit coup de trop, lorsque le silence des médias rassure vos certitudes. Un homme avertit en vaut deux, dit-on ? J’en doute. Certes, écrire un roman noir à la française « En Attendant Camille, le Monde S’Ecroule », ce n’est sans doute pas faire preuve d’un esprit commercial d’excellence. Je sais, les prix d’excellence, ce sera pour plus tard. Normal, pour l’instant, le consensuel n’a pas entamé mon « esprit rebelle » (Rebelle=en quête de vérité). En quête de vérité donc rejeté, les écorchés vifs sont souvent éloignés de la libre parole et des supports médiatiques classiques. Du moins pour mon cas.

 

En attendant, la patience s’impose. Patienter pour entrer sous la lumière, ne serait-ce que sous une micro petite. Non pas pour la lueur qu’elle apporte, je m’en fiche, mais simplement pour que les gens puissent savoir, m’entendre, me lire. Comme ils le firent avec plaisir, à maintes reprises, lorsque je laissais traîner quelques mots dans les lignes du « Petit Bleu », petit hebdo des Côtes d’Armor dont les ventes montaient en flèche, à l’époque, sur mon secteur. Ma première expérience journalistique, quoiqu’en pensent certains journalistes ou patrons de presse. Là encore, l’impertinence de cette dernière phrase, confirme la règle ou l’inverse : chaos à l’arrivée, irrespect de la part de la profession. Voire, des regards sarcastiques de quelques êtres humains, encore étonnés que l’élève puisse faire mieux qu’eux. Un petit correspondant de presse ne peut devenir un journaliste, aux yeux des pros. L’impertinence devient pertinente, à tel point que l’autre vous regarde d’un œil étrange, comme à l’usine lorsque vous glissez une bonne idée au patron et que vos collègues se demandent pourquoi. Le temps passe, les rêves subsistent, les cons sont oubliés. La vie continue, l’espoir revient, les cons en sont toujours. Malgré ce constat et les murs qui se dressèrent devant moi, à l’époque, quelques belles enquêtes pour des revues nationales me permirent d’obtenir ma carte de presse et d’entrer dans ce milieu obscur.

 

Cherche la vérité et tu connaîtras la censure

 

Après s’être fait censurer à tout va, lors de la sortie de mon premier livre « 7 jours sur 7 à votre service », qui dénonçait un groupe si grand qu’il finit par me démontrer mes certitudes, j’attendais une main tendue, un regard de la part de la presse. Cette presse, qui pour des raisons purement économiques et la sauvegarde de ses budgets publicitaires, décidait d’omettre l’existence du témoignage clef, que fut ce premier ouvrage. A cet instant précis d’incompréhension, la pensée se divise en deux. Suis-je parano ? Suis-je trop petit pour exposer cette réalité, qui faisait de ce grand groupe un gourou des temps modernes, un groupe totalement hors éthique ?

 

Mon expérience en la matière, les phrases de mes propres confrères, puisque j’avais ma carte de presse, les divers témoins et des enregistrements multiples, furent là pour confirmercette double réalité. L’une étant que j’étais trop petit et l’autre que la presse se faisait acheter. De façon détournée, bien évidemment, mais bien acheter par des plans médias. Cela, par contre, il vaut mieux le taire. Ou bien devenir pertinent : L’impertinence, eh oui, toujours mon vilain défaut ! Malgré cette censure d’au moins deux ans, certains journalistes m’ont tout de même soutenu par des articles. Même s’ils étaient souvent légers, ceux-ci firent leurs effets un peu partout en France. Si bien qu’une bonne partie des livres finirent par être vendus. Là, ce fut la vrai surprise tout de même. Alors qu’un écrivain qui publie seul, vend généralement 200 livres, j’ai vendu plus de 2.000 ouvrages. On en trouve dans les bibliothèques des écoles hôtelières, dans les couloirs de l’assemblée nationale, sur le bureau de certains juges, d’avocats, dans les universités, sur le comptoir de directeurs d’hôtels et dans les piles des médias.

 

La communication remplace souvent l’information

 

Si ce livre avait fait de réelles « une », ou si une maison d’édition plus courageuse que la presse, avait fait le chemin à mes côtés, je vous laisse imaginer le résultat. Bref…Après ce plaisir subtil, il fallut se faire oublier de la censure, dans l’espoir de poursuivre. D’écrire le suivant. De s’assagir peut-être ? Il était déjà là, le suivant. Ecrire sous mon nom sembla trop frais encore, si bien que je décidais de l’écrire sous le pseudo de Batistes. Pseudonyme inscrit sur ma carte de presse. Malgré des efforts, les mots, les phrases de ce roman noir fraîchement imprimé, sentaient le souffre. Exposant à tour de bras ma vision de notre société contemporaine, mon indignation de certaines institutions et faits, montrant à quel point nous sommes devenus, tous, des moutons. C’est pourquoi une fois encore, rares sont les journalistes ayant accordés un œil, même critique, sur quelques bonnes feuilles. Pourtant, si vous connaissiez les commentaires des lecteurs ! Vous seriez tentés de me suivre à travers ces 289 pages.

 

Quoiqu’il en soit, je constate qu’il est plus important aux yeux de nos journalistes, de chroniquer deux fois le dernier Jean D’Ormesson ou autres, plutôt que d’informer les lecteurs sur l’existence d’un nouvel auteur. Nous n’avons pas la même vision du mot information, ni de cette déontologie journalistique qui faisait jadis, de notre presse nationale, l’une des meilleures. Les Français rejoignent d’ailleurs ma pensée, si l’on en croit la chute vertigineuse des ventes de cette presse française. Evidemment, les gens sont bêtes mais plus dupes. Avec de nouveaux moyens de communication, critiquables certes, les Français se renseignent, se documentent et s’aperçoivent rapidement du consensuel établit par la presse, des manigances et des abus de celle-ci. Aujourd’hui, les dépêches AFP sont à disposition de tous, alors…Pourquoi acheter des journaux qui se contentent de les reprendre à la lettre. Les enquêtes deviennent rares, faute de temps. Comme les politiciens, idem. Ils parlent, ils parlent, font peu et un jour s’étonnent de plus être entendus ! Le cas de mes deux livres n’est qu’un petit exemple, bien sur. Votre vie, votre propre expérience, vous démontreront certainement un jour, quelques-unes des vérités exposées ici. Il suffit pour cela de deux choses : Ouvrir grand les yeux et tendre les oreilles.

 

Se plier aux inégalités médiatiques ou continuer de les dénoncer ?

 

Je m’égare une fois de plus dans les méandres des mots, dans ce lieu où la pensée s’évapore pour revenir de plus belle. Sans doute que tout cela à un sens. Déjà faire connaître mon dernier livre dont les critiques sont plus que positives, mais surtout tenter de vous surprendre. Certains ne comprendront pas grand chose à mes phrases, car il faut savoir lire entre les lignes pour saisir la subtilité de mon univers. Mais j’ai mieux encore pour vous surprendre. Effectivement, je pense exposer bientôt les 4 premiers chapitres d’« En Attendant Camille, Le Monde S’Ecroule » en lecture libre via le net. Voire 6 chapitres. Une fois de plus, cela pour détourner le manque d’écoute et de médiatisation autour de ce roman noir. Tout cela semblera bien égocentrique à vos yeux. Seulement ais-je le choix ? Dois-je me fondre et arrêter d’écrire, alors que je ressens à chaque prestation un engouement autour de mes lignes ? Puis-je m’imposer un silence, sous prétexte que des journalistes bien assis préfèrent plus penser à la rentabilité qu’à l’information, plus à conserver leur place qu’à ouvrir les débats ? Suis-je obligé de me plier à ce monde où des gens comme Ardisson ont parole d’évangile et dirigent à loisir les esprits des consommateurs ? « Je parle de ça, donc c’est ce qu’il y a de mieux, donc achète »…

 

Ce n’est pas de l’information, c’est du matraquage. Je remarque au passage que France 2, chaîne nationale, en laissant de telles émissions se poursuivre, n’apporte pas une image d’une France démocratique. La parole n’est jamais offerte aux artistes en marge du système. Les invités se ressemblent d’émission en émission, ayant pour cause d’évincer de la place médiatique, ceux qui forment pourtant la richesse culturelle de notre pays. Inviter un artiste connu, franchement c’est bien, je suis d’accord. Mais l’inviter trois fois, sur 4 chaînes différentes, pour dire la même chose, c’est dommageable. C’est omettre d’accorder une plage de liberté à quelqu’un d’autre.

 

En Attendant, je souhaite mes bons vœux à ceux qui m’aident en achetant mes livres ; qui aiment découvrir d’autres univers ; qui contrent par cela, la pensée unique. (renseignements sur mon dernier livre, pour toutes commandes à batistes@aol.com).

Une convention de transfèrement pour Michael Blanc (décembre 2005)

Mardi 21 octobre2008

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Exemple de démocratie en Indonésie

 

On ne le présente plus, pourtant…Michael Blanc, c’est ce jeune français qui a ou n’a pas trimballé, trois malheureux kilos de cannabis dans une bouteille de plongée, en 1999. Pour faire un pont facile, il est clair qu’en France, cette infraction est réalisée en toute impunité chaque jour. Mais là, c’était du côté du plus grand Archipel du monde, l’Indonésie. L’erreur, le cauchemar. Prison à perpétuité. Sur place, on ne lésine pas sur les peines. L’histoire de Michael Blanc est devenue un exemple de « la répression efficace » en Indonésie, aux yeux de ses bourreaux. Bourreaux qui apportent, par cette référence, une image réaliste de la démocratie indonésienne. On se souvient tous de « Midnight express », autre pays, même genre de contexte, irréalisme identique. Voilà donc plus de 5 ans que ce citoyen français, survit dans un endroit qui ressemble plus à une ville du 4ème millénaire qu’à une prison.

 

L’Etat français se ridiculise

 

Les conséquence de cette situation est simple : une femme qui se bat pour faire libérer ou transférer son fils (sa mère habite aujourd’hui sur place), un être-détenu brisé, un état français qui se ridiculise en fermant les yeux et en laissant pourrir la situation, l’Indonésie qui montre un bien sombre visage de ses institutions, des humanistes qui se révoltent contre ce fait. Même Charles Villeneuve, qui a plutôt tendance à jouer dans le voyeurisme, course à l’audimat oblige, s’est arrêté sur le cas Michael Blanc dans Droit de Savoir du 27 novembre 2005. En cette heure où chacun fume autant qu’il boit, le sujet fait tâche ; la négociation diplomatique entre nos pays respectifs pourrait, d’un coup, régler le problème. Sommes-nous devenus avec la mondialisation, des humains de la planète plus que des français, aux yeux de nos dirigeants politiques ? Cette réflexion doit nous interpeller.

 

Ne pas se taire mais réagir

 

Certes, en terme de démocratie, d’humanité, de soutien, de nombreuses actions sont à faire à travers le monde, l’Europe, la France, à côté de chez nous. Nous les ferons, j’espère, pour obtenir une société meilleure et plus juste ; pour que nos enfants puissent vivre encore quelques belles heures ! 2005 va laisser place à 2006. Nous ne devons plus nous taire, nos silences ont trop longtemps gangrené nos propres espoirs. Aujourd’hui comme demain, s’il faut marcher ensemble pour que nos volontés soient entendues, faisons-le. Ne restons plus dans nos bulles respectives. Pour le cas de Michael Blanc, réveillons-nous un instant. Ecrivons tous à notre cher ministre des affaires étrangères, pour lui faire comprendre ce que nous attendons de lui et vite dans cette affaire. S’il n’entend pas nos mots, alors nous serons au moins fixés sur notre sort, sur l’utilité de telles institutions.

 

Si Michael Blanc était notre enfant ?

 

Pensons-nous que Michael Blanc est coupable, qu’il ne l’est pas ? Croyons-nous qu’il puisse être un trafiquant, qu’il ne l’est pas ? Nous sentons-nous éloignés de cette histoire, y sommes-nous sensibles ?Il faut simplement savoir que sa peine est purgée. Six ans dans l’enfer. C’est bon, il a largement payé ! Imaginez-vous un instant que ce soit votre enfant. Que feriez-vous ? Rien ou tout ? Oui, vous feriez tout. Alors faisons-le pour lui, pour sa famille, pour montrer que nous avons encore dans nos âmes, une parcelle d’humanité et de compréhension.

 

Ecrivons tous au ministre des affaires étrangères dès aujourd’hui !

 

Je vous encourage, visiteurs-lecteurs de mon blog, à rejoindre le site de l’association de soutien à Michael Blanc http://www.michael-blanc.com. Puis, d’écrire à notre ministre des Affaires étrangères ceci (copier coller ce message) : « Monsieur le ministre, en tant que citoyen français et vivant dans ce pays démocratique qu’est la France, je veux croire en l’utilité de votre ministère et en la force de nos institutions. Vous êtes mon représentant au sein de l’état et je vous demande, en mon titre d’électeur, de régler l’affaire Michael Blanc dans les plus brefs délais. Je ne soutiens pas le trafic de stupéfiants mais soutiens l’idée qu’une peine soit donnée à la hauteur du délit. Ce que ne reflète pas celle donnée à Michael Blanc par le tribunal de Denpasar en Indonésie. Je ne peux croire que si j’étais dans la situation de Michael Blanc et ayant connaissance du dossier, vous puissiez me laisser moisir à l’étranger comme un inconnu. Vous devez donc réagir et faire de telle sorte que Michael Blanc, puisse obtenir une convention de transfèrement entre la France et l’Indonésie, ce qui permettrait son emprisonnement dans son pays d’origine. Je ne suis pas le seul à penser cela et vous le savez. Vous avez mission de répondre aux demandes des français. Vous aurez votre part de responsabilité dans ce qui pourrait arriver à Michael Blanc. Vous ne pourrez dire : « Je ne savais pas ». Cordialement ».

 

Envoyez vite votre lettre à cette adresse

 

Votre lettre est à envoyer, rapidement, sous enveloppe timbrée à : Ministère des affaires étrangères, cabinet du ministre, MonsieurPhilippe Douste-Blazy, 37 Quai d’Orsay, 75351 Paris. Cela vous coûtera le prix d’un timbre.

 

 

(Si vous n’avez pas le temps, inscrivez votre nom, prénom et adresse en commentaire sur ce blog, je m’occupe de transmettre).

 

Batistes

Poésie du jour

Mardi 21 octobre2008

 

Photo exclusive de la grande grue intra muros : yann chollet

 

Se soumettre à rendre l’encre à la plume. C’est paraître en attendant meilleure lune. Laisser un temps le discours des autres planer. Est-ce se résoudre à tant de dégoût, lassé ? Peut-on s’estomper dans le silence d’un moment ? Pour que tout, par magie, s’éclaircisse un instant. Le monde s’évade et nos vies sont passées. Je me noie dans les yeux des enfants assassinés. Ils sont plusieurs à crier, leur cœur est fendu. Pourquoi merde tous ces drames et toujours, irrésolus ?

 

Se soumettre à rendre le paraître à la plume. C’est partir tête baissée en quittant la tribune. Laisser trop de chance à l’unique pensée. Est-ce se pendre à la corde des mots délaissés ? Peut-on se suicider en toute quiétude devant les biens pensants ? Sans rien dire, sans écrire, sans chanter, sans sentiments. Le monde s’étire et nos âmes sont errantes. Je me noie dans les regards des femmes battus suffocantes. Elles sont tristes et plus d’une larme a coulé. Les ordures ça existent, la guillotine est cassée.

 

Se soumettre à rendre le départ à demain. C’est dormir humilié en ne rêvant plus rien. Laisser sa viande se trimballer au grès du vent. Est-ce l’objectif des humains de maintenant ? Peut-on n’être qu’un vide, qu’un néant toute une vie ? Pour que rien ne soit fait, rien ne soit dit. Le monde s’échappe et nous avec. Je me noie dans les hurlements de l’Afrique en obsèques. Sida, ils sont si nombreux à périr, alors que si peu ferait tant pour l’avenir. Les mères, les maris, les femmes, les enfants…..Que faisons-nous, de nos vies, pour aider les gens ?

L’Europe débat sur FR3 (Archive Avril 2005)

Mardi 21 octobre2008

 

 

Lundi 25 avril 2005, FR3 proposait un débat animé, faut-il le dire, par une Elise Lucet resplendissante et réactive. L’envie me démange d’ailleurs de lui écrire « une lettre à Elise » pour lui dire ceci : Vous êtes une journaliste comme je les aime, bravo. Bon cela dit, l’émission « débat sur la constitution européenne », n’a pas encore manquée d’être pitoyable, une fois n’est pas coutume. Jamais deux sans trois. Deux phrases me viennent à l’esprit : « Dans le doute abstiens-toi ». Première réplique pour expliquer à ceux qui ne lisent pas, qu’ils ne doivent ni voter et surtout se taire. Est-ce démocratique de partir aux urnes en juin prochain, pour se décider d’une chose qu’on ne connaît pas ? Non. Pour une fois l’abstention serait de démontrer l’inutilité d’un referendum inutile, que nos chers politiciens transforment à chaque heure, un peu plus en une mascarade. « Ah ! La politique est l’art de créer des faits ; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l’intérêt est son but ; l’intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit » Beaumarchais, un visionnaire ? Oui et surtout réaliste, rien n’a changé depuis.

 

N’entrons pas « dans la caricature » c’est la phrase phare de nos politiciens sur ce traité. Un sacré débat quoi. En écoutant l’émission l’autre soir, j’ai compris pourquoi ils évitent l’écran : parce qu’il les reflète tels qu’ils sont. Que ce soit Barnier ou Voynet,  Philippe De Villiers (qui ne représente que lui-même), Buffet ou Le Pen en passant par Besanceno et Bayrou, Lang, qu’ils sont ridicules lorsqu’ils pensent détenir une vérité. Ce n’est pas possible, désespérant. Pourquoi un invité n’a pas pu prendre la parole et dire : « Mais voyons, vous répondez à côté de la plaque. Vous nous méprisez, nous emmerdez, revoyez votre copie et repassez plus tard ». Ah Coluche que de sketchs en perspective ! Personne n’a repris le flambeau, en France maintenant, on bande mou sur la prise de parole et sur tout d’ailleurs. Chacun pour sa pomme, tous pour moi, tout pour moi et rien pour les autres. Cela n’a rien à voir avec le traité établissant une constitution européenne, je le sais. Elle n’y changera rien non plus d’ailleurs. Mais vous remarquerez que la plupart des questions abordées ce soir là, sur un plateau télé transformé en hémicycle (mise en scène assez affligeante), n’avaient pas grand chose à voir avec ce referendum.

 

Bref, on nous dit d’aller voter oui, on nous dit d’aller voter non ; on pose des questions hors cadre puisque personne n’a lu ; les politiciens sont ailleurs, à espérer un siège vraisemblablement pour leur propre fesse ; les médias font leur petite salade pour nous divertir et vendre du papier ; on fait jaillir des grandes peurs sur le méchant américain qui nous bouffe déjà depuis bien longtemps ; on nous fait découvrir que la Chine n’est plus un pays sous-développé. Oh là là, la catastrophe les petits enfants, aurait lancé Guignol. Oui, les guignols ne sont plus que des marionnettes, mais bien en chair et en os. Tout ceci présentant un avantage, tout de même, celui de nous faire oublier notre triste quotidien. Au restaurant, dans les cafés, dans les discussions, on bouffe de la constitution européenne à tous les râteliers. L’indigestion venant finalement à la lecture du traité. L’addition s’il vous plaît. Heureusement, nous serons bientôt sauvés. Dans quelques jours tout le monde aura son beau petit livret, dans la boîte aux lettres, pour apprendre sa leçon. Connaissant la difficulté de lire les X pages de ce beau traité, il est par avance regrettable que Madame Marcel, qui habite au 50ème étage de la tour de béton n°6 et qui sort en moyenne une fois de chez elle, le samedi, pour se ruer au temple de la consommation regarder les produits qu’elle n’achètera jamais, ne lise pas une seule page du dit traité. Combien de mesdames Marcel ne le liront pas ? Combien iront pourtant voter ? C’est une problématique…

Arrêtons les débats télévisés stériles où les prétentieux s’écoutent, où nos politiciens (de tous bords) nous font regretter d’avoir voté pour eux.

Batistes

L’Europe en Question (Archive avril 2005)

Mardi 21 octobre2008

Réalité des plus navrante mais bien réelle : Selon un sondage IFOP récent, 86 % des Français n’ont pas encore lu le traité établissant une constitution pour l’Europe. Bien qu’un sondage ne reste qu’un sondage, ce dernier montre l’intérêt des Français pour l’avenir ! Un intérêt d’une importance majeure donc, pour les 14 % qui ont tenté l’effort. Reste à savoir combien de lecteurs ont tout assimilé du dit document. Comment sur de telles bases, Giscard peut-il déclarer dans un entretien avec Ouest-France du mercredi 30 mars 2005 : « Les jeunes sont pour l’Europe. Ils savent que leurs chances d’avenir passent par elle ». Par quel jeu de subtilité, peut-on encore lancer, de nos jours dans la presse, des vérités de ce genre ? Si les jeunes sont pour l’Europe, d’après le résultat du sondage, ils le seraient sans en connaître donc les tenants et aboutissants. Ce qui semble très dommageable lorsquel’on souhaite construire l’avenir. S’il faut voter oui, la tête baissée et les yeux fermés, sans comprendre l’essence même de ce pas à franchir, un référendum s’avère totalement inutile. Seulement voilà, encore une fois, nous offrons par notre manque de réactivité, l’avenir de nos propres intérêts, aux politiciens mais aussi à la presse, qui influence par des prises de position quotidiennes, nos souhaits. Serions-nous des assistés ?

 

C’est faux mais c’est vrai !

 

Pour revenir sur les propos de Valéry Giscard d’Estaing, on note encore : « Je me permets de donner un conseil amical. Dans la Constitution, la partie institutionnelle ce sont les soixante premiers articles. Il n’y en a pas plus que dans la Constitution française. Ils indiquent la manière dont l’Europe doit fonctionner. C’est cela qu’il faut lire. En une heure et demie, toute personne qui a suivi sa scolarité obligatoire peut le faire. Le reste figure pour des raisons juridiques ». Désolé, mais lire uniquement les soixante premiers articles n’apporte pas assez d’arguments pour se prononcer sur un oui ou un non. Cependant, il est vrai qu’après cette heure de lecture, la tête explose déjà et les nausées surviennent. Pourquoi ? Parce qu’il est très difficile de croire aux articles la constituant, étant donné que de nombreux fondements ne sont déjà pas respectés dans notre propre état. Les exemples ne manquent pas, lisez donc. Certes, comme le précisait Sarcosy : « Voter oui pour la constitution, c’est se donner une chance pour l’avenir, ne pas faire un pas en arrière ». C’est vrai, d’autant plus que les articles du traité débordent effectivement d’une volonté de faire bien, d’ouvrir une porte sur une société plus juste. Mais voilà, pour l’heure c’est sur le papier. Et dans nos têtes d’électeurs, de Français de la base, le papier nous fait douter, nous préférons du concret. Et depuis qu’on doute, qu’on a douté, qu’on doutera, le concret on attend souvent. Hors, jusqu’alors, rien de bien concret dans tout cela.

 

Ah l’Europe ! Ah l’Euro et la baisse des prix !

 

La dernière chose concrète qui nous vient de l’Europe c’est l’Euro. Là aussi, sur le papier c’était bien et les politiciens étaient montés au créneau pour nous avertir de la chance qui s’offrait à tous. Nous l’avons reçue en pleine poire, cette chance. L’augmentation extravagante des prix nous a offert la chance de nous taire, devant le fait accompli. Inutile de me croire sur parole, mais regardez donc au fond de votre porte-monnaie lorsque le cadi est plein. Alors oui, on vous dira que les prix ont baissé…sur les ordinateurs portables oui, sur les home-cinéma oui, sur l’électroménager peut-être, sur les canapés en cuir oui…Mais sur le paquet de nouilles non, sur l’essence non, sur les assurances diverses non, sur les biens de consommation courante non…

 

Lisez, sachez, votez ! Vaut mieux que : Votez, Big Bang Boum !

 

Alors peut-on douter de ce traité, qui établirait une constitution pour l’Europe ? Oui, c’est notre droit le plus profond. Maintenant, avant d’aller voter bêtement ou encore de se laisser endormir par les 14 % qui en connaissent le contenu, lisez-le plutôt deux fois qu’une. Et cela même si vous avez la migraine au bout de deux pages ; même si vos enfants tournent autour de vous et que vous n’arrivez pas à une concentration maximale ; même si vous êtes épuisés de votre journée ; même si c’est plus cool d’aller à la plage entre copains ; même si vous croyez que les politiciens s’en sortiront sans vous

 

Nous ne le savions pas

 

S’il faut voter, et il le faut, que ce soit pour dire oui ou merde,faisons-le au moins une fois en connaissance de causes. Ainsi, nous ne pourrons pas dire à nos enfants : « Nous ne le savions pas ».

 

PS : Petit détail : l’Ode à la Joie, qui est l’hymne de l’union, est déjà un très mauvais choix. Je m’explique : L’union c’est pourquoi ? L’avenir. L’avenir c’est pour qui ? La jeunesse, nos enfants. La jeunesse écoute-t-elle ce genre de musique ? Non. Connaît-elle d’ailleurs les paroles, un peu assourdissantes et hors cadre, de cette chanson ? Non.

Putain d’incohérence à la Une (Archive 2005)

Mardi 21 octobre2008

La grippe aviaire avant le Pakistan, l’Afrique, le reste…

 

En cas de grippe aviaire, nous pourrions peut-être partir au Pakistan, puisque tout va bien sur place. Du moins c’est ce que pensent les médias, qui occultent le tremblement de terre et la misère des gens, la détresse humaine. Les médias qui omettent d’interroger nos dirigeants pour leur demander ce qu’ils font. Tant de pages sur l’Amérique, tant de pages sur une grippe aviaire mortelle qui pourrait arriver. Et si nous vivions de si. Tant de mots sur les politiciens qui se gargarisent de leur propre ego. Il y a des pays, des faits divers, des peuples qui n’intéressent pas. Ou bien trop peu, ou bien moins que d’autres, c’est sur. Regardons l’Afrique, la Colombie, l’Inde. Comptons les articles de fond, dans la presse, sur le Pakistan, c’est rare en ce moment ; les journalistes se mobilisent autour d’une potentielle grippe. Générer la panique fait vendre de l’info sensation. Les quotidiens sont en crise et utilisent les mêmes principes que la presse people, qui elle, s’en sort.

 

Un peuple en dérive

 

D’ici, j’ai vu les yeux des enfants et de cette vieille femme qui souffraient en silence, là-bas, comme pour s’excuser. S’excuser de quoi ? De souffrir et de ne rien attendre des autres. S’excuser d’être mutilé par la nature ; cette nature que d’autres peuples ne cessent de dévaster. S’excuser de rester digne face à l’oubli des frères humains « qui après nous vivrez… ». S’excuser d’avoir le corps, qui se gangrène par manque de soins ; par manque de soutien. Connaît-on la souffrance que procure un pied, à demi-tranché, qui pourrit à l’air ? Que ferions-nous s’il s’agissait d’un enfant d’ici, de France ? Notre réaction serait-elle identique : L’indifférence. J’ose croire que non ! Alors politiciens de France, réveillez-vous et aidons ce peuple en dérive, vite. A moins que d’autres échéances électorales, viennent encore polluer votre quotidien, retardent votre action envers le Pakistan. N’est-il pas possible de parachuter une aide humaine et pharmaceutique plus rapidement ? Sommes-nous donc plus doués pour faire la guerre et utiliser « les frappes éclaires chirurgicales », que de distribuer de l’humanité ?

 

L’espoir dans la souffrance 

 

Ça a tremblé de l’autre côté de la planète et nous sommes en France à clamer nos petites angoisses quotidiennes, à nous lamenter sur notre bourse vide en fin de mois et même en début maintenant, résultat de notre endormissement journalier. On se lamente d’être devenu des moutons à la langue coupée. Ailleurs, des gens qui souffrent, vivent une tragédie, se taisent et contiennent leur rage, pleurent en silence et se ressassent les images qui ont dévasté leur vie. C’est une leçon que nous devrions regarder avec nos âmes. Leur passé n’est plus, d’ailleurs qu’était leur vie, avant. Aujourd’hui, en tous cas, elle n’est que néant pour un grand nombre. C’est trop de dureté à la fois, trop d’injustice.

 

A  la  Une : tout pour attirer le lecteur

 

Un tremblement de notre planète a donc dévasté des existences et nous, on se tait. Pourquoi ne pas mondialiser la bonté humaine, plutôt que de tenter toujours de mondialiser l’économie avant tout ? Oui, pourquoi nous laisser dominer par cette économie disproportionnée qui ravage les petits peuples et génère plus de misère. Alors certes, c’est la dignité au ventre, comme toujours, que les Pakistanais gardent l’espoir malgré tout. Et nous, nous perdons le nôtre à chaque article de presse vide. A chaque article de presse incohérent. A chaque article de presse qui ne dit rien. Alors oui, ça a cogné dans les cœurs au Pakistan ; un peuple s’écroule, et nos journaux parlent de grippe aviaire. Putain d’incohérence, encore, ce matin à la une.

 

Batistes.

Le Destin Gore du Petit Porc des Côtes D’Armor (archives)

Mardi 21 octobre2008

Inédit

 

Retour en juin 2001 sur ma première enquête pour ” Le Vrai Papier Journal ” de Karl Zéro. Un dossier sur la filière porcine en version intégrale. (Texte et photos interdits à la reproduction sans accord).

 

 

 

La vache et le mouton n’ont plus la côte ? Il reste le goret. J’ai suivi la filière et découvert les dessous crades de la filière porcine en Bretagne.

 

Le petit cochon et la truie. Image de Yann Chollet, Photographe en Bretagne à Plancoët.

      

                                                           

On croit la connaître mais il y a toujours à découvrir. Sa mer est belle, d’émeraude dit-on ! Ses paysages paradisiaques, la verdure partout. A force de se balader sur les plages en Bretagne, on oublierait presque de s’égarer dans les terres. Pourtant, à une dizaine de kilomètres, ça renifle déjà. Une odeur peu commune pour le citadin distrait. Intrigué, j’ai suivi l’effluve et compris le pourquoi. Oui, c’est vrai, je l’avais oublié, l’industrie porcine est une réalité par ici. Le parfum vient des champs, des épandages du lisier. Autrement dit de la merde de cochon fermentée. Les mouches adorent. Certes, vingt-quatre mille personnes vivent directement de la filière chez nous. Des abattoirs gigantesques, sept mille exploitations (cinq fois moins qu’en 98), des fabricants d’aliments. Les grosses centrales d’achat viennent faire leur marché ici, à prix Tati (elles sont maîtres du territoire, distribuant 80% des produits frais ou jambon, un vrai monopole !). Affirmatif : la Bretagne est un pilier en matière de production…de nitrates. Avec un département très représentatif, plus que les autres, les Côtes de Porc…Euh d’Armor. C’est le fief, plus de 4,5 millions de bêtes, 20% de la part de production porcine française. Les trois autres départements sont pas mal non plus, totalisant 40%. Après deux ans de crise, les porchers, comme on les appelle, n’ont jamais plié. Défendant pour certains un label nommé Cochon de Bretagne, précise un éleveur du cru : « Il fallait redorer l’image de la profession. Mettre en place une traçabilité d’un bout à l’autre de la vie de la filière. Ainsi, le consommateur peut remonter jusqu’à nous s’il le souhaite. Nos bêtes sont marquées dès le premier jour et tout le long de leur vie. » Sonmétier n’est pas facile. Heureusement, les cours sont à la hausse. Sous la barre des 5 francs le kilo pendant la crise de 1998-1999, 8 francs début 2000, 10 francs aujourd’hui.

 

Image de Petit cochon qui nait. Image de Yann Chollet, photographe.

              

                  

Mais être éleveur, c’est d’abord savoir faire face aux critiques. Les algues vertes envahissent la côte et ils sont montrés du doigt. Les nitrates dans les rivières sont partout, on les accuse encore. Ces trente dernières années, l’élevage intensif a fait rage. Normal puisqu’il a fallu servir l’Hexagone, trente-six kilos par habitant et par an. En pôle position, en ces temps de vaches maigres, devant la viande de bœuf, vingt-six kilos par habitant et par an. Cette puissance économique a les reins solides. A part le jambon dans l’assiette, le filet ou la côte, que sait-on vraiment de la bête ? De cet « or rose » ? Moi, en citadin ignare, je suis parti voir d’où venait l’odeur et si les petits cochons s’amusaient toujours avec le grand méchant loup à travers champs. Jamais je n’aurais pensé que l’animal à quatre pattes vivait une vrai vie de cochon industriel. Sans voir le soleil, en cent quatre-vingt jours, il passera de un à cent kilos. A respirer continuellement ses déjections parfumées à l’ammoniac. Né de l’insémination artificielle comme 80%de ses congénères, l’histoire de Cochonnet m’interpelle. De la naissance à la barquette, c’est la chronique d’une mort annoncée. Une réalité crue, un voyage où les sentiments sont à mettre de côté. Ames sensible s’abstenir.

 

 

 

 

Bonjour la porcherie

 

D’abord des départementales, puis des petites routes menant vers deslieux-dits. Je m’égare en rase campagne, au hasard, en quête de découverte. Rapidement, j’en aperçois une, deux, dix. Les exploitations ont poussé comme des champignons. On ne peut pas dire que les porcheries inspirent la poésie : des parpaings superposés, des plafonds bas chapeautés de sortes de tôles ondulées. Quelques arbres maladifs autour, de minuscules fenêtres, une petite porte pour entrer. Pourvu qu’on la trouve. Celle-ci est de taille moyenne pour le département, deux cent truies y vivent, mille quatre cents places sont disponibles. C’est donc là que vit l’animal. Moi qui pensais qu’il gambadait en liberté. Non, sa maison n’est ni de paille, ni de bois, mais de béton. Une espèce de camps de la mort qui ternit le paysage. Pourtant, le coin est joli, à une quinzaine de kilomètre de Dinan, à huit kilomètres de la mer. Pour le commun des mortels, le citadin qui garde l’image des fermes d’antan, entrer dans une porcherie n’est pas chose évidente. L’odeur y est forte, insupportable. Passé ses freins olfactifs, ses préjugés, avant de pénétrer au cœur du cauchemar, mieux vaut se documenter pour saisir les différences. Une truie qui n’a pas encore fait de petits, c’est une « cochette » d’environ cent cinquante kilos. Le mâle (cent de plus) se nomme verrat, nous explique notre hôte : « Rien que de voir passer le verrat, les truies sont excitées. On leur enfile à cet instant, une sonde dans la vulve et on raccorde la dose de sperme réchauffé à 35°. Ça va vite. » Dans les exploitations bien outillées, on peut farcir jusqu’à trente bêtes à l’heure. Dans sa vie, la truie fera sept portées et sera abattue vers 4 ans. Allez, entrons. Après cent huit jours de gestation, maman truie est mise dans la case maternité, fraîchement nettoyé. Dans six jours, on lui fera sa piqûre d’hormones pour que les accouchements se fassent en chœur. Espérons que la naissance de Cochonnet, que je suis venu voir, illuminera ce lieu lugubre.

 

Image de Truie dans son élevage. Photographie par Yann Chollet, photographe à Saint Malo.

 

Voilà la salle des mises bas. Sombre. Juste une faible lumière ouatée qui éclaire les bêtes. C’est l’heure du « travail ». Il est né, il est rose, parfois tacheté, il pèse un kilo le petit Cochonnet. Il est encore plein de sang, l’odeur est forte. La poche sanguinolente qu’il a percée glisse sous lui. Je me prends d’affection. Pourtant, on m’avait prévenu : « Une bête est une bête. N’oublie pas qu’elles n’ont pas la notion de la souffrance. Ne fais pas de sentiments, ce ne sont pas des humains. » Pour se voiler la face, pour éviter d’avoir à investir dans le bien-être animal, les Bretons ont trouvé les mots justes. Evitant ainsi la réflexion sur un sujet corné. Ah, te voici ! A peine fait-il ses premiers pas qu’il se dirige vers les mamelles de sa mère. Une dizaine de frères et sœurs l’entourent. Premier objectif, éviter la truie maladroite. Celle-ci est maintenu entre de gros barreaux. Se lève puis se laisse tomber inlassablement. Ainsi coincé, elle ne voit pas (oh triste sort !) qu’elle écrase, ici et là, sa progéniture. En attendant, elle grignote les barres d’acier, son seul horizon. On compte les morts-nés et les bêtes chétives, 10% des arrivants ne passeront pas les 48 heures. L’employé veille, évacue les malheureux. L’image générale pourrait être supportable, la vie c’est beau. Seulement ici, l’odeur se faufile et s’imprègne en moi, jusqu’à l’âme. Les grognements indescriptibles résonnent sans s’arrêter, les bêtes sont alignées. A droite, celle-ci hurle en continu, ça fait peur. Essayant d’esquiver, plus loin, une autre me regarde. Comme si j’étais son bourreau ! Comme si elle comprenait les cris des autres ! Pas question de s’attendrir, on m’avait prévenu. Dans deux jours, les queues seront coupées. Dans trois, les petits mâles seront castrés (évitons les cochonneries) « à la pince ou au bistouri », dit sans vergogne l’éleveur. Sous anesthésie ? « Non. » Pas de sentimentalité, c’est certainement l’une des clés pour travailler ici.

 

Le Verrat, cochon reproducteur en Bretagne.

 

Les 180 jours de Cochonnet

 

Il est sevré. Après vint-sept jours, Cochonnet quitte sa mère. Il entre en post-sevrage. Mon petit mignon se retrouve avec une vingtaine de porcelets entre quatre murs. Dans le bâtiment, huit parcs similaires, environ cent quatre-vingt bêtes sont logées à la même enseigne. Il lui faudra quarante-deux jours pour atteindre les trente-cinq kilos. Pour l’instant, il en pèse huit. A coups de granulés aux céréales, le temps qui passera le rapprochera chaque jour un peu plus de la mort. Le compte à rebours est enclenché. L’air est relativement respirable. Cochonnet est maintenant conduit à l’engraissement. Il n’a toujours pas pris son bain de soleil, mais il s’est fait des copains. Ils ne sont plus que douze par boxe dans ce nouveau pensionnat. D’un bâtiment à l’autre, les couloirs se rejoignent. Fini la rigolade, il faut que tu grossisses mon ami. A table, voilà ta soupe. Une mixture faite maison. Un mets de choix qui déclenche un appétit quasi permanent. L’animal est dupe, se goinfre sans réfléchir. Le mélange est bon, paraît-il, moi je suis perplexe, vu sa texture : céréales, petits pois, maïs, blé, minéraux, tubercules, sucre. Et 10% de soja. OGM ou pas ? Cet éleveur nous éclaire : « Les fabricants n’ont pas l’intention de jouer la transparence. Rien ne nous garantit que le soja ne pas transgénique. » Un flou qui inspire le doute. De toute façon, les fabricants de l’agro-alimentaire sont-ils encore crédible ? Les événements récents démontrent l’inverse. Une certitudes cependant : « Les facteurs de croissance, les farines animales, ont été radiés. Le cahier des charges est strict », assure l’éleveur.

 

 

Cochonnet, où es-tu ? M’entends-tu dans ce chaos ? Ce couloir est cauchemardesque, une prison, ma conscience prend le dessus. Seuls les grognements sourds me dirigent. Je pousse une des portes. Dans les caillebotis, nom des boxes, je l’aperçois, il a bien changé…L’émanation est intenable. Normal puisque sous lui, ses déjections se sont transformées par fermentation en lisier. Fleur de lisier, parfum à l’ammoniac volatile. Douce odeur de Bretagne, terre de l’épandage. Rester plus de cinq minutes, c’est se condamner à la douche. Cheveux, vêtements, peau, la puanteur est telle qu’elle s’imprègne partout. Pas étonnant que les pneumonies soient fréquentes chez l’animal à ce stade.  Soignées aux antibiotiques. Quant aux diarrhées, un bon plâtre gastrique fait l’affaire. Pour la grippe, comme nous, un coup d’aspirine. A la sortie du post-sevrage, Cochonnet s’est offert une vaccination contre l’Aujeszky, maladie grave du porc. Depuis 1999, un arrêté ministériel est entré en vigueur pour éradiquer l’épidémie. Il a complété le dispositif déjà mis en œuvre dans la passé. Après cent jours de régime plein gaz, je ne reconnais plus l’animal fétiche des premières heures. Cochonnet est un mastodonte de cent dix kilos. Un vrai dur qui tourne comme un dingue dans ses 15m2. A environ cent dans la pièce au plafond bas, les porcs n’en finissent pas de grogner. Si fort qu’on ne s’entend pas plus parler. L’atmosphère ambiante, sordide, aurait-elle rendu folle la bête ? Où est-il, mon ami ? Son air agressif est inquiétant, ses pattes ont gonflé. Environ 3% sont morts pendant la période. Si je m’évanouissais là, me mangerait-il sans me reconnaître, poussé par la meute ? Moi, il me faut de l’air, du soleil, vite j’étouffe. Après cent quatre-vingt jours, le gros pépère va partir, il vient d’être négocié par un groupement. Au marché au cadran de Plérin, les acheteurs tiennent les rênes. Là-bas, la confrontation de l’offre et de la demande détermine deux fois par semaine le prix aux kilo. Une référence en France, l’un des principaux indicateurs européens. Pour l’instant, il attendra de 24 à 48 heures avant que l’abattoir vienne le chercher : « Nous somme prévenus par téléphone du jour de l’enlèvement, car les bêtes doivent être à jeun douze heures avant le départ. Cela permet de maîtriser les contaminations à l’abattoir », certifie le porcher. Tu ne déféqueras point. Serrés sabots contre sabots, dans un camion équipé d’un point hydraulique, je perds Cochonnet de vue. Il part pour un voyage sans retour. Profite du soleil une première et dernière fois, à l’arrivée, la mort t’attends. D’ailleurs, certains, trop stressés, auront une attaque cardiaque lors du transport. Après une telle existence, l’air sain l’a surpris, la lumière trop forte lui a peut-être brûlé les yeux ! Ceci n’intéresse pas grand monde de toute façon. Le profit oui.

 

Image de Yann Chollet. Enquête sur l'univers du cochon de la naissance à l'assiette.

 

On se croirait à Tchernobyl !

 

Sur la route, toujours cette même odeur dans les champs. Une autre exploitation m’attire. Un véhicule blanc est stationné devant, la porte est ouverte, j’entre. Les hommes du centre de production animal et agroalimentaire de Ploufragan sont à pied d’œuvre : « Nous travaillons en collaboration avec les laboratoires et les éleveurs pour essayer les nouveaux médicaments », me disent-ils. Combinaisons bleues, masques protecteurs, gants, chapeau, l’habit fait le moine. Sommes-nous à Tchernobyl ! Le vétérinaire et le technicien sont en pleine expérimentation : « Dans les semaines passées, nous avons injecté aux porcs différents antibiotiques, vaccins, anti-inflammatoires. Aujourd’hui,nous effectuons les prélèvements pour les étudier. » En attendant, dans le couloir, le cochon en train de pourrir que j’ai vu, m’a laissé perplexe : je suis étonné par son état de putréfaction. C’est sur, il est là au moins depuis10 jours. Est-ce cela l’hygiène dont on m’a parlé ! J’ai vu ce que je ne devais voir. « Celui-ci n’a pas résisté aux produits testés. On l’a retrouvé mort dans le caillebotis, les autres l’ont grignoté. » De quoi tranquilliser le consommateur que je suis. Pas rassurante l’ambiance. Entouré par la meute de cochons apeurés et hurlants, le vétérinaire agit. Il repère un animal témoin, l’attrape avec une sorte de serre-groin qui le calme. L’horreur prend toute sa dimension. S’il on comprend l’utilité de l’outil, on s’indigne devant cette méthode sortie tout droit du Moyen Age. Elle fait grogner le porc, son regard se fige comme s’il était saisi de douleur. Imaginez-vous une grosse pince étau sur le bout de votre truffe. C’est vrai, on n’est pas des bêtes ! L’autre, pendant ce temps, le pique pour extraire le sang, évitant par de forts coups de pied les pauvres qui s’effrayent autour. Les deux hommes ont bien travaillé, sans sentiment. Si j’ai gardé un grand respect pour les éleveurs rencontrés, ces deux-là n’ont pas ma compassion. De véritables tortionnaires…….

 

La suite de cette enquête et photos en cliquant sur ce lien :

http://pageperso.aol.fr/batistes/cochonsbretagne.html

 

Textes et photos Batistes ( pour une enquête sur un sujet, contactez-moi à batistes@aol.com )


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